‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 32 sur 137 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Gomme résultat de ce classement, ils sont ainsi parvenus à diviser ces langues en un très-petit nombre de familles, trois seulement', dans chacune desquelles ils ont pu distinguer différentes branches, composées à leur tour de nombreux dialectes, tant anciens que modernes.

La famille des langues que Schlegel appelle indoeuropéennes , la noble famille des Aryas se perd au delà de Tépoque historique, dans les contrées centrales de l'Asie , vers les hautes régions de Tlmaùs et de la Bactriane. Le sanscrit des Védas va nous faire connaître les limites de ce point de départ.

De ce berceau ou de ce centre, comme autant de rameaux issus d'un même tronc, les branches de la famille aryenne se sont répandues au Nord et au Midi, en Europe et dans l'Inde.

Les Celtes marquent chez nous ce premier mouvement. Ils sont l'avant-garde de l'invasion indo-européenne, et devancent les tribus de race germanique , dont le Ilot toujours renouvelé, du Palus-Méotide aux côtes de la mer du Nord, les refoule vers TOccident jusqu'aux rives de l'Atlantique. Ces rives ne sont plus infranchissables pour nos Celtes modernes, carjes Irlandais, de nos jours, continuent leur mouvement d'expansion vers l'Ouest; ils s'en vont, par delà

1 1« La fomille des langues aryennes ou indo-germaniques; 2^ la famille des langues se'mitiques; .30 enfin le groupe des langues touraniennes, plus particulièrement déterminé par la classification morphologique.

rOcéan, chercher^ sous d'autres deux, une patrie nouvelle. Si, comme les branches slaves ou germaniques, ils n*ont point conservé rindépendance de leur nationalité, en revanche leur vieille langue kimrique est demeurée vivante dans le gallois et dans le bas breton , vivante encore dans le gadhélique de rirlande, de Tile de Man et de l'ouest de TÉcosse^

Après les Celtes, nous trouvons l'Europe aux prises avec les tribus germaniques.

C'est toujours cet ensemble de hordes errantes et de peuplades sédentaires; c'est, d'une part, un corps qui cherche à se fixer et, del'autre, des essaimsqui s'en détachent; c'est, d'un côté, l'attrait puissant qui rattache à la terre et, de l'autre, c'est la passion de la vie errante , c'est l'horreur du joug et l'instinct du pillage qui entraînent sans cesse vers d'autres demeures

* Aujoard'hui encore, les habitants du pays de Galles parlent une langue à très-peu près semblable au bas breton. Lors de la conquête anglo-saionne , une partie des Rimris, maîtres d'Albion, passa dans TArmorique, appelée depuis la Petite-Bretagne. En 1757, lorsque les Anglais tentèrent une descente dans cette partie de la France^ ils se trouvèrent en face d'un corps de milices provinciales. Us avaient, de leur côté, un régiment entièrement levé dans le pays de Gallfls. En marchant au combat, ces deux fractions du penple kimrique se reconnurent à la mélodie du même air national. Au lieu de s'embrasser comme des frères, ils ne se battirent qu'avec plus d'ardeur. Salluste raconte un fait analogue se rapportant aux Ambro- Teutons qui yinrent se faire écraser par Marius sur les bords de l'Arc ; au moment de l'action , ils entonnèrent leur chant de guerre, et du côté des Romains, un corps d'auxiliaires ayant )a même origine leur répondit par le même chant.

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