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chercher pour lui donner la sépulture. Le canot approche du rivage, M. Compain y monte et, le soir du même jour, il débarquait à Tadoussac, »
Telle est la merveilleuse légende que tous les gens de l’île aux Coudres connaissent par cœur. et que les colons du bas Saint Laurent se disent encore,
On raconte que les vieux soldats qui ont bravé cent fois la mort sur les champs de bataille pleurent quand il pensent qu'il seront peut être: obligés de mourir dans un lit comme de vulgaires goutteux ou d’impotents paralytiques. Ceux là même qui lisent la vie d’un guerrier illustre aiment à penser qu'il tombera d’une façon héroïque à la tête de ses troupes Le mission. : naire et le soldat sont de la même famille, Leur vie à tous deux est faite de dévôuements et de sacrifices, et la légende aime à les entourer d’une auréole glorieuse, Nous aimons cette douce histoire du peuple qui fait mourir le P, de la Brosso, si vaillant, si zélé, sur les marches du sanctuaire, au milieu du silence solennel de la nuit. C'est comme cela que nous voulons rêver
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la fin de cet apôtre. Pourqui faut-il hélas ! que la brutalité d’un fait vienne briser cette poëtique légende qui a bercé l'enfance de nos aïeux ?
Non, le P. de la Brosse n’est pas mort à minuit dans la solitude du sactuaire, non, il n’a pas commandé aux canotiers d'aller sans crainte, bravant la tempête, chercher le curé de l'île aux Coudres pour l’ensevelir. Voici comment l'acte authentique de sépulture raconte, dans sa prosaïque concision, quel fut la fin de ce zélé missionnaire.
« Le douze avril mil sept cent quatre-vingt deux, a été inhumé dans l’églife de cette mission le corps de Jean-Baptiste de la Brosse, prêtre missionnaire de la Compagnie de Jésus, décédé d’hier, à inq heures et demie du soir, muni des sacrements de pénitence et d’extrême-onction, âgé de cinquante huit ans Furent présents Charles Brassard et autres qui tous ont déclaré ne savoir signer de ce requis suivant l’ordonnance,.
(Signé) P. J. Compain, Ptre » (1)
(1) Extrait du régistre des baptêmes, mariages et enterrements des sauvages et autres de la mission du domaine du roi,
N'importe, en dépit de ce feuillet jauni tiré de la poussière des greffes, l’œuvre du missionnaire de la Brosse reste toute entière. Le rêve légendaire de tant d'années est brisé, mais le témps ne pourra jamais détruire le souvenir des travaux et du zèle ardent de l’apôtre.
"Et, dans les campagnes heureuses qui bordent la rive droite du fleuve Saint-Laurent, longtemps encore, on se racontera à la veillée la naïve légende du gobelet d'argent que le seigneur Rioux avait prêté au bon père, que celui-ci avait accepté à la condition qu’il le remettrait mort ou vif et qu’on retrouva un jour, dans la grande salle du manoir, sans que l'on ait jamais pu savoir comment il y était venu. Longtemps, longtemps encore, les braves paysans des Trois Pistoles montreront aux étrangers sur un rocher au bord de la mer l'empreinte du genoux et de la raquette du missionnaire populaire, Lcngtemps, longtemps encore, ceux de l'ile Verte parleront des miracles qu’il accomplit au milieu d'eux. Longtemps encore, les marins du Golfe, mêlant son souvenir avec celui d’un brave curé,
raconteront comment il comfondit le braillard de la Madeleine dont les lamentations épouvantables s’entendaient au loin sur la mer,
Heureux les peuples qui croient encore aux douces et saintes légendes !
Nous ne savons pourquoi on a cru pendant longtemps que les restes du père de ia Brosse avaient été transportés du temple de Tadoussac dans l'église de Chicoutimi. Les plus anciens habitants de Tadoussac, interrogés à ce sujet, affirmaient avec une parfaite certitude, que. jamais il n'avait été question d’une semblable translation, et leurs souvenirs remontaient À plus de cinquante ans. Si un pareil événement a eu lieu, il ne peut avoir échappé à leur attention. L'an dernier (1888), on opéra des fouilles qui mirent à découvert un cercueil placé précisément à l'endroit où se tient le prêtre au commencement de la messe. La tradition rapportant que le corps du missionnaire avait été inhumé sous les marches de l'autel, en face du tabernacle, on se trouvait évidemment en pré.
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sence des restes vénérables du père de la Brosse. Dans ce cercueil de cèdre, assez bien conservé on ne trouva plus cependant que quelques ossements qui tombaient en poussière. Depuis plus d’un siècle, la première dépouille du missionnaire jésuite de la région du Saguenay repose dans la chapelle de Tadoussac. C'est à l’occasion de l'invention de ce sépulcre que quelques membres du clergé ont fait placer dans le chœur du vieux sanctuaire, Vinscription qu’on y voit maintenant :
A LA MÉMOIRE pU R. P. J.B. de la BROSSE dernier missionnaire jésuite de Tadoussac MORT EN ODEUR DE SAINTETÉ
A L’'AGE DE 58 ANS Inhumé dans la chapelle de Tadoussac,