I. Ant. Jud., vu, uv
3iî VOYAGE EN SYKIE
est dans le jardin du Roi ; que David, instruit de l'attentat de son fils Adoniah, donna sur-le-champ Tordre au Cohène Seddouk et à Benahiali, capitaine des gardes, de prendre avec eux le prophète Nathan, et tout ce qu'il y avait de troupes autour du palais, de faire monter sur la mule royale son fils Salomon, de le conduire hors de la ville, à la fontaine qui s'appelle Gihon (rrjwv), et de le proclamer roi, après l'avoir oint de l'huile consacrée.
Voyons quelles sont les conséquences de ce curieux passage : 1° la fontaine placée dans le jardin royal paraît être le Bir-Eyoub; or, cette même fontaine du festin, l'Écriture Sainte l'appelle Ayn-Radjel : il y aurait donc identité entre le Bir-Eyoub actuel et l' Ayn-Radjel des Écritures. 2° La fontaine de Gihon était hors de la ville. Puisque Adoniah avait réuni ses partisans au sud de la ville, il est évident que le roi David, pour éviter un conflit , dut envoyer accomplir la cérémonie du sacre de Salomon, du côté précisément opposé. Donc la fontaine de Gihon était vers le nord et au delà de l'enceinte de la ville, nouvelle preuve en faveur de l'identité de la piscine de Gihon, avec l'antique citerne de la porte de Damas.
Nous lisons dans les Chroniques (11 , xxxn) : — 30. Et lui , Ezekhias, boucha la source supérieure des eaux de (iihon, et les dirigea en bas, vers l'occident de la ville de David. — Nonseulement ce verset ne contredit en rien l'identification de Gihon et de la citerne antique de la porte de Damas, mais il a, de plus, l'avantage de donner une sorte de fondement raisonnable aux contes populaires qui veulent qu'on entende, dans le voisinage de cette citerne, un bruit d'eaux souterraines. Sans doute, le motif d' Ezekhias, en entreprenant cet énorme travail, fut de faire entrer à l'intérieur des murs de sa capitale, une source dont, en cas de siège, il eût élé déplorable de perdre l'eau.
ET AUTOUR DE LA MER MOKTE. 343 Un pou plus loin, nous lisons encore 1 : — 14. Après cela, il (Mariasses) bâtit un mur extérieur à la ville de David, vers l'occident de Gihon , dans la vallée, jusqu'à la porte des Poissons, le continuant jusqu'à Ophel, qu'il éleva, élevant considérablement, et il mit des officiers de l'armée dans toutes les villes fortes de Juda. — Je me suis servi déjà de ce verset si explicite, pour démontrer que le terme cité de David ne spécifi pas toujours la forteresse du mont Sion. Le mur construit à l'occident de Gihon, est très-probablement celui dont il subsiste des traces à la base même de la porte de Damas. Une porte des Poissons ne peut être qu'une porte par laquelle arrivaient à Jérusalem, les poissons qui étaient vendus sur ses marchés. Ces poissons venaient probablement d'un endroit où il y avait des poissons à pécher, c'est-à-dire de la côte de la Méditerranée. Cette porte des Poissons devait donc être au point môme de jonction de la muraille de Manassé, et de l'enceinte construite par David et par Salomon, et que Josèphe décrit sous le nom de première muraille.
Le verset que je viens de commenter, ne parle de muraille construite par Manassé, qu'à l'occident de Gihon. Il ne construisit donc rien à l'orient de cette piscine , et un passage de Josèphe, que j'ai déjà utilisé, rend parfaitement compte de cela \ Lorsque Titus eut forcé la muraille d'Hérodc Agrippa, il se trouva en face de la deuxième enceinte, défendue par Simon et par Jean. Celui-ci et sa troupe combattaient du haut de la tour Antonia et du portique septentrional du Temple, et devant le tombeau d'Alexandre. Puisque la première enceinte une fois forcée, les assaillants se trouvaient au pied de la tour Antonia et du portique septentrional du temple , c'est que ces deux portions de murailles défendues faisaient réellement par-