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F. Pedro da Santissima Trindade fut le premier prêtre et le premier Européen qui s'établit à Zumbo et x planta l'arbre sacré de l'Évangile.
La croix à la main, la foi et les vertus dans l’âme, possédant en outre, comme saint François-Xavier, une foule de remèdes pour les maux du corps et ceux de l’âme, il fit un nombre prodigieux de prosélytes, qu’il tira de l’état de barbarie pour les asseoir sur le giron de l'Église catholique.
Apparu comme par miracle, mais, d’après la tradition, venu de Sofala, il se fixa d’abord chez les Dandes où il bâtit à ses frais une petite chapelle dans laquelle il accomplit les devoirs religieux de sa sainte profession.
Cependant, persécuté par les princes de ce pays qui venaient jusqu'à l'autel l’importuner de toutes sortes d’exigences, il se rendit à Zumbo, où sa piété el ses vertus le rendirent bientôt célèbre et lui procurèrent les bonnes grâces du roi Masombuë, maïitre du pays, qui autorisa ce saint prêtre à se reposer de ses fatigues el à remplir les offices de son ministère. Il y employa tout son zèle et son énergie. Frère Pedro est donc un apôtre, et la manière dont il fonda la ville de Zumbo mériterait d’être racontée par un écrivain plus exercé que moi. |
Une terrible famine étant venue désoler le pays de Senga, voisin de Zumbo, F. Pedro fit dire à tous ceux qui voulaient échapper au fléau de venir l’aider à bâtir une église et un couvent et qu'ils seraient nourris, car il avait des vivres en quantité. À la voix d’un tel homme, tout le
monde accourut ; aussitôt s’élevèrent des bâtiments considérables, comme les ruines le prouvent encore aujourd'hui.
De là vient le nom de Comanhundo (*) que lui donnèrent les naturels en souvenir de ce qu’il leur avait sauvé la vie en les faisant travailler avec le marteau. Il est sous cette appellation en grande vénération dans le pays, au point que les habitants admettent comme une vérité évangélique l’incarnation de son esprit immortel dans le corps d’un lion ; et il n’est pas rare encore aujourd’hui que le Moanamambo me transmette des déclarations que lui a inspirées le bon Frère pour la direction de mes affaires adminisiratives.
À la nouvelle de la création de cet établissement et des richesses que promettait le pays, le commerce afflua de tous côtés; à la demande du Frère et aussi parce qu’ils entrevoyaient un brillant avenir, les agents s’établirent à Zumbo et donnèrent à cette ville une telle importance qu'après un siècle d'abandon on y trouve encore des murailles et des maisons presque entières. Telle fut la sa-
gesse qui présida à la fondation de Zumbo.