CHAPITRE QUATORZIÈME
neave : empruntée tout d*une pièce à Lacrèce et à Cicéron, elle fait encore aatorité parmi les ontologistes modernes et la plupart de nos philosophes officiels.
Mon Dieu ! nous ne feroDS pas grande difficulté à l'admettre avec eux, s'ils reconnaissent que, adorer les forces de la nature, c'est adorer un Dieu unique, dans la manifestation de ses œuvres.
Le Jupiter d'Homère , le grand Zeus des Grecs ne dominait-il pas tous les dieux de l'Olympe, comme le Dyaus Pitar domine tous les Devas du panthéon védique?
A ce sujet, M. Régnier faisait remarquer que si la date du Rig-Véda ne peut être fixée, en revanche, on peut affirmer que Tlnde a commencé à croire à un Dieu unique avant de devenir polythéiste.
Or, n'est-ce pas de l'Orient, et par suite de Tlnde, que sont descendus les ancêtres des Grecs? Dès lors, pour tout esprit impartial , ne parait-il pas évident que le génie hellénique, tout empreint de lumière et de beauté, n'a fait que voiler, sous son naturalisme polythéiste et sa mythologie poétique, une religion plus antique venue de l'Orient, émanant d'une pure source spiritualiste et monothéiste?
- Dans une séance plus récente encore de la même Académie, « le polythéisme, dit M. Martin, d'après le témoignage de M. Max Mùller, le polythéisme n'est qu'une déviation du monothéisme. Bien des causes ont contribué à obscurcir la grande idée mono-
théiste. Le panthéisme a été la première erreur, le polythéisme la seconde. Ajoutez à cela les embellissements mythologiques, l'action de la politique sur la direction des croyances, celle des poètes, Homère, Hésiode, interprétant et diversifiant à leur gré les légendes; tenez compte aussi des continuels emprunts que pratiquaient entre elles les diverses mythologies, vous verrez combien la notion de T unité première et fondamentale, sans être entièrement abolie, était troublée et voilée. »
Il est un autre résultat qui ressort également de cette étude; c'est que les religions des nations indoeuropéennes- ont entre elles des liens analogues à ceux qui nous ont permis de considérer les langues •de la même origine comme autant de variétés d'une famille unique.
Ce résultat ne doit point nous surprendre ; car les religions^ bien plus encore que les langues, concourent à déterminer et à caractériser, nous ne •dirons pas les races, mais les peuples et les nationalités.
Un peuple, dit Schelling, n'existe que lorsqu'il s'est déterminé par rapport à sa mythologie; et Hegel ajoute : « L'idée de Dieu constitue la base sur laquelle repose toute nationalité. C'est de la religion que découle fatalement la forme de l'État et sa constitution; et cela est si vrai, que la constitution politique d'Athènes et de Rome n'était possible qu'avec le paganisme spécial à ces peuples , et qu'au-