CHAPITRE DIX-HUITIÈME
d*histoire, et des traités encyclopédiques sur les connaissances contemporaines; ils nous ont mis sur la voie d'une langue encore plus ancienne, touchant aux premiers chapitres de Thistoire de Thumanité; langue fossile, morte déjà depuis dix siècles au temps de Sennachérib et de Nabuchodonosor, mais étudiée dans les écoles sacerdotales de la Chaldée et conservée sur les nombreuses tablettes bilingues qui BOUS en donnent, d'un côté le texte primitif, de l'autre la traduction en langue assyrienne vulgaire. La traduction est quelquefois interlînéaire.
A Ninive comme à Babylone, les rois des diverses dynasties de l'empire assyro-chaldéen furent, à leur façon , des archéologues et des restaurateurs; nous avons vu avec quels soins Nabuchodonosor avait réédifié la ville et les palais de ses ancêtres. C'est lui qui avait relevé, sur sa pierre angulaire, la tour de Babel.
A Ninife, nous trouvons Sargon , le roi guerrier, le roi vainqueur de Samarie , occupé à faire rédiger des tablettes grammaticales et lexicographiques*, destinées à l'interprétation de ces vieux textes sacrés,
^ « Ces tablettes, dont de précieux fragments ont été rëceroment apportés par M. Smith, ces tablettes, d'abord appelées improprement syllabaires par les assyriologues, contiennent trois colonnes parallèles : celle du milieu donne le caractère cunéiforme à expliquer, celle de gauche en fournit la lecture phonétique, et celle de droite donne la signification rendue par le mot assyrien. C'est bien la preuve que les caractères qui y sont ainsi expliqués n'appartenaient point, dans le principe, à la langue des Assyriens. « (Maury, Revue des Deux Mondet, 15 septembre 1875.)
écrits dans cette langue sacerdotale, consacrée aux légendes et aux prières , à Tastrologie et à toutes les formules de Tincantation et de la magie chaidéenne.
Ce sont les textes qui nous font remonter à une civilisation plus ancienne que celle de Babylone.
Gomme nous l'avons déjà fait remarquer dans cet ouvrage, « ils appartiennent aune période antérieure à l'époque où la colonie indigène des Hébreux quitta la ville d'Ur sous la conduite d'Abraham. On doit donc s'attendre à ce que le contenu de ces tablettes coïncide avec les chapitres de la Genèse , ou du moins en rappelle le souvenir K »
Des documents recueillis jusqu'ici, le plus remarquable est le poëme assyrien relatif au déluge , contenu sur douze tablettes de la bibliothèque de Ninive. Ces tablettes proviennent de trois exemplaires copiés, au septième siècle, par ordre du roi Assurbanipal , sur un original conservé dans les archives de l'antique et savante école chaldéenne d'Ercch.
Le jeune assyriologue anglais M. Smith ^, qui en a
* Sir Henri Rawlinson, extrait da Rapport à la Sociétë de Londres, séance du 31 mai 1869.
* M. Smith, qui vit au Bristih-Maieum, au milieu d^s bibliothèques de Ninive, est à la fois voyageur et savant, explorateur et assyriologue. 11 a accompli deux voyages en Mésopotamie , l'un pour Je Daify TeUgraph, Tautre pour les conservateurs du musée. Parmi ses découvertes, on cite deux nouvelles inscriptions, relatives aux expéditions d'Assarhaddon et d'Assurbanipal, mentionnées dans Isaïe.