‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 96 sur 137 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

En turc , Tang-ri a le même sens.

Il y a plus, le Teng-rî des Mongols modernes peut être ramené dans la \ieille langue des Huds à Tang^li, fils du Ciel.

Le Tenga-ra des Yakoutes et des Sibériens n'a pas un autre sens.

a Ici donc, nous avons un témoignage du même ordre que celui qui nous a permis d'établir une seule religion aryane et une religion sémitique primitive; nous avons un nom commun , et ce nom donné à la Divinité suprême nous a été conservé dans le langage monosyllabique de la Chine et dans les dialectes agglutinants de quelques importantes tribus touraniennes du Nord. Nous trouvons dans ces mots nouseulemcnt une vague ressemblance de son et de sens, mais en observant leur développement en chinois, en mongol, en turc, il nous devient possible de découvrir entre eux des traces d'identité organique. Partout ce mot commence par le sens de ciel, puis s'élève à la signification de Dieu, enûn s'abaisse à l'acception de dieux et d'esprits. Ces changements de sens subis par ces mots suivent une ligne parallèle avec les modifications subies par les religions de ces peuples; religions qui, en Chine comme ailleurs, combinaient le culte de nombreux esprits avec la croyance en une divinité suprême ^ »

Il ne reste plus maintenant qu'un pas à faire pour

' Millier, Science des religions, deuxième partie.

établir l'identité originelle entre les religions des branches touraniennes du nord et du sud de TAsie. Ce pas serait franchi , si Ton devait se borner à des similitudes de son et de sens permettant en effet de rattacher au nom de la Divinité du Thibet, Nam, le Num et le Juma des Samoyèdes et Finnois. Toutefois, il convient, sur ce point, d'attendre des investigations plus sérieuses.

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