Ou l'a désigne ainsi sur la liste des prix
lique », et il me le rappelle. M. Hanemann est rédacteur de la Gazette allemande de Moscou; il nous a exposé tout au long la nature, l'origine et la portée de l'alliance des trois empereurs, et il a terminé sa harangue, au milieu des applaudissement frénétiques des auditeurs, en assurant l'Allemagne que « cette alliance est une garantie de paix; qu'elle est la digue la plus solide contre les ardeurs de revanche dont on brûle à l'Ouest ».
— Vous avez parlé de « basilique » ; il n'y en a pas à Stuttgard, que je sache, fit la dame.
— La « basilique », répondit le tireur, c'est le restaurant; on lui a donné ce nom parce qu'il a été construit sur le plan d'une église gothique, avec trois nefs de trois cent cinquante pieds de long et de cent quarante de large. A la place de la rosace, on avait mis un immense transparent de la Germania, foulant aux pieds des drapeaux français et distribuant des couronnes aux tireurs, ses nobles enfants. La cuisine, qui était installée derrière, était plus belle à voir, je vous le jure, que le musée de Dresde : j'ai compté vingt chaudières où cuisaient de la soupe, des pommes de terre, des épinards, et vingt fourneaux où l'on rôtissait des quarts de bœuf. C'était épique. Moi, qui fréquente tous les tirs depuis 1848, je n'ai jamais rien vu de pareil. La fête s'est terminée par des tableaux vivants. Quand on a donné le Couronnement de l'empereur à Versailles, tout le monde s'est cru transporté dans l'ancienne résidence des rois de France. Un vétéran de 1870, emporté par l'enthousiasme, est sorti pour courir au télégraphe, et a envoyé cette dépêche expressive à Sa Majesté, à Berlin : « Salut et poignée de main ' » !
L'arrivée du train à Worms interrompit fort malencontreusement cette conversation. En quittant la gare, j'entendis le perroquet qui criait encore, à la grande joie des voyageurs et des naturels du pays : « Bismarck ! Bismarck ! — Ane-mann ! Ane-mann ! »
Si les tirs allemands ont leur côté burlesque, comme toute chose en ce monde, ils ont cependant leur côté sérieux; ces tirs contribuent à entretenir l'esprit guerrier de la nation et la forment aux exercices virils. Ils devraient être pratiqués sur une échelle beaucoup plus vaste en France. Pourquoi n'imite-t-on pas la section centrale de Berlin, qui met gratuitement un certain nombre d'armes à la disposition de ceux qui n'ont pas le moyen d'avoir leur propre carabine ?
Le premier tir fédéral allemand eut lieu en 1848 ; on en fit un prétexte pour donner libre cours aux aspirations républicaines qui se manifestaient alors en Allemagne. Les discours les plus incendiaires partirent de la tribune, et les gouvernements jugèrent prudent de fermer les écluses de ces torrents