CHAPITRE DIXIÈME
giqaes de la Bible noas en donnent Texemple. Elles s'appliquent aux peuples et aux races, et nullement aux langues.
De ce que la langue biblique, en e£fet, semble le centre d'un certain nombre de langues offrant un air de proche parenté, on en a fait une famille divisée en trois classes ; au midi , Tarabique ou ancien éthiopien; au centre, la classe hébraïque, comprenant rhébreu, le samaritain, le carthaginois et le phénicien; au nord, Taramaîque, répondant au chaldéen, au syriaque et aux cunéiformes.
Ce groupe de langues ou famille porte le nom biblique de Sem. C'est une erreur et un sujet continuel de confusion ; car, par un singulier contraste, l'hébreu, que Ton croyait être l'apanage exclusif des enfants de Sem, se trouve, au contraire, être plus spécialement la langue des enfants de Cliam.
Quand Abraham émigra en terre de Ghanaan,
ces Dotloof confuses et erronées de races et de langues , pour renverser les dynasties, déchirer les traités, pour faire et défaire la carte de TEurope? En Amérique, on a encouragé la philologie comparée à prouver l'impossibilité de l'unité primitive des races , afin de justifier, par des arguments scientifiques, la théorie impie de l'esclavage. ~- « Je n'ai jamais vu la science plus dégradée que sur le titre d*nne brochure américaine, où, parmi les profils des différentes races des hommes, on avait introduit le profil du singe , auquel on avait donné une apparence plus humaine qu'à celui du nègre. » (Muller, Ir« leçon).
Le docteur américain Whitney exprime sur ce point des idées entièrement conformes à celles de Millier. (Voir son récent ouvrage la Vie du langage, p. 223. Bibliothèque scientifique internationale, Germer-Baillière. Paris, 1875.)
quand Jacob et après lui Josué pénétrèrent en Palestine, ils trouvèrent le nom des lieux et des personnes en hébreu; hébreu par les radicaux, par la forme et par la nature de leur agencement ; Abrahamides et Ghananéens s'entendirent sur ce point. M. Renan et Gesenius ne s'expriment pas autrement que M. de Rougé, qui ajoute : « Ainsi l'hébreu, cette langue biblique et sacrée , ne serait pas autre chose que la langue de ces affreux Ghananéens que Ton voulait détruire. Il y a de l'hébreu dans l'égyptien, le carthaginois, le phénicien et dans l'éthiopien ^ »
G'est donc de Gham et non de Sem que dérivent les troisprincipauxgroupes de la langue appelée sémitique.
Gette réserve faite , ces langues ont entre elles des liens communs évidents. Elles ont la forme et le fond ; elles ont la grammaire et les racines. Leurs lignes grammaticales ont été arrêtées avant leur séparation en dialectes'; et, d'un autre côté, les savants versés dans l'étude de ces langues font depuis longtemps, bien avant la connaissance du sanscrit, dériver tout le vocabulaire hébreu d'un petit nombre de racines. Ges racines sont composées de trois consonnes. G'est ce qui fait parfois donner à ces langues le nom de triiitères.
1 De Bougé. « Plus on remonte dans l'antiquitë de la langue ëgypuenne, plus on retrouve d'analogies avec les langues sémitiques. ■ Ces analogies, surtout au point de vue grammatical, sont admises par un grand nombre de savants parmi lesquels nous citerons Barthélémy de Guignes, Bopp, de Bossi, et de nos jours, de Lepsius, Benfey, Bunsen et enfin notre illustre égyptologue de Bougé.
{Annales de philosophie chrétienne, oct. 1869.)