I. Voyage au Pays des Bayadcrjs
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dent les parfraxis ne se déf^lqgypent que sons la fraîcbear da soir, qoenous ne nous retirions qu^â regret dai» nos q^artements* N^avions-nous pas la sieste obligée des heures diaudes, pour retrouver, dans le milieu du jour, le temps que naaes dérobkms au sommdl^
Le aeœnd jour de mon arrivée, mon ami me proposa de visiter en détail sa prt^riété, qu'il ttvait angmeiscée dans une proportion extraordinaire. II possédait environ quinze cents hectares de plaines, vallées et montagnes. Dans les {daines et le& vallée:,, il cultivait^ selon TexposLtion, rindi^,, le cc^ion, Topium, la canne à sucre^ el syrtout le riz, qui occupait à lui seul, plus des dcBX tiers do. terrain. Dans la montagne, il callivaîr le café. Dqniis deux^ ans il s^étalt dédiargé des soins prinapaux de la correspondance européemie sur M, Burton, l'ancien agent de son père, pour s'adonner entièrement à Tagricult«e,. et il occupait i cette heure, près de trois cents coolis Indbus, de la côtt Malabare. .
Ces Indous habitaient, avec leurs familles, une vingtaine de petits villages, disséminés çà et là, smvant les besoins de la culture ; ils étaient âS* f^cs dai» leurs travaux par six de ces survcîlkiils,mét» d'Anglais et de Cyngalaîses, qui ont à Ceytan la spécialité de ces fonctions* - Ces pauvres, métfâ anglais, on les rencontre a
foison de Ceylan à THymalaya ; ils habitent pour la plupart de mauvaises cabanes de bambous, travaillant juste assez pour se nourrir avec leur vieille mère indigène, et, le reste du temps, se livrant à la débauche et à Tivrognerie. Que voulez- vous qu'ils fassent ? Repoussés par leurs pères parce qu'ils ont la tache du demi-sang, méprisés des Indous qui ne veulent pas les accepter comme leurs, n'ayant ni traditions de famille, ni traditions sociales, flétris du nom de Topas, ils ne peuvent développer leurs bonnes qualités, et ne sont, sur cette terre de Tlnde, que les représentants des vices des deux races.
J'aurai occasion de revenir sur ce sujet et de montrer ce que vaut la philanthropie de John Bull, toujours prêt à hurler dans ses meetings pour l'émancipation des nègres, quitte à jeter dans la rue ses propres enfants, parce qu'ils sont nés de mères indigènes....
Deux magnifiques chevaux de montagne, tout sellés, piaffaient, en nous attendant, sous les mains des cavalères, et nous achevions de boire un délicieux mouloucoutanie ^ sorte de consommé de mouton et de volaille, lorsqu'un des surveillants des caféières vint apporter à M. Duphot, la note des coolis morts pendant le mois qui venait de s'écouler : sur cent vingt travailleurs employés à cette culture, trois avaient été
mangés par les tigres, un quatrième était mort de la dyssenterie.
. — C'est un mauvais mois, me dit mon ami, à qui je demandais si ce chiffre représentait la moyenne ordinaire de la mortalité par les fauves. Je perds chaque année, par les jaguars et les serpents, environ le vingtième de mon personnel.
— C'est effrayant 1 N'avez-vous donc aucun moyen de prévenir de pareils accidents ?
— Aucun. Les coolis travaillent nu - pieds dans les rizières, et quiconque est mordu par le cobra ou le trigonocéphale est un homme mort. Je suis étonné même qu'il n'y ait pas plus d'accidents.
*— Et les tigres?
— Quant aux tigres, les vallées en sont infestées. Et comme les cafés sont tous plantés à mi-côte, il suffit qu'un coolî s'attarde après le coucher du soleil, pour qu'il ait grande chance d'être dévoré. J'ai beau donner les ordres les plus sévères pour que tous les travailleurs descendent à cinq heures, la nonchalance et le fatalisme des Indiens sont tels que je n'ai pas encore pu me faire obéir. Fort heureusement que ce versant est beaucoup moins dangereux que celui qui regarde Colombo.
— - J'en sais quelque chose*
— Comment cela?
— Amoudou a tué un tigre dans la nuit qui a précédé le jour de notre arrivée à Kaltna ; nous avons tellement été occupés depuis hier à causer de nous, de nos souvenirs, de la France, que )e n'avais pas songé à vous faire part de cette aventure...
— Joaquin ne vous a donc pas indiqué le bengalow de Tanie-Kalloo.
— Nous y avons passé une partie de la nuit; mais sur le matin ^ entendant les vagissements d'un chevreau, mon Nubien a deviné un piège des totahs-veddahs, et la curiosité a été plus forte que la prudence.
— Il est heureux que tout se soit bien passé, mais vous avez joué gros jeu. Traversez tant que vous voudrez nos montagnes en voiture, vous ne serez pas attaqué. A pied^ c^est différent; et bien que je connaisse toutes les passes et les lieux que les fauves fréquentent de préférence, je ne tenterais pas le pacage à moins d'absolue nécessité. Pendant trois ans je suis allé par cette route une fois par semaine à Co<^ lombo; ma voiture était toujours attelée avec des Tatous, des Nielguerries, qui, nés dans les Gaths,, ne s'eârayeat pas. de la présence du tigre, et je n'en ai jamais aperçu un seuL
— Vous me faites songer à une chose que^ la
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jofe de vous revoir m'avait fait complètement •oublier; nous avons ramassé un orphelin sur le ]i&x du combat»
. — Un jeune tigre?
— Précisément. Amoudon doit sans doute en |M?endre soin,,. A propos de mon Nubien^ «avez^ous ce qu'il £st devenu? Je ne Tai pas revu depuis mcm arrivée,
^-— N^ vous inquiétez pas de lui^ me répondit ax souriant mon ami ; le gaillard a retrouvé ici une vieille connaissaiK:e; il a fait transporter s:^ bagages dans la petite case de la belle, et j i crois bien que depuis hier soir il n'a guère été çn état de se présenter devant vous.,.
Tout était prêt pair le départ. Après avoir visité la plantation, nous devions aller à la chasse des hércms roses en remontant le cours du Kalloo, Le fusil en bandoulière nous nous nt)îmqs en selle, et, rendant les mains, nous partîmes dans la direaion des rizières, A cinq pas derrière nous, les deqx cavalères suivaient sans e£Eort le trot de nos jacntiires.
Qoe vous soyez à cheval ou en voituns, les Bohis, qui sont les premiers coureurs de l'Inde, suivent toujours les animaux dont ils ont la garde, quelle que soit leur aUure, Pendant la maison des moustiques, ils se tiennent en tête et chassent avec ua £ûsceau de çr'm^ ces pumdits
insectes qui se logent dans les yeux et les narines des chevaux. Je tenais par-dessus tout à visiter et à étudier les rizières, car le riz est la grande richesse de l'Inde, et c'est à peu près, avec les menus grains, Tunique nourriture des Indous.
Il n'est pas sans intérêt de voir comment cette précieuse graine est cultivée. Cela me permettra d'exposer ks causes de ces terribles famines qui désolent périodiquement cette immense contrée. Ces famines, inconnues à l'époque de la domination brahmanique, ont fait leur apparition avec la domination mogole, et atteint leur apogée sous le règne civilisateur de l'Angleterre.
Avant d'aborder le point spécial de ce débat, je vais emprunter les documents spéciaux relatifs à la culture, à M, Lamairesse, qui occupait les délicates et importantes fonctions d'ingénieur en chef des ponts et chaussées de l'Inde française à l'époque où j'étais-moi même conseiller auditeur à la cour d'appel de Pondichéry :
«On ne se figurerait que* très- imparfaitement la condition des Indous des diverses classes, si on n'avait une idée de leur agriculture, qui fait le fond de leur richesse et leur principale indus-
"trîe.
Le café, l'indigo, l'opium, la cailne à sucre^ le bétel, les arachides, sont cultivés sur une vaste échelle et donnent lieu à un commerce d'expor-^
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tation très-important; toutefois nous laisserons de côté ces cultures industrielles, dont la description serait trop longue, et nous parlerons seulement de la culture du riz et de celle des menus grains, qui forment à peu près exclusivement la nourriture de toute la population.
Les terres à riz se ^divisent, pour la culture, en deux catégories : terres en boue et terres en poussière. Les premières sont des terres grasses, essentiellement argileuses, se mettant en bouillie à Thumidité, et cultivées en boue, par conséquent ayant besoin d'être irriguées jusqu'à la récolte. Ce sont celles qui donnent le plus grand revenu net. Les terres en poussière sont des terres sèches, plus ou moins grasses, terreuses, soudeuses, friables et mêlées de sable. Elles ne sont pas ensemencées ni cultivées en boue. Elles sont toutes à simple récolte, tandis que les précédentes donnent deux récoltes quand Veau ne manque pas pour les irrigations.
Culture des terres en boue. — La première opération est le labourage. Pour une récolte d« nelly (i), il faut au moins cinq labours. Chaque labour consiste à passer la charrue sur le champ une fois en longueur, une fois en largeur. La