DEUXIÈME PARTIE
Séjour, à Kaltna. — L'éléphant Nirjara. — Une vieille connaissance—La chasse aux hérons roses — Les habitants des rizières. — La culture du riz, du café, de l'indigo, du coton, de l'opium, de la canne à sucre, du bétel. — Le Pahvadam. — Combat d'éléphants. — Départ. — Pointe de Galles. — Le paquebot de Calcutta. — Un compagnon de route. — Départ pour le pays des éléphants.
Je ne raconterai pas, dans tous leurs détails, les différentes péripéties de mon séjour à Kaltna. La plupart des souvenirs intimes qui me sont si chers, et que j*aime à me rappeler pendant les heures impatientes du repos actuel,... n'auraient certainement pas, pour d'autres, les charmes dont je me plais à les parer ; et puis, il y a les nécessités dii voyage et du livre^ j'ai parlé si longuement de Kaltna lors de mon premier séjour à Ceylan, que je ne puis pas, quelque plaisir que j'aie eu à revoir ces lieux enchanteurs, y arrêter trop longuement l'attention du lecteur.
Avec quelle joie je revis, et le lac aux caïmans, et mes anciens hôtes, les Tchaléas, du village de
l38 VOYAGE AU PAYS DES ÉLÉPHANTS,
Tembapoor et les petits sentiers où j'avais naguère promené ma rêverie, à la poursuite des Nasî- * cornes, des Coprophages, des Xylophiles, des Actéons et des grands scarabées aquatiques dont j'enrichissais ma collection... Ce ne fut pas sans émotion égaicmaat. qua |è reitoimi connais^ sance avec Tintelligent Nirjara, l'éléphant chéri de la plantation, qui m'avait autrefois accompagné avec ses maîtres jusqu'à Nallandé sur la route de Kandy à Trinqucmalé **
Chaque pas que je faisais sur les rivages ombreux du Kalloo, et dans ces belles vallées de Ratnapoor, en faisant revivre le passé, augmaitait d'autant les jouissances du présent.
Et puis quelles soirées charmantes nous passions en famille, lorsque les travaux des champs étaient terminés, que les éléphants et Les bu£flones étaient rentrés dans leur koraly, et que de toutes parts, les casea de feuillage^ retentis** saient des chants des coolis, préparant leur souper. Nous nous réunissions sous la vérandah de la vaste habitation, et nous nous reposions des chasses et des excursions du jour, par d'interminables causeries^ qui nous conduisaient souvent jusqu'à la première haire du matin. Les nuits étaient si calmes, si embaumées par les senteurs d'ébéniers, d'acacias, de girofliers, de tous ces arbustes et de toutes ces fleurs des tropiques,