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CHAPITRE XIII

BKRGEPI — LE REPOS DOMimCA* — tA BBIIVE DES BALEIIVICS — LE «Us6r HAKSEATIQUEv — « PARLETZ-MOI DE LA HANSE » — LA VOIE FERHEE — UNB AVALANCHE

II dtait sept heures du soir lorsquel'Onon fit en sifflaot son entf^e dans le port de Bergen. On etit dit que la ville 6tait en f^te. Une foule d'hommes et de femmes en habit des dimanches se pressaient snr la jet^e; les navires et les chaloupes de pftehe, amarr^s dans le port, avaienthiss6 leurs pavilions, et les Equipages jouissaient^ eux aussi, du repos obligatoire du « Soendag ».

Chose triste k avouer pour nous, enfants delaFrance catholique, ce sont les pays protestants qui nous donnent I'exemple du respect et de rob6issance dus au grand commandement du Gr^ateur relatif aa repos dominical.

AUez k Londres, h Berlin, k Amsterdam, k Copenhague, k Stockholm, et vous verrez partout le Sunday, le Suntag, le Soendag scrupuleusement observe, tandis que chez nous, le diraanche, chantiers et ateliers, sont ouverts, usineset manufactures travaillent, sauf k chomer le lundi. II y a Ik comma une bravade nationale k Fendroit de Dieu qui nous fait s^vferement juger par les hommes mfimea.

Je sais bien que cette reflexion, 6mise ci haute voix dans le si6cle ot nous vivons, fera lever les 6paules k plus d'un libre-penseur, mais si j'^tais en presence de cet esprit fort, je lui dirais sans me facber : « Allez vous moquer publiquement de ce respect imprescriptible en Norw6ge, par exemple, et dans la population convaincue de cette nation, vous trouverez toujours un homme de foi pour vous repondre « qu'il est des choses dont on ne rit pas. »

Bergen est une ville de 47 000 ^mes, fort ancienne, extr^mement commergante et tr6s favoris^e du eiel. Le naturelgai, enjoue de ses bab.itants, frappe au premier abord et contraste singuli6^emenl

DE BERGEN A KHISTIANIA

avec le flegme cai-act^ristique de ceux du Nordlaad et des Loffodeu. On dirait que la douceur da climat local (1), la riehesse de la v^g^tatioa, influent ssr leur temperameBt, et qu'oblig6s k tine existence moins penible, ils sont plu& heurerax de pnir de la vie.

La cite primitive, batie sur no promontoire long et ^troit s'avaneant dans la mer, entre le Byfiord et le Huddefiord^ est deveniie d'epnis longtemps insuffisante. Des qmartiers neufs ont successive- Bient envabi toias lea terrains plats qui s'<5tendaient au sud-ouest, et les. souveaux venus, desesp^rant de trourer place auitour des lacs r^cemment endigu^s, se sont d^cid^s k escalader la montagne.

It faut vous dire que Bergen est entierement entour(5e de hauteurs plus on moins importantes, k tel point que Fancienne ville hans^atique, fiere du relief de son territoire, se dit volontiers, k t'instar de Rome : « La ville aux sept collines ; ses armoiries rappelJent, d'ailleurs, cette pretention.

Son port ou « vaagen » est bien achalaad^, ses boutiques sont superbes et merveilleusement approvisionn^es. Des magasins immenses, bondes de fonrnires, de poissons, d'hnile et de roo-ue, bordent ses quais. Bien que le monopole commercial cre^ par les Hans^ates, au profit de cette station, ait offieiellementdisparu depuis la fin du seizifeme sifeele, neanmoins, Bergen conserve le premier rang, parmi les autres ports norw^giens, pour la rente en gros de ees produits du Nordiland. lilglises, monuments, statues, rousees importants, hotels chers et pr^tentieux, gare de ebemin de fer, cbantiers de constructions, pare et squares bien entretenas, t^moignent de la prosperity eonstante de cette jolie ville.

Pottr bien juger de sa pbysionomie, il faut, le jour, gravir les escaliers qui conduisent an Fieldvei, longue promenade cre^e dans la montagne avec les 6conoffliies du Brcedevinssamlag (2). Del^, le regard s'^tend au loin par-dessus les toits rouges des maisons, sar les lacs, les lies, le port et la baute mer; il emirasse d'un sent cotip la cit(5 et ses environs.

(1) A Bergen, le thermom^tre descend rarement, dit-on, a 10 degres au-dessous ds *^ro, tandis que le Nordland subit des froids de 40 d 45 degrgs centigrades.

(2} En Norw^ge, c'est une soci(Std, nomiii(5e Broedevinssamlag, qui a le monopole de la venfe des spiritueux et liqueurs. L'eau-de-vie n'y est livr^e qu'a la bouteille dans des debits spSciaux et pea nombreux, par des agents de ladite society. Cette organisation a pour but de mettre un frein a I'ivrognerie qui avait pris des proportions inquietaiites

Le soir, au contraire, il convient de descendre sur les quais paralleles au Strandgaden (rue prinoipale), et de contempler les mille lumiferes qui scintillent dans la nuit sombre, aux fenetres des demeures invisibles etag^es sur les flancs escarpees du Floiefield. Cette vue rappelle etrangement celle d'Jildimbourg, k dix lieures du soir; d'ici, on croirait voir un coin de firmament constell6 d'etoiles.

Si jamais vous allez k Bergen, ne manquez pas de visiter les curieuses collections du museum d'histoire naturelle, quand cela ne serait que pour vous faire une id6e de ce que pouvaient etre les grands animaux antediluviens dont les especes ont disparu. Vous y verrez le squelette d'un veritable monslre capture en 1873 dans le Tii^lemarken (1) : je veux parler d'un c6tac6 qui ne mesure pas moins de trente metres de longueur et dont le cr4ne a plus de deux metres de largeur. Vous pouvez tenir pour certain qu'un homme de taille ordinaire se demenerait sans peine entre ses cotes et passerait debout sous sa colonne vertebrale.

C'etait bien le moins, n'est-ce pas? qu'aprfes vous avoir fait visiter « le pays des baleines », je vous pr^sentasse la reine des grands mammiferes marins.

Encore une recommandation, si vous le permettez : entrez done, avant de partir, dans le mus^e prive de M. Olsen; k n'en pas douter, vous serez regu par le propri6taire lui-m6me avec une bonne grace parfaite. Ses explications, fournies en presence des souvenirs du pass6, deviendront lumineuses et vous mettront k m6me de comprendre « de visu » ce qu'6tait encore un comptoir d'origine hanseatique aux xvii" et xviu' sifecles.

Dans les appartements « du temps », les meubles anciens, les ustensiles, patiemment recueillis, ontreprisleurplacepriraitive; vous verrez la chambre k couclier du maltre ou « patron », la niche du chien de garde ou « garpehund », les 6p6es, les gourdins des gardemagasins, leurs falots de ronde, le « staven » proprement dit, avec

dans ce pays. Les benefices nets de la soci6t6 sont employes 4 des travaux d'utilitfi publique.

Chose triste a constater pour I'honneur de I'humanitfi, des cabarets flottants se sont installes au large des c6tes norw(5giennes, en dehors de la mer territoriale, et ces batiments-guinguettes servent de rendez-vous a nombre de matelots et de pficheurs qui peuvent ainsi consommor beaucoup et a vil prix, a I'abri de tout contrfile et loin de toute ri^gie.

Voila bien une des preuves les plus frappantes de ringgniositS du vice!

i\) Region situ^e entre Kristiania et Bergon, au-dessous du 60° de latitude nord.

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son vieux cofFre-fort, ses balances k peser Tor, ses livres de caisse, en un mot tout ce qui constituait une maison de commerce- privi- Ugiie pour la vente du poisson, au temps de la ligue allemande.

En visitant cette collection unique en son , genre, vous vivrez. pendant une heure ou deux, dans un mondo disparu, et, maljrr^

vous, le souvenir du mus^e Plantin, d'Anvers, se pr^sentera par analogic k votre esprit (1).

Vous est-il parfois arrivt5, clier ami, au cours'de votre existence d'homme, de sentir tout k coup votre t6te envahie par un souvenir d'^colier, en vous trouvant brusquement face k face avec un nom iiistorique, une expression geographique quasi-oubli(5e? Je gagerais volontiers que vous avez ^prouv(5 cet etrange phenom^ne'de memoire, par lequel ma pauvre cervelle a et6 maintes fois torturee, pendant mes voyages. Tenez : en traversant le Catt(5gat, en passant aux Loffoden, par exemple, j'entendais une voix qui n'avait pas r^sonn^ depuis plus de vingt ans t\ mes oreilles s'ecrier sur un ton de commandement: « Vous, li-bas, qui bavardez avec votre voisin I...

(1) La Tille d'Anvers, en Belgique, conserve pr^cieusement, a litre de mus^e, la vieHle impTimerie foTid'fe par nos compatriotes tourangeaux, les Plantin-Moretus, avec ses presses, ses accessoires et son outillage complel des xvi« et xvh« iiect«s.

levez-vous, et dites-moi le nom aes d^troits qui s^parent la presqu'ile scandinave de celle de Jutland. » Du meme coup, je me voyaia r^pondant d'un air embarrass^, tout en frongant les sourcils, pour mieux articular ces noms barbares : « Le Skager-Rack, le Catt6gat, et le Sund! — C'est bien!... Et quel est I'archipel situ6 au nordouest de la premifere de ces deux presqu'iles ? — Le groupe d'lles des Loffoden ! — Cela suffit!... asseyez-vous!... Au suivantl... » — Je consens a etre « hach6 menu comme chair k pate » par qui me prouvei'a qu'au temps oii cela nous reporte, je pensais franchir un jour ce d^troit, visiter cet archipel, alors surtoul que je me repr6sentais le terrible Malslro3m leur voisin comme un gouffre b6ant et tournoyant, pret a avaler tous les navires assez imprudents pour I'approcher a raoins de cinquante iieues a la ronde. ' Eb bien! quand j'arrivai devant la porte de M. Olsen, j'entendis une autre voix, celle de notre professeur d'histoire, cette fois, qui me disait : « Pouvez-vous me citer quelques-unes des villes hanseatiques du Nord? » et je r^pondais : « Lubeck, Hambourg, Breme, Anvers, Amsterdam, Bergen... — C'est bien, continuait la voix; maisqu'etaitce que laLigae hans6atique? — La Ligue hans6atique... LaLiguehanseatiqae... c'etaient des AUemands qui se battaient pour avoir tout le commerce... — C'est cela et ce n'est pas cela, reprenait notre maitre d'un air ennuye... Asseyez-vous et 6coutez ce que je vais vous apprendre, car vous n'avez pas d'id^es nettes sur cette importante question :

« Vers le temps des Groisades, des pfelerins allemands, revenant de Terre Sainte, apprirent, chemin faisant, des Venitiens et G(5nois, la science du commerce (elle faisait k cette dpoque la fortune des villes Stabiles sur les cotes de I'Adriatique et de la M6diterranee). Ces hommes, frapp6s des avantages assures par le principe d'association a leurs confreres m6ridionaux, se promirent de I'utiliser k leur profit.

» Telle fut rorigine de la grande R^publique commerciale dont le pavilion flottait sur toutes les mers dfes le xm' siecle.

» Au xiv« siecle, cette institution, connue sous le non de Ligue hans^atique, 6tait maitresse de comptoirs innombrables 6tablis depuis Novgorod jusqu'i Seville, Messine et Naples, en passant par Anvers, Bruges, Dunkerque, Calais, Rouen, Saint-Malo, Bayonne, Lisbonne et Marseille.

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» Cette ligue reconnaissait Lubeck pour capitale, avait ses archives, son tr^sor, ses ambassadeurs, ses congres annuels, sa flotte et ses armies; elle poss^dait entre autres, des 1203, una colonic libre, au cceur meme de Londres. Ses repr^sentants auloris^s signaient des trait^s avec les rois, declaraient la guerre aux fitats qui cherchaient k s'afFranchir de sa domination, et posaient leurs conditions aux vaincus.

» A Bergen, en Norwege, la Ligue hans^atique comptait trois mille repr^sentants vivant dans une r^clusiou monastique, attendu que le mariage 6tait interdit aux membres de I'association, de peur qu'une alliance etrangere les amenatk abandonner ses statuts.

» Au xv° siecle, d'Angleterre, la Russie, laFlandre, jalouses de leur liberte, secouei'ent le joug qui leur 6tait impost; enfin, la guerre de Trente ans d^termina la ruine complete de cette institution et le traitf^ de Westphalie sanctionna officiellement sa dissolution (1648).

» Vous m'avez compris, n'est-ce pas ? Comme devoir, vous me terez le r6sum6 succinct de ce que je viens de dire, et aux prochains examens, nous verrons si vous m'avez ecout6 (1). »

Dois-je vous I'avouer, mon cher ami ?... J'avais grand besoin d'entendre de nouveau les enseignements de notre commun maitre pour m'y retrouver dans les statuts, r^glements et comptoirs de la Ligue hans^atique ! Que notre professeur daigne me pardonner cet avea d^pouille d'artifice, si ces lignes tombent jamais sous ses yeuxl

Grace k son expos6 rapide, je comprends maintenant la provenance de ces panoplies, la disposition de ces grandes maisous de bois du « quai des AUemands », j'y reconnais les d^pendances de I'antique « Garten » germanique (2), je sais ce qu'6taient ces magasins, ce « staven exterieur » oii mangeaient les ouvriers, ce « staven int6rieur » ou chambre d'hiver du « patron » et jusqu'k la petite porte secrete du fond de I'alcdve, qui... permettait de passer par-

(i) Encyclopedie du xix« siecle. RiSaumS de Tarticle du due de Valmy.

(2) Lea « Gartens » ^tant construits en bois, il 6tait interdit d'y fairs du feu et d'y user de liiminaire a flamme libre. Une ciiambre spiJciale et isolee dans les jardins servait de salle de riScreation , elle 6tait cliauff^e par des poeles enormes, autour desquels les ouvriers venaient passer la soir6e. C'est la aussi que se faisait la cuisine.

Dans les pieces d'ete du premier etage, oil les AUemands buvaient la bi'ere, les

fen^tres etaient barrees par une forte traverse de bois, principalement destinee (nous adit M. Olsen) a empecher les consommateurs fortement emus de tomber dans la ruelle 6troite qui s^parait les o Gartens ». Ces ruelles existent encore, et la traverse mobile est egalemcnt a sa place dans le sanctuaire consacrfi au culte du roi Gambrinus.

dessus la niche du matin, meme apr6s le couvre-feu, pendant que le vigilant gardien rodait sur las quais, pret k arreter au passage les voleurs... de ce temps-la (car nous savons que I'espece des larrons n'existe plus en Norwege !).

De Bergen part I'unique voie ferrde construite sur le littoral norwegien, dans I'immense 6tendue de pays comprise entre Stavanger et Trondjhem.

Cette ligne de cent huit kilometres est pour ainsi dire incrustde, sur la plus grande longueur de son parcours, dans la haute muraille de rochers qui horde le Soerefiord et I'Osterfiord. Elle passe sur des cascades sans nombre, traverse trente-huit tunnels, k la sortie desquels la nature nous menage des surprises varif5es, franchit sur des ouvrages d'art des vallees et des rivieres et arrive enfin, par des sites tour a tour grandioses ou charmants, k I'important village de Vossevangen, ou elle s'arrete brusquement jusqu'a ce jour.

G'est ici que nous avons failli disparaitre dans une avalanche... de touristes anglais, et c'est k cet Episode que j'ai fait allusion dans une de mes pr^cedentes letlres (1).

Je regrette de ne pouvoir vous dire si c'(5tait I'agence Cook ou I'agence Bennett qui s'etait chargi^e de promene? k travers la Norwege cette colonie anglo-saxonne ; toujours est-il qu'une pareille entreprise fait honneur a celui qui peut se dire capable de I'organiser.

Nous 6tions entr6s avec nos bagages k I'hotel Flescher, ot nous comptions prendre notre repas; tout k coup un bruit Strange se fit entendre : c'(5tait ua brouhaha rappelant celui qu'on pergoit au theatre, quelques secondes apres que I'officier des gardes s'est 6cn6 : « Entendez-vous, sire ? le peuple murmure ! »

Que se passait-il done ? Les paisibles populations de ces montagnes allaient-elles se soulever ? Quelque catastrophe s'^tait-elle produite ? Nous en etions encore k chercher la cause de ce remuement quand un d^tachement de quaraate-six touristes (!) fit irruption dans la salle k manger. Dans le nombre, il y en avait de grands, de petits, de gros, de maigres, il y avait m6me des « Ladies » ! Tout ce monde t^tait coiff^ de casquettes de drap h double visi^re, chausstS de bas de laine et de gros souliers, emraitoufl^ dans des

1) Cliapitre IX.

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piaids, des « carricks », des cache-nez ; chacun pr^tendait souper au plus vite.

Du coup, nous fumes oublies dans notre coin et le peloton d'amazones de service, aux corsages rouges et aux nattes blondes (c'estk-dire en tenue de parade), command^ par le patron de I'etablissement en personne, recut I'ordre de s'occuper exclusivement de ces gros clients.

II parait que tout etait pret pour recevoir ces nombreux botes et la population entiere de Vossevangen attendait de pied ferme ses pacifiques envahisseurs pour les « absorber » dans ses chalets, ou des lits avaient 6te retenus k I'avance k leur intention.

Ouand il s'agit de partir le lendemain matin, cc lut bien autre chose; chevaux, karriols et stolkjoerres encombraient la rue du village. Touristes, cochers, botes, interpretes, porteurs de bagages, s'appelaient, se croisaient, se bousculaienl, tandis qu'en purs Norw^giens qu'ils sont, les curieux du cru regardaient impassibles tous ces affol^s.

Pour que la fete fut complete, la pluie s'etait mise de la partie, et ces gens grognons, mal eveill^s, ddployaient leur « water-proofs ». ouvraient leurs parapluies en maugr6ant conlre ce temps de chien!

— Eh bien! pour une caravane, celle-la peut compter! dis-je h noire hotesse, lorsque le calme se fut r^tabli, je veux dire quand la horde eut disparu.

— Monsieur n'en a vu que la rnoiti^, me repondit-elle. II y en avail au moins autant k I'hotel Dykesten, car on nous en avait annonc^ cent cinquante!

fividemment, elle parlait de ces touristes comme d'un produit exploitable au cent ou k la douzaine ; on eut dit qu'il s'agissait de saumons, de barengs, de... que sais-je encore?

— Et quelle direction prennent ces excursionnistes? ajoutai-je d'un air ixiquiet.

— lis remontent vers Gudvangen, monsieur.

— Sauves, men Dieu! m'ecriai-je, nous descendons sur Eide!

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