L ASCEA'SEUR DU QUARTIER DE « MOSEBAKE » A STOCKHOLM
heures environ. Le pays qu'ils traversent est faiblement accident^, si Ton veut le comparer au Hardanger et au Nordland; il est bios6 comme la Sologne avantla ge\6e, coup6 de lacs de toute importance, parfois grands comme un etang, d'autres fois vastes comme una
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DE KRISTIANIA A STOCKHOLM
1. AMALIENBORG — 2. LA TOUB DE COPENHAGUB — 3. LA BOURSB L'eGLISE SAINI-GHARLES ET LE VASE DS PORPHYHE
mer (1), sillonn^ de canaux, peupl^ de villages, de hameaux, d'usines et de m^tairies.
La capilale suedoise est une ville superbe, de 215000 habitants,
()) Le lac Vetlcr, sis i 88 mitres au-dessus du niveau de la Baltique, a 130 kilometres de long sur 20 kilonielres de large, soit I 898 kilometres carr^s de superficie et 120 metres
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sise entre le lac Maelar et le SaltsjcBn ou Lac said, longue baie dependante de la mer Baltique. II serait difficile de vanter les Edifices de cette reine des cites septentrionales ; elle doit sa reputation au site merveilleux dans lequel elle est batie. Quelques narrateurs ont compart Stockholm k Venise, k cause de ses canaux multiples et de ses innombrables embarcations ; d'autres ont ddclard qu'elle 6tait sceur de Geneve en raison de ses quais, de ses ponts, de son Stromparterren, qui rappelle I'ile de Rousseau. A ce compte-la, il faudrait encore la rapprocher de Rotterdam, d'Amsterdam, de Hambourg, enfin des nombreuses cit6s dont les grandes constructions, assises au bord des eaux deuces ou salves, poss6dent des ports, des canaux et de jolis environs.
Pour ma part, je serais bien embarrass^ de Idgitimer toutes ces comparaisons, je me contente d'appeler Maelar, le lac Maelar, et Stockholm, une s6duisante capitale.
Quant k vous dire lout ce que j'ai lrouv6 d'intdressant dans cette royale residence, cela me serait, k la rigueur, possible, mais il y a un moyen plus rapide de vous satisfaire, c'est de vous presenter mon guide ouvert k la page 68, et de vous mettre ces lignes sous les yeux.
« Stockholm. — Principales curiositds : Mus6e national et du Nord, Palais-Royal, ^glise de Riddarholm, jardin de Mosebacke, promenades du Skeppsholmen et du Djurgaden. »
Cette r6ponse ne vous satisfait pas, j'entends bien, et vous auriez le d6sir de connaitre au moins ce qui m'a frapp6 par-dessus tout; aliens!... je m'exdcute.
On demandait un jour k un Frangais revenant de Suisse ce qu'il avait trouv6 de plus remarquable au pays de Guillaume Tell.
Apres avoir murement r6fl6chi, d'un air connaisseur et convaincu, notre compatriote rdpondit en clignant des yeux : « J'y ai mang6 des petils paitis mollets agrdment^s de miel et de beurre, qui 6taient exquisl »
Je ne vous feral pas la m6me r^ponse au sujet de la capitale de la Sufede; mais je vous dirai franchement : « Ce qui m'y a le plus
de profondeur. Selon la croyance populaire, il communique avec le lac de Constance et avec la mer Noire. II est relie au lac Venner par des canau.'c. (Bicdeker, Guide en Suede et Norw'cge, p. 23.)
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frapp^ aprfes le grand ascenseur (1) et sa terrasse-restaurant d'-ou la vue s'6tend sur le port, les quais, les rues et les environs : c'est h coup sur le donjon tel(^phonique qui lui fait vis-a-vis. «
D'autres vous parleront du Palais-Royal, de sa merveilleuse collection de tapisseries des Gobelins, du belvedere, de I'arsenal, du grand-hotel, du palais equestre, du nouveau cirque ; j'en tiens,' moi, pour ce monument original et disgracieux, c'est bien mon droit' n'est-ce pas ? Et d'ailleurs, cela ne m'empeche pas d'admirer le beau partout oii il se trouve. Oh ! ce donjon t^lephonique, je le vols encore, 1^, devant moi, dressant sa masse ajouree comme un morceau de tour Eififel tombe du ciel au milieu d'un pate de maisons.
Imaginez-vous une haute tour carr^e comme celle de Beaugency, construite en traverses de fer boulonnees les unes sur les aiitres,' cercl6e d'innombrables bandes mtJtalliques sur lesquelles sont alignes des supports de porcelaine semblables k ceux des poteaux telegraphiques. Des quatre faces de ce monument par trop moderne partent des paquets de fils si serres les uns contre les autres, qu'ils obscurcissent le ciel k dix metres k la ronde.
Ges faisceaux s'^lancent vers les quatre points cardinaux, s'eparpillent peu k peu comme les tendeurs d'une immense toile d'araign^e et relient entre eux les quartiers les plus excentriques.
Si cela continue, dans vingt ans, rabonnement tel(5phonique aura pris de telles proportions, les lignes a^riennes seront devenues si nombreuses, que Stockholm aura Fair d'un gigantesque caf6-concert install^ sous une tonnelle depourvue de sa verdoyante parure de vigne-vierge et de houblon.
En attendant, la Compagnie fait ses frais, abaisse ses tarifs, prend une extension considerable et rend les services les plus signali^s.
Avez-vous quelquefois reflechi aux inconvenients du telephone k outrance ? Non ? Eh bien ! laissez-moi vous indiquer un des plus scrieux. Quand tout le monde aura son « poste complet », ii deviendra absolument impertinent de se presenter au domicile des gens absents chez lesquels on ne veut laisser qu'une simple carte. La civilite puerile et honnete du xx" siecle nous menage, soyez en sfir, nn article ainsi conju : « II est souverainement impoli de se presenter
(1) Cet ascenseur 6norme hisse chaque jour, moyennant cinq ceres par IHe, pUisieurs ccntainosde voyageurs jusqu'au faubourg eleve, nomme Sodermalm.
chezune personne h laquelle on doit respect ou deference, sans avoir pr^alablement t^l^phon^ pour savoir si elle est ou non s^ante en son domicile. »
Adieu les visites dites de politesse ! civilisation, ce sont Ik do
tes coups !
11 y a pourtant autre chose que ce donjon t616phonique dans la belle capitale du roi Oscar.
Comment ne pas vous parler des musses splendides, bond6s de collections precieuses, confines aux soins de directeurs aussi savants qu'aimables (1) ?
Dans ces palais des arts et des sciences, vous 6pelez sans peine I'histoire de I'homme a travers les siecles ; vous le prenez k I'^tat sauvage, et vous le suivez pas k pas dans ses transformations successives, jusqu'au developpement complet de son intelligence.
Du silex eclats aux 6maux cloisonnes, du hanap primitif en cornes . de boeuf aux calices d'or et d'argent cisel^s, du vetement en peau de renne aux robes de damas broch(5, que d'6tapes parcourues, que de conquetes r6alis6es !
Ce n'est pas tout encore ; mais dans ces musses enrichis de merveilles savamment class^es, vous suivez sans 'peine les migrations des peuples ; vous trouvez les preuves mat^rielles de leurs luttes pour I'independance nationale, des d6faites qu'ils ont subies, des concessions qu'ils ont du faire k leurs vainqueurs, et des aventures extraordinaires qu'ils ont courues.
Prenons des exemples: ici, vous admirez des parures trouvees dans les sepultures les plus anciennes du pays. Au collier de ce grand chef, mort il y a pr&s de deux mille ans, est suspendue, k la maniere d'un joyau d'ambre, une coquille de la mer des Indes!
Lk, une collection de monnaies romaines, trouvees dans le sol meme, t^moigne des relations inexpliqu6es et continues de ces barbares ind6pendants avec les maitres de I'univers.
Au mus6e du Nord, vous p6n(5trez tour k tour dans les interieurs les plus divers : vous visitez la tente du Lapon, le chalet du Th61^marken, le sseter des fields norw^giens, I'habitation du mineur
(1) Je dois rendre ici un public hommage de reconnaissance a M. Hans Hildebrand, conservateur du Musfie national, ct a M. le D-' Ilazglius, conservateur de celui du Nord, dont la complaisance sans bornes nous a permis de proCter largement de notre visite aux collections dont ils ont la garde.
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su^dois, etc. Sous vos yeux s'^alent les bijoux, les ustensiles, les vetements, les outils, les engins de chasse et de peche, fabriques au cours des derniers si^cles dans les provinces les plus distantes de la Scandinavie (1).
Pour compl(iter le tableau de ces installations incomparables, je vous dirai que I'administration a pris soin de confier la surveillance de chaque salle k de jeunes paysannes revetues de leurs costumes nationaux.
La tenue irreprocliable de ces gardiennes, pleines d'intelligence et d'activite, fait honneur k ceux-la memes qui les ont choisies.
Vous devez etre bien surpris en m'entendant parler des postes difficiles confies k de faibles creatures, livr^es k elles-memes au milieu d'un monde de visiteurs inconnus; mais il faut que vous sachiez qu'en Su6de et en Norwfege, I'education de la femme est bien differente de celle qu'on lui donne chez nous.
Dans ces pays aux moeurs severes, la jeune fiUe est assur^e d'un respect qu'elle saurait imposer au besoin. Ella voyage seule, circule librement, accepte des emplois dans les administrations postales, t^legraphiques, dans les gares de chemin de fer, dans les bibliotli^ques, partout enfin oii le travail intellectuel suffit k assurer un moyen d'existence honacte. On sent qu'elle a conscience de sa dignity et de la force morale que lui donne sa faiblesse naturelle.
Je vous ai parI6 de la ville de Stockholm; mais je voudrais pouvoir vous entretenir de ses environs merveilleux. Le lac Maelar et le Saltsjcen sont Ik tout pres, sillonnes par des embarcations rapides qui desservent les mille villas, dissemin(ies dans les iles boisees, perdues dans la verdure de leurs rives pittoresques. Je voudrais vous guider dans les pares des residences royales de Garlberg, d'Waga, d'Ulriksdal, vous entrainer sous les arbres seculaires du Djurgarden, et vous inviter k venir vous reposer dans les jardins fleuris de Tivoli; mais il nous faut partir, et tandis que de toutes parts les promeneurs se dirigent vers les concerts repartis dans les divers squares du centre de la ville, nous allons rallier la gare et y demander le train de Malmoe.
(1) Consulter la brochure publige en franpais par M. J.-H. Kramer ct intituMe : Le Musee d'Ethnographie scandinave A Stockholm, par le D' Arthur Hazfilius. On y verra pourquoi cette belle organisation valut a son directeur dgvouS le grand dipI6me d'honneur a I'Exposition universelle de Paris, en 1878 (Stockholm P. A. Norstedt et Soner, 1879).
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