‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 14 sur 137 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

déversoirs des eaux plaviales »• C'est la version qui semble prévaloir.

La traduction de M. Oppert date de 1857. Devant les interprétations diverses que nous venons de citer, le savant professeur du Collège de France reconnaît le contre-sens des quarante-deux vies humaines de son premier travail. Mais, en 1873, dans son cours d épigraphie assyrienne qu'il fait avec tant de talent, il maintient, d'une part, que la mention du déluge est très-probablement consacrée comme date de construction; et d'autre part, il maintient que les noms de Babylone et de Borsippa, écrits en caractères idéographiques, signifient bien : Babylone, ville de la grande horde *, Borsippa , ville de l'autel brisé.

Devant ces déclarations récentes de M. Oppert, nous trouvons la réserve de M. Grégoire excessive, ou tout au moins prématurée, quand il nous dit à la fin de son beau travail et à propos de la question de la confusion des langues mentionnée dans l'inscription de Borsippa : « Dès le moment que Nabuchodonosor ne confirme pas exactement, sur ce point de détail, la véracité du récit biblique, il importe de faire disparaître son témoignage des livres déjà nombreux dans lesquels il a pénétré. » La vérité avant tout! Dans aucun cas, elle ne peut servir de point d'appui à l'erreur. Et, parmi les ouvrages dans lesquels le témoignage de Nabuchodonosor a déjà été invoqué, M. Grégoire cite Y Histoire du monde de Rlancey; la Bible sans la Bible, de l'abbé Gainet;

les Monuments en Chaldée, de H. Gavaniol ; enfin, il n'est pas jusqu'à la Revue des Deux Mondes, dans un article d'Alfred Maury, mars 1868, dans laquelle cette interprétation n'ait eu droit de cité.

Sans doute, mise en face de nos textes sacrés, l'inscription de Borsippa ne peut être prise pour une feuille détachée de la Bible.

Mais, ainsi évoquée du milieu des ruines de Babylone, la voix du vainqueur de Jérusalem nous semble bien éloquente. Elle nous arrive comme le commentaire , comme l'écho lointain du fait génésiaque. Elle ne nous laisse aucun doute sur sa réalité, corroborée qu'elle est par la tradition chaldéenne*, aussi bien que par la croyance des Juifs. Elle nous donne l'emplacement et la forme première de la tour de Babel. Son identité est admise aujourd'hui par les exégètes de toutes les nuances, depuis M. Rawlinson jusqu'au docteur Ebherard Schrader.

' Fragments de Bérose, prêtre de BélasV conserTés parThistorien Josèpbe. 1

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