‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 124 sur 137 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

tioQ a pn précéder cette civilisation babylonienne qai, à travers 1* Assyrie et l'Asie Mineare, a Joué un si grand rôle dans le monde et qui a brillé d*un pareil éclat sur'les deux rives de la Méditerranée. Il importe de connaître à quelle source, à quel peuple primitif elle doit Talphabet de ses cunéiformes , la science de ses écoles, le système de sa numération qui, à travers la Grèce et d'étape cd étape, est arrivé jusqu'à nous.

Ce peuple primitif, auquel M. Oppert donne le nom de Sumérien et que M. Lenormant préfère appeler Accadien *, ce peuple, d'après cet assyriologue , serait touranien d'origine, touranien de la haute Asie, se rattachant, par la langue, aux populations hongro-flnnoises qui ont précédé en Europe nos ancêtres les Aryas *.

M'y aurait-il pas là un trait d'union précieux, un lien de filiation remarquable entre les idiomes touraniens et nos langues d'origine indo-européenne * ?

^ Roi d'Accad, roi du Summir, lelt sont les titres que les inscriptions cunéiformes donnent aux rois des premières dynasties assyrochaldéennes.

* Lenormant, Un Féda chaldéen, Correspondant du 33 août 1873.

' « Les Assyriens tenaient leur syllabaire du peuple dont ridiome se trouve sur les tablettes d'Assurbanipal, épelé à la colonne de gauche. Ce peuple, auquel on donne le nom encore contes! éd'^ccadien, fit usage du complément phonétique placé h la dernière syllabe du mot. 11 en fut de même des Assyriens qui, recevant d'un peuple touranien les idéogrammes cunéiformes, appliquèrent à ces caractères des lectures nouvelles tirées de leur propre langue. De cet emploi simultané des caractères syllabiques et des caractères idéographiques, il résulta une véritable marqueterie, d*un déchiffre*

M. Oppert exprime qaelcpie part cet espoir.

La question vaat la peine d'être élacidée, car elle touche à l'origine des mages chaldéens , dont la caste sacerdotale , établie sur les bords de l'Euphrate et du Tigre, aurait répandu et transmis, à l'aide de leur idiome national, les éléments de la langue, de la religion et de la civilisation assyro-babylonienne.

C'est ce que n^admet point M. Halévy, dans un savant mémoire lu à l'Iustitut, et daus lequel il conteste l'existence de la langue accadienne, en tant que langue distincte et séparée de l'assyrien. C'est de l'assyrien sous une autre forme, sous la forme archaïque et idéographique,

« Mais attribuer aux Touraniens l'invention de l'écriture cunéiforme et l'origine de la civilisation babylonienne, c'est là, dit-ii en termiuant, une hypothèse gratuite et même dangereuse pour le progrès des études historiques relatives à F Asie antérieure^. »

De son côté , dans un mémoire présenté au dernier congrès des orientalistes^, M. Oppert démontre l'inexactitude du nom d!Accadiens donné aux inventeurs des inscriptions cunéiformes. « Les fondateurs deBabylone et de Ninive seraient des Sémites; et, découvrant la connexion de leur cycle avec le cycle

ment très-difficile, n Maury. Revue des Deux Mondet, 15 septembre 1875. Voir note Ct Histoire de VÉcriture,

1 Compte rendu de M. F. Delaunay. Journal officiel^ te^t. 1674.

* Londres, 1874.

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