CHAPITRE DIXIÈME
fondre rhumanité dans ses deux origines, c^est l'amoindrir dans son sublime principe.
Son origine divine appartient au dogme religieux ; mais son origine terrestre dépend de la science. Elle se réduit à un problème de physiologie ou d'histoire, abandonné au géologue, au physiologiste ou au linguiste. Ainsi parle M. Renan.
Ces distinctions, posées au nom de la science, ne pèsent pas d'un grand poids aux yeux de l'auteur lui-même ; car, dans son étude comparative entre les langues sémitiques et les langues aryennes, tout en admettant, en effet, pour chacune de ces langues une origine indépendante, une naissance spontanée complète et dans tout son entier développement, il admet, comme nous l'avons déjà dit, que cette distinction n'exclut pas une affinité primordiale, des •liens communs et un rapprochement primitif.
Four arriver à ce point de contact, il se demande si, en faisant servir les découvertes modernes à l'interprétation des plus anciens, souvenirs des Sémites, il ne parviendra pas à refroCbVer, entre eux et les Aryens, les traces d'une parenté que les uns et les autres ont oubliée.
La plus ancienne géographie historique des Sémites se rapporte à l'Arménie. C'est là que nous retrouvons cette race historiquement établie dès son premier pas, dès son premier mouvement vers la terre de Chanian.
Ce fut la grande émigration des tribus sémitiifues, Béni Israël, Edomites, Moabites, Ammonites, qui, dd^ . J^ - ^
l'an 2300 à l'an 1900, précéda et prépara l'arrivée d'Abraham à Sichem.
Ce premier fait historique est loin de nous autoriser à considérer l'Arménie comme le berceau de l'humanité.
Ici, M. Lenormant, dans ses commentaires sur la cosmc^onie de Bérose, pense comme M. Renan.
D'après lui, le mont Ararat ne serait pas le point du globe répondant le mieux aux données géographiques de la Genèse.
Le chapitre xi dit, en commençant : « Ce fut en marchant de l'Orient que la postérité de Noé trouva la plaine de Sennaar et y habita. » Toute la question consiste dans le sens donné au mot hébraïque « de l'Orient ».
M. Lenormant le traduit : de l'est à l'ouest. Dans ce cas, évidemment, le parallèle qui passe par Babylone nous ramène au sud et à l'est de l'Arménie, dans les régions centrales de l'Asie, sur le vaste plateau qui couronne les monts Bélour, à 4eur rencontre avec l'Hymalaya. C'est Tantique Imaùs; le lieu où les eaux de l'Asie se partagent. De là, en effet, comme d'une source unique et puissante, s'échappent, dans quatre directions opposées, les quatre grands fleuves signalés dans l'Éden biblique : c'est l'Indus, l'Helven, l'Iaxarte* et l'Oxus*. De là
* L'iaxarte est ]e Sir-Daria, qui se jette dans l'Aral. ' L*OxuSy qui est 1* Amou-Daria moderne, se jette également dans l'Aral, après avoir arrosé la Boukharie et Khiva.