‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 44 sur 137 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

<i NiebuhréistingQa ainsi trois genres d'écriture et il constata que les inscriptions se trouvaient groupées trois par trois, et que cliacune d'elles était a£fectée à un système spécial des combinaisons de l'élément primitif ^ »

On ne tarda pas à reconnaître qu'à ces trois systèmes d'écriture répondaient trois systèmes de langues, différant complètement entre elles; celle qui occupait la première place, c'est-à-dire qui figurait à la première ligne des inscriptions sembla la moins difficile à saisir. Elle fut naturellement l'objet des premières recherches.

Après Niebuhr, Munter reconnut que dans le premier système d'écriture, chaque mot était séparé par un clou oblique; il y constata environ quarante-deux caractères, et en les comparant ensuite à ceux des langues qu'il soupçonnait voisines, telles que le zend et le pehlvi , l'arménien et le géorgien , il finit par découvrir VA et le 5.

C'était un premier pas dans cette carrière de patience et de rude labeur , où il fallut toute la vie d'un homme pour découvrir un ou deux caractères.

En 1802, à l'académie de Gœttingue , Grotefend, plus archéologue que linguiste, s'éclairunt, d'une part, des travaux de Sacy sur les inscriptions sassanides, et de l'autre, procédant plutôt par intuition que par analyse, supposa le problème résolu : il admit

> Meoaht, 62-63.

que de telles inscriptions ne pouvaient manquer de contenir le nom et le titre des rois, et c'est sur la détermination de ces noms que se portèrent ses e£forts.

Il avait remarqué en e£fet des groupes de signes parfaitement distincts , revenant en bloc et assez fréquemment.

Ces groupes, dit- il, ne peuvent être que la représentation du nom des rois àchéménides, avec leurs titres et leurs invocations. Placez-y, par des tâtonnements successifs, les noms de Darius et de Xerxès, de Cyrus et de Gambyse, et vous aurez, d'un seul coup , la valeur grammaticale et alphabétique de ces noms, dans une langue inconnue dont vous ne connaissez pas encore un seul mot. C'était un élément puissant, une donnée précieuse. Il y avait là de quoi faire un pas de géant dans l'étude de cette langue qui n'avait encore livré, si péniblement, à tous les efforts de la philologie, quelle secret de quelques caractères isolés de son alphabet. L'inspiration de Grotefend fut heureuse, mais elle n'était encore qu'à l'état d'hypothèse. Il fallait laisser au temps et à l'expérience le soin de la vérifier.

Elle avait reçu d'Anquetil Duperron la plus chaude approbation. Ce fut tout.

Les inscriptions contiuuèrent à s'accumuler, et trente années s'écoulèrent encore dans d'infructueuses recherches, jusqu'au moment où Lassen, Eugène Burnouf et Rawlinson, après avoir étudié séparément les inscriptions de Bizitoun , d'Hamadan et de Perse-

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