CHAPITRE DIXIÈME
encore Ton extrait Tor, les pierres précieuses, et sur* tout le bdellium du paradis terrestre.
D'après l'opinion de sir Henri Rawlinson , fondée sur des documents cunéiformes antérieurs au départ de la colonie indigène des Hébreux, sous la conduite d'Abraham, le nom d'Éden donné au jardin ou paradis terrestre est le nom national de la province de Babylone. Sur ce point, le savant assyriologue croit pouvoir affirmer que les quatre rivières qui arrosaient le jardin étaient le double Enphrate et le double Tigre, identifiant le Gihon biblique « qui embrasse la terre de Kousch » avec le bras gauche du Tigre, appelé Yuha; identi&ant encore le Phison biblique avec le bras droit de l'Ëuphrate, appelé Ugni par les Assyriens*.
Cette opinion est conforme à la tradition babylonienne ; mais ello est combattue par MM. Renan et Lenormant, qui font du centre de l'Asie le berceau de l'humanité, berceau vers lequel on voit converger les traditions des deux grands peuples qui, dans le monde antique, ont conservé les souvenirs les plus nets et les plus circonstanciés des âges primitifs : les Hindous et les Perses.
C'est le point central, en effet, qui, satisfaisant d'une part aux données bibliques, répond également aux textes géographiques des Y édas et du Zend-Avesta.
Burnouf , en établissant scientifiquement l'antique
^ Rapport à la Société asiatique de Londrei. (Séance du 31 mai 1869.)
affinité qai existe entre .la race brahmanique et la race iranienne, désigne la Bactriane comme offrant les conditions les plus favorables à la cohabitation des deux races.
G*est de cette région que la race brahmanique se serait répandue dans Tlnde par Attock; les passes occidentales de Flndou Kousch lui auraient ouvert la vallée du Gange.
C'est donc là, à ce point central du monde, à cet ombUicus terrarum, que les études simultanées du sanscrit et de Thébreu nous conduisent, par des voies différentes, comme au seuil même de Tunivers.
Pour les races sémitiques et indo-germaniques, c'est un trait d'union géographique, un point de départ commun, un foyer de traditions et de souvenirs.
« Je vous salue avec respect, cimes sacrées d'où les grandes races, qui portaient dans leur sein les secrets de l'humanité, contemplèrent pour la première fois l'infini». )»
Ces deux races ont conquis le monde. Les Sémites ont prêté aux Aryens leurs idées religieuses plus simples et plus élevées. Les Aryens ont donné aux Sémites des idées philosophiques qui leur manquaient. Bans l'ordre physique et moral, plus encore qu'au seul point de vue philologique, Sémites et Aryens ne font qu'une race, la race blanche; ne forment qu'une
' Renan (ouvrage cit<).