NILE
Les Uarenjes sont peu entreprenants : ils cultivent à peine le nécessaire ; sans industrie aucune, ils achètent tout à l'étranger. Malgré un sol riche et fertile, des champs au moins aussi étendus que ceux de Chédina, l'agriculture languit chez eux par suite de l’absence des instruments de labour et surtout à cause de l’apathie et de l’inconstance des naturels. Paresseux comme tous les Cafres, ils ne donnent pas à la terre tous les soins qu’elle demande; aussi souffrent-ils souvent de la disette, quand la saison n’est pas favorable. Le maïs, les haricots, quelques amandes, le riz, le tabac et la patate douce sont les plantes qu'ils cultivent et qui viennent du reste admirablement dans le pays. Celui-ci produit aussi du fer très abondamment et de la meilleure qualité que l’on connaisse. Les naturels l’emploient pour les bêches, les zagaies, les couteaux, les bracelets et d’autres ornements ; mais tous ces objets sont confectionnés par des artisans étrangers et d'une facon grossière. [ls savent cependant faire des pipes comme celles d'Europe, et leur donnent le nom de Fumbas. Les hommes aussi bien que les femmes vont complètement nus, comme à l’origine du monde, enroulant seulement autour de leur ceinture de grosses cordes de verroteries blanches et couleur de brique (appelées Magangueja) et ne semblent guère se soucier d’une facon plus décente de se présenter en public. |
Lâäches dans toute l’acception du moi, ils redoutent autant les armes à feu que les Indiens de la tribu Paparica, à Bahia, lescraignaient à l’époque de la découverte du Brésil. Ayant entendu la détonation du fusil de Joao Fernandes Corréa, ils s'étaient jetés tous à terre et ce n’est qu'après force prière qu'on put les faireleveret leur faire voir qu'ils métaient pas morts. [ls sont assez bien tournés ; malheureusement ils ont la déplorable coutume de s’arracher les
dents incisives en haut et en bas, ce quiles défigure affreusement quand ils parlent ou quand ils rient,.
Pour le mariage, les Uarenjes observent le cérémonial suivant : aussitôt l’affaire conclue et les fiancés (Dumbzes) d'accord, l’homme attend la femme dans sa case. Celle-ci arrive, suivie d’un nombreux cortège etau milieu d’untintamarre infernal ; elle est vêtue comme quand elle est venue au monde et porte tout simplement des chapelets de verroteries au cou, à la ceinture, aux bras, aux jambes et à la tête; devant elle danse un grand garçon, également vêtu comme nos premiers parents, qui tantôt s'approche, tantôt se recule, comme pour la préparer à la rencontre de son mari. Le père ou le maître de la fiancée donne un dîner à tous les convives, après lequel celle-ci est conduite dans la case de son mari et devient alors l’esclave d’un maître absolu, qui a sur elle droit de vie et de mort.