‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 103 sur 211 · Dell Jud., v, lit, î · texte numérisé non relu

Dell Jud., v, lit, î

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 325 substance, est d'une précision très-palpable, lorsqu'on veut bien les examiner en militaire et se rendre compte des premières opérations qu'un capitaine quelconque ordonnerait, même maintenant, en se présentant devant Jérusalem, s'il avait à faire le siège de cette place. Il est donc incontestable que le terrain désigné par Josèphe, s'étendait depuis le Scopus, c'est-à-dire depuis la colline qui forme le revers opposé à celui dans lequel sont taillés les Obour-el-Molouk, jusqu'à la citerne nommée aujourd'hui Birket-Mamillah, et qui n'est très-certainement que la piscine des Serpents. Les monuments d'Hérode doivent donc être dans le voisinage immédiat de cette piscine. C'est effectivement ce qui a lieu. Au sud et à quelques mètres seulement de Birket-Mamillah , sont d'énormes amas de décombres, recouvrant des caves sépulcrales assez grossièrement taillées dans le roc, et qui n'ont pu avoir de richesse apparente, que par les marbres précieux dont elles ont été revêtues, ainsi que par les constructions qui les recouvraient, et dont les tertres indiqués ci-dessus, contiennent vraisemblablement les bases; des fouilles très-faciles remettraient certainement ces bases au jour. Là donc, sans l'ombre d'un doute, sont les tombeaux des Hérodes. Cinq caveaux particuliers sont placés sous les décombres, et de la sorte, chacun d'eux était destiné à un seul personnage. L'attribution de ces caveaux funéraires appartient à feu M. Schultz, qui connaissait Jérusalem à merveille et qui n'était pas homme à se méprendre sur la valeur des textes tirés de Josèphe, textes dont la vue des lieux fournit constamment un commentaire irréfragable.

Voici ce que nous lisons dans la description de la Jérusalem des croisades : « Dehors la porte avoit un lay par devers soleil couchant, que on appeloit le lay du patriarche, là où on recuetlloit les sources d'illec entour, pour abevrer les chevos. Près de cil lay avoit un charnier que on apeloit le charnier du Lyon. Il aviot

jà, si corne on disoit, a 1 jour qui passez estoit, qu'il avoit entre erestienset Sarrazins une bataille, entre cil charnier et Jherusalem, où il avoit moult de crestiens occis, et que li Sarazins de la bataille les dévoient tous lendemain faire ardoir pour la puor. Tant que il avint que uns lyons vint par nuict, les porta tous en cele fosse, si corne on disoit : pour ce l'apeloit on le charnier du Lyon, et dessus le charnier avoit 1 moustier où on chantoit chascun jour près d'ileques. »

11 est clair que le lay du patriarche n'est autre chose que le Birket-Mamillah. Le moustier était une église de Saint-Babilas très-probablement, et le charnier du Lion n'est que l'ensemble des caves sépulcrales des Hérodes.

Page 1