‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 15 sur 137 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

La légende de Babel , d*après M. Renan. —A Babel, Max Millier oppose la Pentecôte. — L'observation et Tinspiration.

Quelle qa*en soit Texpression , la constatation de cette identité a bien son importance , lorsqiiUL s*agit d'un fait à propos duquel M. Renan a pu écrire il n'y a guère plus de vingt ans :

« Une tradition hébraïque, exprimée par un mythe étymologique, place la dispersion des races dans la plaine do Sennaar et la rattache à la constraction même de Babylone.

» L'explication de cette légende est fort simple. Il n'est pas étonnant, qu'à cause du grand nombre de langues parlées à Babylone, on Fait appelée la ville de la confusion.

» L'immense plaine de Sennaar offrait l'aspect d'un lieu d'assemblée pour tout le genre humain. Et, sur cette foule d'étrangers, la vue de la Tour de Bélus^ aujourd'hui Birs-Nimroud , produisit une impression profonde. Elle fut pour eux l'ombilic du monde, comme l'Omphale l'avait été pour les Grecs, comme la Kaabah le fut pour les Arabes et la rosace du Saint-Sépulcre pour les chrétiens du moyen âge.

16 VOYAGE AU PAYS DE BABfeL,

Tous les monuments dont ]a sigaificatlon n'est pas bien comprise enfantent ces sortes de légendes:^. »

M. Renan abuse des légendes, corfime d'autres abusent de la mythologie. Il y a à peine vingt-cinq ans qu'il écrivait ces lignes, et la science, si complaisamment invoquée à son aide , n'a cessé de faire des progrès. Elle Ta distancé, et dans sa marche rapide, elle n'a pas plus à se justifier qu'à se défendre, quand, sur sa route, comme le dit M. de Rongé, elle rencontre, avec les textes sacrés, des coïncidences aussi heureuses qu'inespérées.

Qu'elle interroge l'Assyrie ou l'Egypte, des documents nombreux et variés viennent chaque jour éclairer, d'une lumière nouvelle, des chapitres restés jusqu'ici obscurs et inexpliqués.

Mais, mythe ou religion, légende ou réalité, la tour de Babel n'en subsiste pas moins comme le premier jalon historique élevé au berceau de l'humanité.

Devant les Innombrables idiomes répandus sur la terre, et pour ce qui touche à la confusion des langues , il n'y a rien à reprendre à la netteté du texte sacré :

« Et le Seigneur dit : — Descendons, confondons leur langage, pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres.

» Et le Seigneur les dispersa ainsi sur toute la sur-

1 Renan, Histoire des tangues sémitiques.

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