PRÉFACE.. VII
Mûller ajoute :
« Quelles que soient nos vues sur Torigine du langage et sur son mode de diffusion, rien de nouveau n'a été ajouté k sa substance. Les changements n'ont porté que sur la forme. Et de même que, dans le cours des âges et dans le monde des corps, pas un atome n'a pu être ajouté à la matière, de même, dans le monde de l'esprit, pas un seul élément primitif n'a été inventé, pas une seule racine n'a pu être ajoutée au langage. Dans un sens parfaitement exact, nous pouvons dire : les mots dont nous nous servons sont ceux qui furent employés par le premier homme, lorsque, sortant des mains du Créateur, il fut appelé (( k donner lui-même un nom aux animaux des champs, aux oiseaux de l'air et aux bêtes sauvages * . »
Ces paroles de Muller * nous ont frappé. Elles nous ont ébloui comme un trait de lumière.
En garde toutefois contre les illusions, nous avons voulu, scientifiquement, nous rendre compte de ce que de telles paroles pouvaient contenir de
' Genèse^ chap. ii, v. ]9j 20.
' Science du langage, \'* leçon, p. 31 ; traduction de MM. Harris et Perrot, édition de 18GG.