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CHAPITRE XVI

frange!

Sommaire : Cette pauvre Junon ! — Par-dessus les tours du Trocadéro. — Notre-Dame de Ratapoil. — Vous souvient-il de la collection du tailleur? — Qui va à la chasse,.. — Une . bataille de généraux? — Et la France les applaudit. — Venus et venants. — Avons-nous une école française? — Oui, la vie aura raison de la mort. — A la façon très-connue du célèbre Ugolin. — La gloire de Sainte-Pétronille, sans oublier celle du frère Alphonse. — Plus la tête et moins la main. — Tout cela, n’était-ce donc rien? — Histoire d’un Congrès manqué. — Où s’en est allée la foi profonde? — ^ Gare au prochain Derby !

Ayant fait le tour du monde, et, rapatriés sans encombre, en cela plus heureux que les voyageurs de cette Junon armée tout dernièrement par une société de capitalistes étonnants et circumterrestres,. il nous reste à faire, si je ne me trompe, un tour de France. Pas bien long, pour vingt causes.

La France déjà occupe le premier tiers du volume, et puis, s’il ne nous a lâché à mi-chemin, le lecteur est fatigué. Raisons très-suffisantes. Enfin, après trois années de F oyage au pays des peintres, nous reste-t-il grand’chose à dire de bien neuf sur la plupart des œuvres exposées dans le Salon français ?

Notre exposition française^ au demeurant, ne fut point un si merveilleux triomphe. Quiconque se souvient de l’éblouissement de 1855 a pu, en 1878,

mesurer^ le recul très-sérieux de l’art français, si visible déjà en 1867, et le mal profond que lui causa, comme à notre littérature, l’abrutissement, le vautrement du second empire.

Aussi ne nous attarderons-nous point, servant imbécile d’un chauvinisme byzantin, à clamer pardessus les tours du Trocadéro nos victoires et conquêtes, médiocres et contestables. Les heures sont passées d’un si déplorable errement, qui d’ailleurs ne fut jamais nôtre. Patriote clairvoyant, nous nous attacherions bien plutôt à dénombrer nos faiblesses que nos vertus. Dénombrement, hélas! trop homérique et dont le temps nous manque. Mais de toute notre conscience opportunément réveillée, nous rappellerons, nous pousserons la campagne par nous entamée, il y a trois ans, contre l’École, la Doctrine, la servitude, pour l’émancipation définitive, économique et morale de nos artistes français.

Aussi bieUj une leçon leur est venue, en cette année propice, une leçon telle, qu’on ne la saurait par pitié souhaiter plus éclatante, ni plus dure. Une preuve nous a été fournie d’en haut, une de ces preuves que dans la mathématique on nomme : démonstrations par l’absurde. Elle souligne d’un trait formidable nos arguments, et les éclaire d’une trop vive lumière. Que notre logique s’en arme, soit, mai^ notre fierté nationale s’en afflige. Une administration pour le moins inepte , résidu jusqu’alors inattaqué , survivance acharnée du Bas-Empire, toute confite enlSotre-Dame de Ratapoil, un jury aussi soigneusement trié que possible sur le volet monarchique et clérical, menèrent

VOYAGE

les choses de telle et si indécente façon, qu jen plein Paris, à l’Exposition internationale de France, l’organisation des beaux-arts français demeura pour la France une déception, presqu’une honte. Une partialité, un arbitraire quasiment cyniques présidèrent à l’admission, puis au rangement des œuvres. Au moment même où s’ouvrait l’universel concours, ce n’était point le Champ-de-Mars, mais, à l’Hôtel des ventes, la collection d’un ancien tailleur qui offrait aux étrangers un ensemble harmonieux et complet de l’Ecole française. Quelques semaines durant, et jusqu’à la veille même de l’Exposition, nos sculpteurs purent croire que leurs œuvres, le plus clair peut-être de notre fortune artistique, orneraient les couloirs, ou, qui sait? les chalets de nécessité du palais international. De son propre aveu, perdant la tête, et manquant de bras comme une simple agriculture, la Direction des Beaux- Arts avait dû retarder de vingt-cinq jours l’ouverture du Salon annuel, sans que ce retard profitât le moindrement à l’Exposition française du Champ-de-Mars, mal ordonnée, mal éclairée

Et mal composée. Certes, l’on y retrouvait bien des œuvres de talent ; mais on les comptait, ces œuvreslà, trop facilement, et moins facilement on comptait les absentes, glorieuses ou seulement célèbres, qui commencèrent en ,ces dernières années ou consacrèrent les réputations de leurs auteurs.

La place avait été chichement mesurée aux vaillants, largement distribuée aux médiocres. Sous le prétexte odieux, commode, ridicule et illégal de son équipée communarde, si lointaine, expiée par tant de persécu-

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