CHAPITRE NEUVIÈME
gine et la composition des hymnes du Rig-Véda. Mais on peut dire que « si on les place vers le commencement du deuxième millénaire avant notre ère (et c*est l'opinion de M. Oppert) , on restera encore dans les probabilités les plus acceptables, quant à la rédaction dBs hymnes védiques^ »
En nous donnant la clef grammaticale du zend de TAvesta et en nous découvrant, à mesure que Ton remonte vers le passé, son affinité toujours croissante avec la langue des Yédas, Burnouf et ses continuateurs nous permettent de toucher aux temps primitifs, et, pourquoi ne le dirions-nous pas, à l'origine même des Hindous et des Perses. De la similitude des dialectes, devons-nous conclure, pour ces deux peuples, une similitude analogue dans les mœurs et dans les principes? Nous ne le pensons pas. Une telle induc- . tion ne serait pas rigoureuse.
Mais ce que nous pouvons constater toutefois, c'est que les derniers chapitres du Yaçna, en nous déroulant le recueil de leurs pensées philosophiques et de leurs prières, nous initient, comme les hymnes du Big-Yéda, non-seulement à leur état social , mais encore à leur état religieux et moral. Us nous font connaître leurs premières opérations vers les régions du ciel et de la lumière. Au seuil même des temps historiques, c'est un monument vénérable qui nous fait connaître les premières notions que l'homme a pu avoir de la Divinité.
' Revue des questions historûjueSf p. 510.
Dans les recherches de cette nature, il importe de mettre sans cesse en regard les textes interprétés par la tradition, comme le fait Spiegel, avec ces mêmes textes aniquement traités par la philologie, comme Haugh nous les donne.
Au simple point de vue de la science du langage, le seul qui nous occupe ici, les beaux travaux du savant wurtembergeois nous permettent ainsi, par des transitions successives et à travers les siècles, de descendre, des premiers chants iraniens au zend de TAvesta , de là aux cunéiformes des rois achéménides, puis au pehlvi des Sassanides, au parsi de Tinvasion musulmane, et enfin au persan moderne. L'enchaînement de ces dialectes semble continu , ou tout au moins en dehors des lacunes et des transitions brusques que nous offrent encore les traditions historiques et religieuses.
« Il n'y a plus qu'une seule langue aryenne qui nous reste à mentionner, c'est celle des Bohémiens, Gitanos, Zingaris ou Tziganes, comme on les appelle dans tout rOrient. Cette langue appartient également à l'Asie et à TEurope. Quoiqu'elle ait perdu presque toutes ses formes grammaticales et que son vocabulaire soit composé de mots dérobés à tous les pays que les Tsiganes ont traversés, nous reconnaissons encore clairement les liens qui rattachent cette langue à FHindoustan , la patrie d'où elle est exilée ^ »
1 Max Mûller, V leçon.