‹ Voyage au YunnanChapitre 5 sur 12 · COSTUMES DES FEMMES LOLOS · texte numérisé non relu

COSTUMES DES FEMMES LOLOS

Environs de Hsi-Hsing-tcheou.

étape., La plaine qui entoure ce village est d'une terre très légère argilo-sableuse, mêlée de tuf roulé, condition très favorable à la culture des pommes de terre et de tous les légumes en général. Aussi, toute la région semble-t-elle un grand potager.

Le voisinage des mines de Ko-tié-ou, où les mineurs ne peuvent cultiver les légumes sur les flancs arides de la montagne, explique l'abondance et la prospérité de ces cultures maraîchères.

A sept heures du soir, nous arrivons à Tsi-kay. A quelques lis (i) de distance se trouve le petit village mahométan de Cha-tien ; je ne me détourne pas de ma route pour aller visiter ce centre peu important et qui est connu d'ailleurs des fonctionnaires de Mone-tse. Avec les villag-es de Ta-toum et de Tatchouan, c'est tout ce qui reste des importantes colonies musulmanes qui s'étaient fixées dans le pays depuis des siècles, mais qui furent anéanties lorsque prit fin la terrible révolte qui, pendant dixhuit années, ensanglanta le Yunnan.

A Ta-toum, un seul mahométan survit, gardien de la mosquée. A Ta-tchouan, une poignée de pasteurs et de bouchers; enfin, à Cha-tien, quelques familles fournissant un maigre contingent de soldats et de mandarins militaires.

Il serait au moins imprudent de généraliser une étude sommaire de ces quelques pauvres diables pour se faire une opinion sur les mahométansdu Yunnan, et c'est malheureusement ce qui a été un peu fait

(i) Mesure de distance usitée en Chine, environ 500 mètres.

dans certains milieux officiels. Mais, passons. A la vérité, sur cette question musulmane comme sur tant d'autres, une grande obscurité planait.

Pour la première fois, nous tâtons d'une vraie auberge chinoise. On ne peut rien imaginer de plus inconfortable, de plus inhospitalier et de plus sale.

Les écuries, véritables cloaques où nos pauvres animaux sont enlizés souvent jusqu'au poitrail, dans un fumier vaseux et fétide; les cuisines, antres enfumés et graillonneux dont la seule vue donne la nausée ; les chambres, réduits obscurs, garnis de fenêtres à petits carreaux recouvertsde papier transparent.

Dans les chambres, de nombreux lits, simples tréteaux supportant des planches que recouvrent d'épaisses nattesde paille tressée, où puces, punaises et le reste attendent leur proie quotidienne. Il s'agit, pour l'aubergiste, de pouvoir fournir le gîte au plus grand nombre possible de dormeurs.

Pour nous, ce sera tous les jours la même corvée ; faire enlever toutes ces nattes et ces planches, toute cette literie immonde, pour faire chambre nette et, .sur le sol battu, aussi loin que possible des murailles noires de fumée et infestéesde vermine, faire dresser nos lits de camp.

Ces préparatifs se font, chaque jour, au milieu d'une foule de curieux venus des quatre coins du village pour voir les « étrangers » et, chaque jour, nous poussons un soupir de satisfaction quand, le petit emménagement terminé, nous pouvons fermer notre porte au nez des curieux.

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