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La liste des bienfaiteurs des églises du Saguenay est longue, Les Jésuites ont conservé des notes Ge tout ce qui leur était donné. On peut refaire et suivre, pendant plus d’un siècle, les offrandes de toutes les Âmes charitables. Elles sont inscrites à la marge des régistres des missions, sur les cahiers poudreux, sur les feuillets jaunis que le temps a conservés. On y voit, tantôt en latin, tantôt en français, les accusés de réception, Les dons les plus modestes comme les plus minimes services sont signalés, Personne n’est oublié,
Qui pourrait reprocher à ces apôtres d’avoir patiemment noté chaque jour le fait qu’un humble trappeur a donné un rabot ou une vrille, un sauvage inconnu, une écorce ; cabanner, [l n’y a pas de détails fastidieux lorsqu'il s’agit de saisir dans l'intimité une époque aussi lointaine déjà.
Le séminaire de Québec conserve dans ses archives le registre le plus ancien de ces missions. {1 a dû lui tomber en partagé quand un
de ses directeurs fit pendant quelque temps les
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missions du nord au commencement de ce siècle, Il est conservé comme un précieux trésor. Ce registre qui remonte presque aux origines atteint l’année 1698. La suite manque et l’on ne sait ce qu’elle est devenue. Dans !es archives de Chicoutimi on trouve cependant un résumé qui peut mener jusqu'aux environs de la conquête. Au palais cardinalice, le bibliothé. caire a sous ses soins les régistres depuis 1759. Le père Coquart qui commença cette dernière série a inscrit en tête du premier cahier cette touchante supplique : « Daignent tous ceux qui écriront dessus se ressouvenir dans leurs saints sacrifices et prières de celui qui le commence, »
Les offrandes provenaient de plusieurs sources, avons-nous dit, Les sauvages ne manquaient jamais, chaque année, de contribuer pour leur large part. En 1646, les chrétiens de Tadoussac donnèrent par aumône suffisamment de castors pour acheter en France une tapisserie de quatre pièces qui coûta bien Go livres. Avec ces aumônes les pères purent se procurer encore
deux grands chandeliers de bois, deux livres
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blancs, l’un pour écrire les baptêmes, l’autre pour enrégistrer les mariages et les décès. Ils “eçurent aus.i quatre tableaux de médiocre grandeur, un grand drap et la cloche qui pesait 49 livres et qu: fat placée en 1647.
Les Fauvres enfants des bois donnaient les prémisies de leur chasse : castors gras, secs cu noirs, loutres, peaux de caribous où d’orignaux, martes, peaux brutes où matachées, des rasades ou des colliers de porcelaine. Les peaux matachées faisaient de superbes devants d’autel, et les missionnaires s'en montraient très fiers.
Un sauvage fera un don de vingt castors en satisfaction de ses fautes, Un autre donnera une belle tente de huit peaux de caribous pour couvrir l'église des Papinachois. En 1676, les Sauvages algonquins des Trois-Rivières donnent une robe de six castors pour la chapelle du lac Saint-Jean, Louis Mistaqué offre un jour deux castors et une peau passée pour réparer le scandale qu'il a causé en quittant sa femme légitime,
En voici un autre qui dépose aux pieds du père
deux loutres en réparation d’une croix abattue
sur la rivière. Ce genre de pénitence était très efficace,
Tantôt ce sont les offrandes funéraires qui dominent. Un chef présente deux robes À la Chapelle du lac en mémoire de ses deux frères décédés et Lnterrés au cimetière. Une pauvre mère à la sépulture de son enfant couvrira son cercueil de présents. Ces offrandes sont très nombreuses. Des veuves offrent à la mort de leurs maris les fusils de chasse dont ils se servaient, D'autre fois encore, toute une tribu fera un présent public à l'église pour obtenir une expédition heureuse, Les sauvages papinachois, désirant avoir une cloche et la se des Saënts, apportent des peaux de renard.
Les missionnaires remettaient les présents qu'ils recevaient aux fermiers de la traite, et ceux-ci, en retour leur fournissaient des bois, des clous, des instruments agricoles ou de menuiserie, des ornements d'église, des provisions, M. Bazire, grand négociant de Québec, et pendant longtemps concessionnaire de la traite, sc
distingua fort par sa largesse. Nous l'avons vu
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faisant construire en grande partie les églises de Tadoussac, de Chicoutimi et de Saint-Charles du lac Saint-Jean. MM. Juchereau de Saint- Denis, de la Ferté, de la Chenaye, Riverin, de Grandville, de la Chevrotière, de Vilray, la Ville, grand audiencier de France et directeur de la ferme royale, sont signalés parmi les bienfaiteurs insignes. Les noms des modestes ouvriers qui travaillent à la contruction de ces chapelles rustiques sont entrés avec la même fidélité.
Mademoiselle Bazire, pendant près de vingt ans, travailla de ses mains une grand partie des linges dés sanctuaires du Saguenay. Nous n'en finirions pas s’il nous fallait nommer toutes les pieuses femmes qui suivirent généreusement son exemple,
Les Ursulines et les Hospitalières de Québec, Madame d’Aillebgust racommodaient les linges, découpaient les fleurs et les bouquets destinés à la décoration des sanctuaires, préparaient des rafraichissements pour les malades ou des vête-
ments pour les pauvres. Ils venaient même de
ces aumônes de France, Les Augustines et les
ne rm mirent me Bénédictines d’Arras, les Ursulines d'Amiens, les Dames de la Paix, envoyaient des boites de chapelets, des bijoux, des statues, des tableaux, des reliques. Détail touchant : pendant plus de quinze années la mère et les frères du P. de Crépieul donnèrent dix écus par an pour la mission du Saguenay.
Les pères Jésuites de la maison de Québec comblèrent ces églises d'images, de tableaux et de crucifix. Nous avons compté plus de soixante tableaux, de 1678 à 1690, et nous ne parlons pas des images où dominent saint Français- Xavier et saint Ignace. Il y en a peints sur toile, d’autres sur cuivre, avec de beaux cadres dorés.
Chaque église avait sa cloche pour appeller les fidèles à la prière. On voit en 1687, M. Dombourg donner la cloche de la chambre de
son navire pour une chapelle, nouvelle. Dans
l'automne de 1680, le navire l’Archange Saint- Michel se jette à la côte et ceux qui le montent donnent également ax missions du nord la cloche du bord. Les dons de ce genre se renou-
vellent par trois ou quatre fois.
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Certes, avec toutes ces offrandes, le trésor des
églises saguenayennes devait être considérable,
Lorsque le P. François de Crépieul vint prendre charge de la mission de Tadoussac en 1671, voici les meubles qui appartenaient à la chapelle et dont un Catalogue fat alors dressé :
Un tableau à l'huile qui pouvait servir de devant d’autel. Tous les instruments de la passion y étaient dépeints.
(Un ornement parfait de Ja chapelle d’un taffetas de couleur changeante consistant en la chasuble accomplie, un devant d’autel, le voile, la bourse, une écharpe, un tapis, une grande pièce pour la face de l'autel, deux grandes pièces en façon de tapisserie avec trois courtines et leurs franges. Une pièce de toile rouge pour euvelopper le tout, Un voile pour les morts.
Un encensoir avec sa navette et la cuilière de laiton. Un devant d'autel d’une étoffe à fleurs qui a rapport au droguet. Un écharpe de Satin yurré qui entoure l'image du crucifix de l'autel. Quatre tableaux sur le cuivre avec
leurs cadres. Deux tableaux de bois plus petits.
Un crucifx de bois qui sert pour les proces, sions et les enterrements. Deux chandeliers de laiton. Deux grandes pièces de tapisserie de Bergame. Deux toiles neuves pour chassis. Un
beau papier mataché de croix que le père a
prêté pour couvrir l'autel. Un surplis Un
bonnet carré. Un grand coffre. (1)
Avec le temps, ces richesses augmentèrent, et les humbles annalystes de l’époque prennent un certain plaisir chaque année à en faire l’'énumération avec les plus minu‘ détails. Ce sont d’abord les ornements sei,. au culte, les chasubles, les étoles, manipules, bourses fleuragées, ornées de galon d’or ou de soie, aubes fines garnies de dentelle, amicts, nappes de communion en toile de Hollande, corporaux, purificatoires, écharpes fleuragées, bordées de galons, ciboires, burettes, chandeliers, bougies, bénitiers de cuivre. Les parois des temples sont décorés de tapisseries de Bergame, de ratines rouges, de guipures ou de la superbe dépouille des
fauves,
1) 29 octoble 1671, Manuscrit du Séminaire de Québec,
ee a À chaque chapelle était attachée une résidence avec son jardin. I] n'était pas princiers ces presbytères, mais il appert qu'on y avait réuni tous les rudes instruments de travail pour la menuiserie, la Charpente et les travaux de la terre.
La mission de Saint-Charles de Metabetchouan sur le lac Saint-Jean avait été la plus choyée, L’annalyste enumère avec complaisance tous les outils qui Y Sont déposés : rabots, rifflarts, bouvets, güillaumes, ciseaux, valets, souges, bedarts, fermoirs, varlopes, villebrequins, haches, COMPAS, tenailles, godendards. On y possédait même un moulin à blé fait par un Anglais et que M. de St Germain avait pro. curé,
En 1681, Monsieur et Mademoiselle Botsseau, M. du Buisson, Monsieur et Mademoiselle de Saint-Denis avaient donné les bestiaux de l'éta. blissement agricole. Au printemps de 1690, lorsque la Compagnie du Nard reprit possession de la ferme royale, les pères tuèrent à la ferme
du lac « une vache, une génisse, un gros bœuf,
un cochon gras de quatre ans, et fournirent treize minots de pois, du blé d'inde et du blé français, une grande quantité de citrouilles, de naveaux et de rabiolles. »
Cette ferme était l'Eldorado des missionnaires. On y nourissait par charité plusieurs vicilles femmes, des veuves, des enfants. Les âmes charitables de Québec y envoyaient des vins blancs ou des vins d'Espagne, de la galette, des paniers de raisin, des amendes, des nrunes de Brignolle, du riz, du beurre, du fromage que l’on servait comme friandises aux malades.
A la fin de l’année 1682,la maison de Chicoutimi fut incendiée et le père Dalmas qui y résidait se réfugia à la ferme du lac.
Le coteau pittoresque de Chicoutimi verra en 1728 s'élever un nouveau temple qui recevra à son tour les restes épars des néophvtes de la Métabetchouan, Le journal du P, Laure nous apprend comment la croix du nouveau clocher «fut saluée de 33 martes par tous les sauvages charmés du coq.» On a écrit quelque part que cette église fut construite à l'endroit où Jacques
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Cartier avait campé, dans le voyage qu'il fit dans le haut du Saguenay. Ce n'est là qu’une légende que ni les faits ni l'histoire ne peuvent appuyer.
M. Arthur Buies, dans son livre sur le Sa guenay, (r) écrit :
(À quelque pas de la scierie de Chicoutimi On voyait encore, il y à quelques années, courbée sous le poids du temps, la vieille chapelle de la mission érigée par le père Laure en 1728, Elle avait vingt-cinq pieds de long sur quinze de large, et était bâtie sur une éminence dortinant le bassin qui se trouve au pied de la chute de la rivière Chicoutimi, C'était une relique pleine de touchants souvenirs. Les étrangers qui débar. quaient à Chicoutimi s'empressaient d'aller la contempler, et ceux qui Conhaissaient quelque chose des anciennes missions du Canada, quelles que fussent leurs Croyances religieuses, n'oubliaient pas de mettre dans leurs sacs de voyage quelques fragments de pierre ou autres, objets appartenant À Ja chapelle, afin d’en con.
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server ja mémoire, La pierre tumulaire du père Coquart, mort à Chicoutimi en 1765, n'existait plus qu’en morceaux sur lesquels on distinguait encore quelqu inscriptions latines. (1) Les capitaines de navires se montraient avides de recueillir ces débris d’une époque pourtant récente et qui semblait déjà ancienne, Les régistres, les livres d'église, les tableaux, les pierres gravées ont été perdus, abandonnés sans souci dans la chapelle ouverte à tout le monde. Cette chapelle contenait en outre une précieuse argenterie que les Oblats ont emportée, se
(1) Cette pierre tumulaire portait les mots suivants : Tremendum Dei judicium hic in stlentio mortis expectat R P.C, God : Cocquart e Socie Ÿ. presbyter Monfanens : Sylvicol : Mission : Obiit Shekutinum IV nona Ful : en.
j # L n } (Note trouvée dans un manuscrit de M, Faucher, ancien curé de Lotbinière, et que nous devons à l'obligeance de son neveu, M, Faucher de Saint-Maurice.)
Dans un manuscrit de quelques pages trouvé récemment par le curé de Chicoutimi dans les archives de sa paroisse et déposé au séminaire, on voit qu'en 1793 eut lieu l'exhuma- ‘tion du corps du P. Coquart, Elle fut faite par M, Jean Juste Roy, alors directeur du séminaire de Québec et Chargé pendant les vacances de la visite des Postes du Roi, (Note due à l'obligeance de M, l'abbé Victor Huart,)
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a Croyant le droit de le faire, vu qu'ils avaient succédé aux Jésuites dans les missions du SaguEnay ; mais cet acte a soulevé contre eux de vives protestations. À Tadoussac, où ils essayèrent de le répéter, les habitants faillirent faire une émeute, Ils s’élancèrent jusque dans la rivière Saguenay, À la Poursuite des Oblats, et leur arrachèrent, entre autres objets, la cloche de la chapelle,
UMichaux, célèbre botaniste français qui, À Ja fin du siècle dernier, se rendit jusqu'au lac Mistassini par le Saguenay, dans le Simple but de faire une collection de plantes et de fleurs de l'Amérique du Nord, dit en parlant de la première chapelle de Chicoutimi : «Ce bâtiment Construit en poutres équaries de cèdre blanc, lhuya occidentalis, élevées les unes au dessus des autres, était encore en bon état, et quoique CES poutres n'aient jamais été couvertes ni en dedans ni en dehors, je les trouvai tellement intactes quelles n'avaient pas été alteérées de
l'épaisseur d'une demi-ligne, depuis plus de
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soixante ans» Aujourd'hui, l’on peut voir l’ernplacement, où se trouvait cette antique chapelle, entouré d’un enclos en bois que M. Price y a fait élever et où il a fait enterrer tout le bois de la chapelle, excepté le pourri, afin que cette dernière relique d’un des plus modestes, mais des plus intéressants monuments de notre histoire, ne fût pas exposer aux intempéries du temps ni à l’injure des hommes. De son côté, Mademoiselle Price a fait de la vieille chapelle une esquisse en sépia qu’elle a donnée à l'évêché de Chicoutimi. .
u À côté de l’enclos qu'a fait élever M. Price se trouve le vieux cimetière indien. La croix de l'ancienne chapelle est dans la sacristie de la nouvelle église de Chicoutimi, et le crucifix à été tranporté sur l'autel du couvent de l’endroit, Enfin, la porte de la sacristie, de même qu'une vieille armoire, appartenant jadis à la chapelie, sont conservées à l'évêché. Voilà tout ce qui reste aujourd’hui, voilà les seuls débris existants de ce qui abrita pendant un siècle la piété naïve
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des néophytes montagnais à peu près disparus aujourd’hui, » (1)
Plus heureux que sa superbe rivale de Chicoutimi, le bourg de Tadoussac a Conservé sa vieille chapelle,
Elle est ]à, au Sommet de la dune €scarpée qui domine le Port. Et son clocher pointu, qui a servi si longtemps de Phare au marin du Sague ay, porte encore la croix que les Jésuites y ont placée,
C’est un des plus anciens monuments des missions du Canada,
Cette primitive église de Tadoussac fut construite en 1747, alors que Mgr de Pontbriant était évêque de Québec, Le 21 mars de cette année, le charpentier Blanchard Partait pour aller en équarir les pièces, selon l'engagement Par écrit qu'il en avait pris. Le 16 mai, le P, Jésuite Coquart bénissait le site où devait s'élever le nouveau temple et Cognait la première che.
(tr) 11 existe dans les archives de Paris un mémoire ou inventaire Concernant Ja Chapelle de Chicoutimi qui fut préparé le 8 octobre 1733,
ville, (1) Le fermier des postes, Hazeur, avait fait les frais de construction de l’église des [lets Jérémie. Tadoussac dut à l'intendant Hocquart les planches, madriers, bardeaux et tous les clous qui furent employés à la construction de son antique sanctuaire. Voulant reconnaître cette munificence,le père Coquart s'engagea pour lui et ses successeurs à dire la messe le jour de la Sainte-Anne, à l'intention de M. Hocquart, tant que l’église subsisterait. L'année suivante, Hocquart continuant ses libéralités,accordait 300 livres au missionnaire pour sa nouvelle église Son successeur, l'intendant Bigot, ne voulut pas être moins généreux, et dans l'automne de 1749, le père annonce qu’il a en reçu 200 livres avec lesquelles il a pu terminer la couverture. Le 24 juin 1760, l'église était complètement achevée et estimée à 3000 livres par M. Guillemin, membre du conseil de Québec et commissaire du roi. Le nouveau fermier des postes, M. Hazeur, qui n'avait pas déboursé un sou pour
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(x) Journal du Père Coquart.
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TADOUSSAC 151 Rnnte OP ON cet édifice, trouva moyen de s’en faire Payer la valeur entière ainsi que le coût des Ornements, Ilest permis de supposer que Bigot dût recevoir UR pot de vin dans cette étrange rentrée de fonds.
On a trouvé, il y a quelques années, en faisant des fouilles sous les murs de In chapelle une plaque de plomb de six Pouces carrés environ où sont gravées les lignes suivantes :
L'an I747, le 16 mat, M. C USnel, fermier des ostes, F Doré, COMMES, Michel Lavoye, construs. Sant l'église, Le P Coquart, Jésuite, m'a Placé,
J HS, (1)
Cette plaque de Plomb, avec son inscription grossièrement gravée à la pointe du Couteau, et les quelques notes du jésuite P. Coquart : voilà tout ce qui nous reste sur l’histoire des origines de la chapelle de Tadoussac,
Elle n’a rien de rémarquable au point de vue artistique, la vieille chapelle de Tadoussac, Le chercheur ou l'archéologue ne trouvera IÀ ni les
EE G) Jesus Homins Sa/vator,
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orne eee tienne tours élancées, ni les portiques grandioses, ni les arcades harmonieusement agencées des t:mples gothiques. Ces populations naïves, qui vivaient de chasse et de pêche, n’attachaient point leur gloire à élever d’imposants édifices. Chapiteaux et pilastres, festons ou astragales valaient-ils la flexible écorce de bouleau et les bois de cèdre odorants ? Au sauvage qui faisait sa demeure de son canot renversé et qui n'avait souvent pour oreiller que le sable des grèves, l'édifice le plus simple, pourvu qu'il fut bâti à la mode européenne, devait paraître déjà une merveille. Le plan de l’église de Tadoussac est simple.
C'est un parallélogramme de trente pieds de de long sur vingt-cinq pieds de largeur. Deux fenêtres étroites pratiquées à hauteur d'homme
s'ouvrent sur chaque face latérale. Elles éclairent
très bien la nef et le sanctuaire qui se termine en hémicycle du côté de l'orient. La façade donne sur la baie. Du fronton garni d’un large vitrail, la vue est superbe, Le toit fortement incliné est surmonté d’un humble campanille où domine la cloche presque trois fois séculaire, la cloche de