I. San Gcrmano
rhomme qui fuît Tambîtion et le bien-être...
le monastère, c'est la foi véritable remplacée par les apparences, c'est une poignée de sceptiques hypocrites se réunissant pour centraliser le produit du travail des autres et exploiter la crédulité humaine. Les moines bouddhistes en sont là : tout ce que Ton vient de lire se rapporte à leur vie officielle; en public ils s'efforcent de paraître tels que le veut la .règle, quittes à transformer l'intérieur de leurs baos en lieux de débauches.
Je ne voulais pas m'étendre sur ces questions, cependant, puisque j'ai conduit jusqu'ici cette digression, je vais la faire complète en donnant les lois du vieux Manou, le plus ancien législateur dont le monde ait gardé le souvenir, sur les devoirs de Tanachorète; on verra combien le bouddhisme s'est inspiré de ses leçons, et le lecteur, rapprochant les unes des autres ces coutumes et ces étranges prescriptions religieuses, comprendra mieux à quel point le christianisme est un fait de tradition orientale.
Devoirs de l'anachorète. Manou, livre VI :
a Lorsque, après avoir terminé ses études, le dwidja a accompli ses devoirs de père de famille pendant le temps prescrit, il doit suivant la loi se retirer dans la forêt pour vivre dans le renoncement de tous les biens de ce monde.
« Le personnage sanctifié qui a passé sa vie dans l'étude des livres saints et qui se voit en sa vieillesse seul en sa
maison, doit, pour se purifier et se rendre maître de ses sens, se retirer dans la forét et y vivre selon la règle prescrite.
« Il est également permis au père de famille, bien qu'ayant des enfants, de se retirer dans la forêt pour y mener la vie cénobitique, mais seulement quand ses cheveux ont blanchi, . que sa peau s'est ridée et qu'il a sous les yeux les fils de ses fils. Renonçant à tout, qu'il confie sa femme à ses fils ou qu'il remmène avec lui.
a Que l'ermite emporte avec lui le feu consacré et tous les objets employés dans les sacrifices, qu'il quitte son village, la maison où il est né et se retire dans le désert pour y finir sa vie dans les privations.
a Qu'il offre les cinq grands sacrifices à Dieu, à la création, à la rédemption », à la mort, à la vie future avec les grains sauvages; les racines et les fruits, qui sont la seule nourriture permise aux personnages sanctifiés.
a Qu'il ne se vêtisse qu'avec l'écorce des arbres, ou la peau des animaux, qu'il laisse pousser ses cheveux, sa barbe et ses ongles, et les poils de son corps.
a Qu'il trouve le moyen sur sa chétive nourriture de faire des aumônes, et qu'il offre de l'eau, des racines et des fruits à ceux qui viennent le visiter dans sa retraite.
a La lecture du Véda doit être sa principale occupation, qu'il endure toutes les souffrances sans se plaindre, qu'il soit bienveillant, compatissant à l'égard des autres, qu'il donne toujours et ne reçoive jamais.
« Qu'avant de cuire sa nourriture, il l'offre à l'Être suprême suivant le mode vitana et qu'il renouvelle le sacrifice prescrit en l'honneur de la création chaque jour de la lune nouvelle.
a Qu'il ne manque jamais d'offrir le sacrifice des moissons à l'époque du grain nouveau, et accomplisse tous les quatre mois aux changements de saison les cérémonies consacrées.
(( Avec les grains purs et les racines qui servent de nourriture aux saints personnages et que l'on récolte au printemps et en automne, qu'il prenne soin lui-même de faire selon le mode prescrit les gâteaux destinés à être offerts sur la pierre du sacrifice.
« Après avoir offert à Dieu cette nourriture pure de la forêt, qu'il la mange avec le sel qu'il a ramassé, et cette nourriture purifie son âme et la fortifie.