ELSNEUR RETOUR A PARIS PAR KIEL ET COLOGNE
Malmoe, I'une des cit^s les plusimportantes de la Su6de, a eu ses heures de revers et de prosperity. Au moyen age, elle occupa le premier rang parmi les villes de la Ligue hans^atique du Sand (I) ; mais aux xvi" et xvii" siecles, les guerres, la concurrence 6lrangere, la diminution du produit de la peche aux harengs, source de sa fortune, la reduisirent consid^rablement; elle finit par tomber au point de ne plus compter que 2 000 ames. Enfin, au xviii" siecle, Frans Suell, en conslruisant son port, lui rendit en partie sa pi-omiere importance.
Le chef-lieu de la Scanie abrite aujourd'hui 44 500 habitants; il est relie a Stockholm par une voie ferr^e de 618 kilometres, que les express parcourent en quatorze heures et demie.
C'est ici que d6barquent, en grande majorit6, les passagers frangais, allemands, danois, k destination de la capitale su6doise, et que s'embarquent les touristes de ces divers pays rentrant dans leurs foyers. Un service journalier de bateaux k vapeur, 6tabli entre le port de Malmoe et celui de Copenhague, perinet d'effectuer la traversee du Sund en deux heures et demie. Inutile de vous dire qu'on ne perd pas un seul instant la terre de vue, sur ce d^troit sillonntS par un grand nombre de voiliers et de steamers qui font leur entree dans la Baltique ou gagnent la mer du Nord.
(1) Je tiens a honneur de dire que j'emprunte ces renseignements, et beaucoup d'autres donnes dans ces lettres, au Manuel du voyageur redig^ pap Baedeker, et publii5 a Paris chez Ollendorff, en 1886. D'autre part, j'ai da, a rexemple de I'auteur du Guide en Suede, dcmander a quelques ^crivains speciaux, comme Elis^e Reclus, les documents authentiqucs que je fournis dans ces lettres.
DE STOCiaiOLM A PARIS
A peine les contours des rives de Suede ont-ils perdu de leur nettete derriere le rideau de brume de I'liorizon, que deja nous distinguons clairement les premieres batteries danoises, dont les glacis verdoyants s'^Ievent discretement au-dessus des flots. Derriere cet abri dorment silencieuses les enormes pieces d'acier, pretes k (Clever la voix pour crier : « Halte-Ia ! On ne passe pas! » k la. flotte ennemie qui aurait eu la bonne fortune d'ecliapper comme par miracle k la Flaggenbatterie d'Helsingojr.
Le Haeven, apr^s avoir laiss6 h babord I'ile de Salthom, s'engage entre les deux forts de Trekroner et de Provesten, et bientot son
DEiaOlT DE SUND
pavilion rouge, k croix blanche, se reflate dans les eaux calmes de ia rade.
Nous defilons comme un vaisseau-amiral devant la flotte entiere, dont les navires blind^s, les torpilleurs, les pontons-casernes, sont amarr^s derrifere les grandes estacades de bois de I'arsenal maritime.
Voici maintenant le port de commerce avec ses quais spacieux, bordes d'une part de hautes maisons, encombr^s de I'autre de b^timents de toutes dimensions. Les douaniers se prominent de long en large sur les dalles us6es, comme un chemin de ronde jalonne par les bornes de fer auxquelles s'amarrent les steamers.
II ne nous reste plus qu'k faire marquer h la craie nos colis et k chercher notre hoteL
Les commissionnaires, les portiers, les logeurs, nous pressent, nous entourenl, oas font, en louteslangues, leurs offres de service : Hotel d'Angleterre, monsieur? — Kongen of Lanemarck? Phenix- Hotel, gentlemen? National Hdtel, mein her? Par ici pour I'liotel Central!... Ces messieurs d6sirent-ils un logement garni, tout pres
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