‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 89 sur 137 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

et de msgesté , ce qui étonne , c*est qu'il n*y a jamais que les mêmes épithètes qui soient consacrées à exprimer le nom de la Divinité. El^ le fort ^ le puissant du cielj se retrouve partout. Baal n*est pas moins fameux. Il est ^doré chez les Assyriens et les Babyloniens, les Moabites et les Philistins, les Phéniciens et les Carthaginois. Sous le nom de Bel, il n'était point étranger aux Juifs.

Nous ne suivrons pas M. Max Mùller dans ses recherches sur les autres noms de la Divinité, communs à toutes les nations sémitiques. Parmi ces noms, il en est un qui fait exception et qui semble l'apanage exclusif d'une de ces nations : c'est Jéhovah, Jéhovah des prophètes, pris comme nom du vrai Dieu, du seul vrai Dieu opposé à tous les autres dieux de race sémitique.

Dans la Bible, £1, Elohim , Elion , Jéhovah, Shadaï et Âdona! sont autant de variétés des noms affectés au Dieu des Hébreux. C'est toujours l'Éternel, le Seigneur, le Tout-Puissant, le Très-Haut*.

Elohim représente peut-être en général le Dieu de l'univers et le Dyaus Pitar des patriarches aryas, tandis que Jéhovah reste toujours le Dieu d'Israël.

Dès le moment de la sortie d'Egypte, ces noms sont identiques. Us se confondent. «Invoque Jéhovah ton El ; il sera ton Elohim *. »

Jéhovah ou Jah, comme dans Hallelu-Jah, est-il le

* Félix Robioo, Revue des questions historiques^ juillet 1S72.

* G. V. Roux» Religion primitive d'Israël,

ihS VOYAGE AU PAYS DE BABEL.

même que le Jao inscrit dans les cunéiformes? M. RaT^linson, consulté sur ce point, ne se prononce pas*.

Quoi qu*il en soit, ce qui est hors de doute, c*est que les enseignements donnés à ce sujet par les langues isémitiques ressemblent entièrement à ceux tirés des langues aryanes.Les conclusions ne peuvent différer.

Ce qui résulte donc, c*est que, avant la séparation des branches sémitiques, il a existé pour elles une religion primitive commune, comme il y a eu une langue primitive commune, dans laquelle on invoquait le grand , le puissant, le seul vrai Dieu du ciel, longtemps avant les Chaldéens ou les Babyloniens, avant qu'il y ait eu des Phéniciens à Tyr et à Sidon, «t des Juifs en Mésopotamie ou à Jérusalem.

Nous sommes tout naturellement conduits à appliquer aux religions du groupe touranien] le même système de classification qui vient de nous servir de ^uide dans l'étude des religions sémitiques et indo- -européennes. Appliquée à ces deux familles, une pareille étude ne pouvait manquer d'une certain attrait pour nous qui sommes Aryens par la race, Sémites par la foi. Mais quel intérêt peut nous offrir cette

* M. Rawlinson a bien voulu me faire savoir qu'il doute si yaho, qui se rencontre avec le sens de Dieu, dans l'inscription assyrienne, appartient en propre aux langues de l'Aisyrie. U pense que ce terme pourrait bien avoir ëtë emprunté à la Syrie, et adopté ensuite comme tant d'autres termes étrangers. (Mas Muller).

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