‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 36 sur 137 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

et plas tard qu'elle 8*est répandue au sud et à l'est ^ »

C'est là que nous la trouvons, au temps da livre de Job et de Salomon. Par conséquent, Max Mùller n'exagère rien quand il reporte à quinze cents ans avant notre ère la composition des hymnes sacrés des Yédas.

C'est par la connaissance de cette langue sacrée, c'est à l'aide du sanscrit et de la philologie comparée, qu'un de nos savants compatriotes a pu, dans ces derniers temps, reconstituer, souà nos yeux, une langue éteinte depuis trois mille ans. Le texte de cette langue, inintelligible pour tous, n'avait été (!onservé et n'était parvenu Jusqu'à nous que comme une indé* chiffrable énigme.

Une telle reconstitution tient du prodige; elle est réelle pourtant, réelle, comme Ta été celle des fossiles du monde antédiluvien. C'est la résurrection de la langue zend, l'antique langue bactrienne, dans laquelle les livres de Zoroastre furent écrits, il y a quarante siècles. Leur recueil s'appelle VAvesta, ou plus habituellement Zend-Avesta, à cause du dialecte zend du texte primitif.

Les croyants considèrent encore aujourd'hui ce livre comme l'expression par excellence de la parole divine.

Il renferme un dogme et un culte dont l'origine

1 MaiMUller, p. 251.

remonte aux premiers jours du monde ; il a été successivement révélé par une série de prophètes, dont Zoroastre est le dernier. Ces livres étaient au nombre de vingt et un, à l'époque de la plus grande ferveur du culte d'Ormuzd ; ils ne sont pas tous parvenus jusqu'à nous. Une partie fut détruite à la conquête d'Alexandre, le reste dispersé par l'Islam.

Ce qui nous en reste, nous le devons à la persévérance avec laquelle ils nous ont été conservés par les pieux sectateurs de Zoroastre, toujours de plus en plus attachés à leur culte, malgré les persécutions dont ils furent l'objet.

Le Vendidad est un recueil de prières contre les démons ; réuni à VIzechné et au Vispered, il forme le bréviaire que les prêtres récitent chaque jour.

Mais comment ces livres ont-ils pu arriver jusqu'à nous ? Voilà le miracle.

Miracle plus grand peut-être que celui de leur céleste origine , comme l'observe M. Menant*

Alexandre fit brûler les sept livres qui traitaient de Zoroastre, et envoya en Macédoine, pour y être traduits, les quatorze autres relatifs à la magie et à la médecine.

A cette époque, évidemment, les Perses durent chercher à reconstituer leur liturgie.

Mais au septième siècle de notre ère, vaincus par les Arabes, et soumis au joug de l'Islam, ils virent de nouveau leurs livres sacrés condamnés à la destruction.

Page 1