CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
égyptien, il a pu fixer le commencement de Tépoque Ixistoriqae de Babylone en Tannée 2517 avant Jésus- Christ». »
Quel que soit Tintérét que puisse avoir par son importance et son antiquité cette langue accadienne ou sumérienne^ déjà réduite au rôle d'une langue sacrée et d'une langue morte au temps des premiers rois d'Israël , revenons à une langue relativement plus moderne, à la langue assyrienne contemporaine et parlée par Nabuchodonosor et par Sennachérib, écrite sur tous les murs de leurs palais, et dont la découverte, depuis vingt ans, nous fait assister, directement et sans intermédiaire, à la fantastique et pourtant très -réelle reconstruction de cette histoire assyro-chaldéenne si intimement liée à l'histoire des autres peuples et surtout à l'histoire mentionnée dans nos livres sacrés.
Le volume des textes que nous possédons écrits en cette langue égale déjà , dit M. Menant, celui de nos textes sacrés.
Nous avons vu par quels tâtonnements , par quels prodiges de persévérance, on pourrait dire par quels éclairs de génie, on est arrivé au déchiffrement de la première des trois langues , appartenant aux inscriptions cunéiformes ' que les rois aehéménides firent graver sur les marbres de Persépolis et sur les rochers de Van et de Bisitoun.
> Revue des cour$ littérairet, 17 octobre 1874. * Inicriptions triliogues. Voir au chap. xii.
Cette langue persane de Darias et de Xerxès était aryenne. Elle occupe la première colonne des inscriptions trilingues. Burnouf en a été un des premiers initiateurs.
Mais la langue qui figure sur les monuments et les tablettes unilingues et même bilingues de Ninive et de Babylone, la langue parlée sur [les bords du Tigre et de TEuphrate, à quelle famille linguistique se rattache-t-elle ?
Gomment est-on parvenu à la deviner, à Tinter* prêter ) à la traduire et à la classer?
Le plus difficile fut d'établir son identité avec la langue cunéiforme de la troisième colonne des inscriptions acbéménides. Car, cette identité établie, la traduction que Tou possédait déjà de la langue persane de la première colonne allait permettre d'arriver, sinon d'emblée, du moins par des essais successifs, à la découverte de la langue inconnue.
Or, cette identité, M. Botta a réussi à la constater pour les inscriptions de Van , de Kborsabad et de Bisitoun, à l'aide du même procédé qui avait déjà conduit Grotefend à la constater, sur les écritures de Persépolis et de Babylone. Il y reconnut la même écriture, les mêmes formes grammaticales; le même monogramme représentait le signe royal, avec ses titres et ses attributs.
Le Danois Lowenstern soupçonne le premier l'origine sémitique de cette langue ; mais il s'égare en voulant ramener à l'égyptien, ou à l'hébreu la