‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 80 sur 137 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Un aatre dérivé immédiat de cette racine div on dyu, c'est dydus, qui, en sanscrit, signifie ciel et Jour, et est synonyme da Zeus des Grecs et du Dfovii ou Jupiter latin.

Devas, dans les chants yédiques, signifie encore quelquefois brillant; mais le plus souvent il n'exprime que les manifestations divines.

Dans tous les dialectes européens , le mot Detu on Dieu a entièrement perdu cette signification primitive;

rôle également important. 11 n'a jamais pensé que l'analyse philologique pût, à elle seule, donner l'explication complète de l'origine et du caractère des premières croyances, pas plus qn*il ne croit, ainsi que cherche & le démontrer Max Mtiller, à une Science de la Religion îondée sur une base exclusivement philologique. La paléontologie du langage ^ne peut arriver k restaurer que quelques traits rares, mais infiniment précieux, de la pensée et des sentiments religieux de nos ancêtres, à nne époque dont il ne reste aucun document écrit.

Ainsi , l'interprétation des noms d'Ormnzd , de Bog, de 0e6c , de Guth, etc., fournit des exemples divers de l'intime connexion qui existe dans l'étude de l'histoire et de la philologie.

Tontes ces interprétations ne sont pas décisives, mais elles le deviennent à mesure que l'histoire et la philologie s'accordent et s'éclairent mutuellement. .

Toutefois, comme nous le verrons plus loin, il existe une grande distance entre l'étude des traditions comparées telle que la pratique M. d'Anselme et les recherches d'histoire ancienne fondées sur les découvertes modernes de l'assyriologie.

Les documents cunéiformes, en effet, corroborés par les textes également positifs et parallèles de l'histoire sacrée et de l'histoire profane, nous fournissent des points de repère autrement certains qne ceux qui n'ont pour base que l'étude de la tradition comparée. (Voir sur ce sujet la réponse du P. Brucker dans les Études philosophiques et religieuses d'août 1S75.)

par conséquent, avant la séparation des rameaux indo-européens, quand les Âryas prononçaient le nom de Devas ou Deus, l'idée de brillant n'était qae secondaire, complètement dominée par une conception bien plus haute, celle de la puissance divine.

A ce sujet, MûUer, dans sa Science des religions, s'élève à des considérations d'un ordre vraiment supérieur : « En consultant, dit-il, les archives du langage, nous avions trouvé que le Dieu suprême avait porté le même nom dans l'ancienne mythologie de rinde, de la Grèce, de l'Italie, de la Germanie, et avait gardé ce nom, soit qu'on l'adorât sur les cimes de THymalaya, soit qu'on l'invoquât sous les chênes de Dodone, sur le Gapitole ou dans les forêts germaniques. Je fis observer que ce nom était Dyaus en sanscrit, Zeus en grec, Jovis en latin, Tiu en germain ; mais Je n'ai pas suffisamment insisté sur la nature et l'étonnante importance de cette découverte. Ges noms ne sont pas seulement des mots, ce sont des faits historiques, des faits plus authentiques, plus précis que ne le sont pour nous bien des événements de l'histoire du moyen âge. Non, ces noms ne sont pas seulement des mots, ils font revivre devant nous, avec tout le relief des scènes dont nous avons été nous-mêmes témoins, les actes des ancêtres de la race aryane; grâce à ces noms, nous les voyons tels qu'ils furent dix siècles avant Homère et les Yédas , adorant un Être invisible, et lui donnant le nom le plus noble, le plus glorieux qu'ils pussent trouver

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