CHAPITRE SEPTIÈME
Langue sacrée des Védas, — Son anliquité. — Son affinité arec la langue sacrée de la Perse. — Zend-Avesta. — Anquetil-Duperron ne le connatt que par des traductions. — Le texte original de- ' meure impénétrable. — Qui le déchiffrera? — Un mage d'Occident. — On vient le consulter de l'Inde.
Dans un des chapitres précédents, nous avons dit ce qu'était le sanscrit, le sanscrit des Yédas, le sanscrit archaïque considéré comme langue sacrée.
Cette langue védique est plus riche en formes grammaticales, plus voisine du grec et du latin que le sanscrit des épopées et des dialectes postérieurs et relativement modernes ^
M C'est à quinze cents ans environ avant notre ère que Ton peut faire remonter Torigine de cette langue sacrée*. L'histoire du langage dans Tlnde offre au linguiste de précieuses ressources. Elle a fait dire à Mûller que « le sanscrit est à la philologie comparée ce que les mathématiques sont à l'astronomie. »
1 La connaissance complète de la langue védique est due à Fr. Rosen, qui, en 1888, publia la première traduction du Rig. (Introduction de M. Bréal à la Grammaire de Bopp, p. lui.)
' MiilUr, p. 230.
Pour tout ce qui touche à son antiquité, on peut se demander comment on est arrivé à fixer une date quelque peu certaine à une littérature dont les monuments, à des époques postérieures et diverses, ont pu être si facilement altérés. Mùller parle de quinze cents ans avant notre ère ; et , à Tappui de son assertion , il observe que , dans le livre de Job comme dans le livre des Rois, le nom du pays d'Ophir, où se rendaient les flottes de Salomon , ainsi que le nom des objets précieux qu'elles allaient y prendre, Tor, l'ivoire , le sandal , les singes , les paons, etc., étaient des noms sanscrits et non pas sémitiques.
Donc, déjà le sanscrit était connu à Ophir , pays évidemment maritime et vraisemblablement situé à l'embouchure de l'Indus ou sur la côte du Malabar.
Or, ce n'est point sur le littoral que le sanscrit avait pris naissance ; car,<( dans les hymnes des Yédas, qui en sont les plus anciennes compositions littéraires, l'horizon géographique des poètes est presque toujours borné au nord-ouest de l'Inde. Il y a trèspeu de passages qui contiennent des allusions à la mer et à la côte, tandis que les montagnes neigeuses, les rivières du Panjab et les paysages de la haute vallée du Gange sont les objets les plus familiers à ces vieux bardes de l'Orient. Tout nous montre donc que la race qui parlait le sanscrit est entrée dans l'Inde par le nord, et ce n'est que graduellement