CHAPITRE HUITIÈME. 7i
à r^ntk[ue et primitive langue du temps de Zoroastre, tous les dialectes iraniens que nous possédions déjà , tels que le pehlevi des Sassanides, le parsi du moyen âge et le persan moderne.
Dans ce long intervalle, de puissants empires s'étaient succédé. Quelles langues avaient-ils parlé?
L'empire de Cyrus et de Cambyse, de Darius et de Xerxès, qui s'était élevé sur les ruines de l'empire des Assyriens, ne nous avait laissé lui-même que des ruines déjà vingt-cinq fois séculaires.
Il est vrai que ces ruines sont encore imposantes , et les fragments d'histoire qu'elles nous lèguent semblent impérissables. Ces fragments ne sont point gravés seulement, comme àPersépolis, sur le marbre des tombes et des palais, on les retrouve encore à Suse, à Van et à Béhistoun, incrustés sur les parois verticales de grands rochers abrupts : véritables pages cyclopéennesd'un livre lapidaire, buriné au coin et au marteau , en traits cunéiformes '.
C'est le nom, en effet, de l'écriture étrange dont l'élément unique et radical a la forme d'un clou, d'un coin allongé et même d'une flèche. De là le -nom de chidiforme, cunéiforme ou même arrow-heuded* ^ comme l'appellent les Anglais.
' L'inaccessibilité de ces inscriptions explique l'état de conservation dans lequel elles sont parvenues jusqu'à nous. Telle est celle gravée sur le rocher de Béhistoun ou Bizitoun,
* Il est facile de s'expliquer comment cet élément unique peut sufBre, à lui seul, à la composition de tous les caractères de l'écri-
En général , ces inscriptions sont trilingues^ écrites en trois langues, langue du peuple conquérant, langue des peuples alliés, langue des peuples vaincus. Ici ces trois langues étaient destinées à être comprises des Perses, des Mèdes et des Assyriens, exactement comme aujourd'hui encore les décrets du Schah sont rédigés en persan , en turc et en arabe.
D'après la simplicité des faits que nous venons d'énoncer, on peut se demander comment on est resté si longtemps avant de déchiffrer et de traduire ces langues.
C'est qu'à son début même, la question se présentait comme un problème indéterminé, comme une équation à plusieurs inconnues.
Pour arriver aux hiéroglyphes, on avait eu une clef, c'était la stèle de Rosette écrite en égyptieu et en grec. On en avait tiré un merveilleux parti, mais on comprend aisément qu'un tel point de départ pût être suffisant.
Ici, au contraire, devant les raines de Persépolis, de Ninive et de Babylone, rien de pareil.
ture canéiforme. En combinant deux à deux , trois à trois , qaatre à quatre, etc., ce trait unique déjà muni d'une tête et d'une queue, puis le prenant horizontalement, verticalement ou incliné à quarantecinq degrés, on comprend avec quelle facilité on peut former un grand nombre de caractères. On le comprend surtout lorsqu'on se rappelle que tous les caractères de notre alphabet ne se composent, en définitive, que des combinaisons produites par la réunion des deux signes I et G. Les personnes Familiarisées avec nos signaux sémaphoriques ou télégraphiques se rendront bien compte non-seulement de la possibilité, mais encore de la facilité de pareilles combinaisons.