‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 97 sur 137 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Le monotliéiime est le dernier mol de re'tymologie conopirée. — Atiaques violentes. — Réponse de Max Mijkller. — La théorie des racines est tour à tour attaquée et défendue au nom de la Bible. — Hymnes monothéistes chantés dans la valh'e du Mil mille ans avant Moïse. — Secret de la grandeur égyptienne. — Titres de noblesse de l'hunianitc. — La linguistique seule peut préparer de telles découvertes. — Lpigraphie assyrienne.

Un monothéisme primitif serait donc la conclusion de l'étude des religions comparées, comme l'unité du langage a été la conséquence de la philologiecomparée.

De telles conclusions ne pouvaient passer inaperçues; elles ont soulevé des tempêtes.

M. Renan reproche au professeur d'Oxford de ne tant se rapprocher des conclusions bibliques que pour faire à la pruderie britannique d'habiles concessions.

Le journal la République française ^ les traite de compromis audacieux, de prestidigitation oratoire et de jongleries scicntifîques.

Max Mùller avait prévu l'attaque, sinon l'injure.

Dans sa huitième leçon et d après la nature même de ses expressions , il fait remarquer qu'il n'a jamais voulu prouver qu'une chose : c'est la possibilité de

1 Revue scientifique du journal la Bepubh'tfue française du

6 mai 1872.

Torigine commune du langage, démontrée par ]*impossibilité absolue de commencements indépendants. C'est là sa thèse. « J'ai été accusé,* dit-il , de m'étre laissé influencer dans mes recherches par une croyance implicite à l'unité primitive de l'humanité. J'avoue que j'ai cette croyance; et si elle avait eu besoin d'être confirmée, elle l'aurait été par l'ouvrage de Darwin sur V Origine des espèces,

(( Mais je mets mes adversaires au défi de citer un seul passage où j*aie mêlé aux arguments scientifiques des arguments théologiques. Seulement, n l'on me dit qu' a aucun observateur impartial n'aurait » jamais conçu l'idée de faire venir toute l'humanité » d'un couple unique , si le récit de Moïse n'avait » afiirmé ce fait », on me permettra de répondre que cette idée est, au contraire, si naturelle, si bien en harmonie avec toutes les lois du raisonnement , qu'il n'y a jamais eu , que je sache , de nation sur la terre qui, ayant des traditions sur l'origine de la race humaine, ne l'ait pas tirée d'un seul couple, sinon d'une seule personne*. Quand même l'auteur du récit de la Genèse serait dépouillé, devant le tribunal des sciences physiques, de ses droits d'écrivain inspiré, il peut, du moins, prétendre au titre

modeste d'observateur impartial; et, si l'on peut prouver que sa conception de l'unité physique de la

1 Note B relative aux disicours prononcés sur cet important sujet au congrès des am^ricanislcs tie Nancy» juillet IS^o.

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