I. Chrnn., xxim
i. Bell. JuU., v, m, J.
tic de la deuxième enceinte de Jérusalem : ceci est incontestable. Donc , d'un point voisin , et placé à Test de la porte de Damas, le mur descendait obliquement vers l'angle nord-ouest de l'enceinte du Temple ; c'est là une conclusion que je défie de contester. Au reste, que dit Josèphe de cette deuxième enceinte? Justement ce que je viens d'en dire. La seconde muraille commençait à la porte dite des Jardins ( -^v rewàO Éxalouv), qui était percée dans la première muraille, et entourant seulement la partie septentrionale ( de la ville probablement), s'étendait jusqu'à la tour Antonia. 11 serait difficile, on en conviendra, de dire plus nettement ce que je dis moimôme. Je me permettrai, de plus, d'avancer sans hésitation, que la porte des Poissons et la porte des Jardins étaient une seule et même porte.
Le tracé de la deuxième muraille, donné par Schultz, est donc tout à fait inadmissible , et toute la portion qui , de la porte ez-Zahary jusqu'à la porte Saint-Étienne, a été considérée par lui comme faisant partie de l'enceinte primitive des rois de Juda , doit en être absolument retranchée. Williams a bien senti que ce tracé de Schultz n'était pas d'accord avec les textes, et il a eu certainement raison de prolonger l'enceinte antique jusqu'à la porte condamnée, nommée Bab-cz-Zahary. J'avouerai cependant que je n'ai remarqué aucun débris apparent de l'enceinte primitive, sur toute cette portion du mur actuel.
Schultz fait la porte des Poissons, de la porte actuelle de Setty-Maryam ou de Saint-Étienne: je crois avoir démontré que la porte Djennath et la porte des Poissons ne sont pas différentes l'une de l'autre. Quant au Bab-ez-Zahary actuel , je ne doute pas que ce ne soit la porte angulaire de l'Écriture Sainte : c'est ce que j'espère démontrer en étudiant les textes qui en parlent. Nous lisons dans le livre des Rois (II, xiv) : —
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 345 13. Joas, roi d'Israël, ayant pris Amasias, roi de Juda, fils do Joas, fils d'Okhozias, à Beit-Chems, vint à Jérusalem, et fit une brèche de quatre cents coudées à la muraille de Jérusalem, depuis la porte d'Éphraïm jusqu'à la porte angulaire. — Le môme fait est raconté dans les chroniques (II, xxv, 23), de la manière suivante : — «Quant à Amasias, roi de Juda, fils de Joas, fils de Joakhas ', Joas, roi d'Israël, le prit à Beit- Chems, et l'amena à Jérusalem; et il fit abattre les murailles de Jérusalem, depuis la porte d'Éphraïm jusqu'à la porte de l'angle, quatre cents coudées. »
Nous avons reconnu que la porte d'Éphraïm n'est et ne peut être que la Bab-ech-Cham, porte de Damas ; or, la partie de la muraille abattue par l'ordre de Joas, roi d'Israël, était fort probablement celle qui fermait la ville, du côté par lequel une année envahissante pouvait venir de Samarie. Cette muraille, de quatre cents coudées, était donc au nord de la ville, et ce devait être le front septentrional qui, de la porte de Damas, s'étendait jusqu'au Bab-ez-Zahary. Comme il y a, entre ces deux portes, une distance de trois cent soixante métrés, à trèspeu prés, cette distance représente suffisamment bien les mille pieds romains, équivalant au nombre rond de quatre cents coudées de brèche, indiqué par l'Ecriture Sainte. La Bab-ez-Zahary tient donc bien réellement la place de la porte angulaire.
Cette brèche fut réparée peu après par Ozias, car nous lisons 3 : — 9. Ozias bâtit des tours à Jérusalem sur la porte de l'angle, sur la porte de la Vallée, sur l'encoignure, et les fortifia. — 11 est évident, d'après ce verset, qu'Ozias, successeur d'Amasias, s'empressa de remettre sa capitale en état de
I. De M deux passages combinés il résulte qu'Okhosias, roi de Juda, s'est appelé également Joakhas.
i. Chron., Il, «XVI.
346 VOYAGE EN SYH1E
défense, et ferma, le mieux qu'il put, la brèche énorme que le roi d'Israël avait ouverte dans son enceinte militaire. Le nom d'encoignure me paraît donné ici à toute la branche de muraille qui liait la porte angulaire à l'angle nord-ouest du temple. Il semble en résulter que la porte de la Vallée, au lieu d'être au point où est actuellement la porte Saint-Etienne, était réellement au fond du rentrant formé par le portique septentrional du temple et par la branche de muraille reconstruite par Ozias. De la sorte, la tour Antonia aurait pris plus tard la place de la tour bAtic par Ozias sur la porte de la Vallée T. Tout bien considéré, je regarde aujourd'hui le tracé et les dénominations que je viens de déterminer comme les seuls admissibles, sans qu'il s'élève de difficultés sérieuses contre ces déterminations.
On lit dans Jérémie (xxxi) : — 38. Il viendra un temps, dit Jéhovah, où sera rebâtie cette ville, depuis la tour de Hananéel, jusqu'à la porte de l'angle. — 89. Le cordeau sera tiré encore plus loin, sur la colline de Djerab (c'était l'un des grands de la cour de David) , et se dirigera vers Djûat. — ÛO. Et toute la vallée des cadavres et des cendres, et tous les champs vers la vallée de Kedron , jusqu'à l'angle de la porte des Chevaux , à l'orient , sera consacré à Jéhovah, rien n'en sera plus ni renversé ni détruit.
11 serait très-curieux de savoir où était la tour de Hananéel ; nous pouvons déjà présumer , d'après le texte de Jérémie , qu'elle était à l'opposé de la porte angulaire. Cela se vérifie ailleurs, du reste. Effectivement , nous lisons dans Néhémie (xu), que lors de la consécration des murailles, des deux
1. Sur l'emplacement de cotte tour d'Ozias, fut probablement établie plus tard, par les princes Asmonwns, la forteresse nommée Baris, qu'Herode augmenta, eu lui donnant le nom d'Atit >nia, en l'honneur de son ami Antoine. Je soupçonne fort que dans le mot Baris il fant rechercher le mot arabe Bordj, tour, forteresse.
chœurs, marchant en sens inverse, l'un passa , — 39. Et sur la porte d'Éphraïm (porte de Damas) , et la vieille porte, et la porte des Poissons (porte Djennath), et la tour de Hananéel et la tour des Cent (riNon), et jusqu'à la porte des Brebis, et ils s'arrêtèrent à la porte de la Maison d'arrêt. — De là il résulte que la tour de Hananéel était plus au sud que la porte des Poissons : Schultz place la tour Hananéel à l'angle nordest de l'enceinte du temple, et la tour des Cent (Mea) un peu plus au sud : cela me paraît tout à fait impossible. Je ne serais nullement étonné que la tour Hananéel ne fût identique avec la tour Hippicus, ou la tour de David. Ce serait une curieuse question de topographie hiérosolymitaine à étudier.
Le prophète Zacharie (xiv, 10) cite bien la tour de Hananéel , mais de façon à ne pas permettre d'en rien conclure, pour la détermination de cette tour.
Revenons à la prophétie de Jérémie , rapportée un peu plus haut ; le verset 39 désigne, de la manière la plus claire, un agrandissement futur de la cité sainte : Le cordeau sera tiré encore plus loin, dit-il, jusqu'à la colline de Djerab , et se dirigera vers Djàat. N'y a-t-il pas dans ce verset la prévision de l'adjonction faite à la ville de Jérusalem, de tout le terrain montant qui se trouve actuellement au nord de la ville, et qui fut englobé dans l'enceinte d'Hérode Agrippa? Cela me paraît évident. Dès lors, la colline de Djerab (que ce nom soit celui de l'un des capitaines de David , ou qu'il indique seulement la colline des Lépreux, de 21à , scabies, gale), doit être l'un, et probablement le plus occidental, des trois sommets des collines qui sont voisines des Qbour-el-Molouk, et enfermées dans la muraille d'Agrippa. Quant à Djâat , qui semble, par suite, devoir se trouver vers l'extrémité orientale de la nouvelle enceinte, c'est un lieu tout à fait inconnu aujourd'hui, nv^ vient sans doute de nya , mugir, et peut-être l'endroit que
désigne ce nom, était-il un lieu où Ton faisait paître des troupeaux de bœufs. Mais abandonnons bien vite le terrain dangereux des hypothèses.
Le dernier verset de Jérémie me semble clair; la vallée des cadavres et des cendres, c'est évidemment la vallée de Hinnom, avec sa nécropole, et avec le souvenir duTophet, où tant de victimes avaient été brûlées en l'honneur de Molokh. Les expressions a tous les champs vers la vallée du Kedron , jusqu'à l'angle de la porte des Chevaux, à l'orient , » désignent le terrain aujourd'hui si bien cultivé, qui, à partir du Bir-Kyoub, remonte au nord, jusqu'à la partie méridionale de l'enceinte du temple. De ce verset il résulte que la porte des Chevaux était dans un angle, à l'orient. Je suis bien tenté de croire que cette porte était au point où se trouve aujourd'hui le Bab-el-Morharbeh. Cette porte est bien , en effet , dans une encoignure de l'enceinte primitive, elle est à l'orient , et les terrains cultivés, fertilisés par les eaux abondantes de la fontaine de Siloé , montent jusqu'au pied même de cette porte. La porte des Chevaux était donc située très-près de l'enceinte du temple , et elle conduisait au palais; c'est ce que nous allons vérifier.
Nous trouvons dans les rois ( Il , xi ) le récit tragique de la mort d'Athalie; et ce récit, devant jeter quelque lumière sur la position de la porte des Chevaux , je vais l'analyser. Dans la septième année du règne d'Athalie, le grand prêtre Joad résolut d'en finir avec l'usurpatrice, et de remettre violemment la couronne sur la tête de Joas, fils d'Okhozias, que Josabeth, fille de Joram et sœur d'Okhozias , avait sauvé du massacre des enfants royaux, et tenu caché pendant six années, dans l'enceinte du temple. Les chefs militaires depuis longtemps gagnés à la cause de l'enfant-roi , reçurent de Joad l'ordre de se tenir prêts, de se rendre au temple où ils seraient armés, d'entourer le roi , et de tuer sans merci quiconque essuierait
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 349 de pénétrer dans leurs rangs. Le temple fut ainsi rempli de conjurés, dont la troupe s'étendit sur ses lianes à droite et à gauche (verset 41 ). Joad fit alors amener le fils d'Okhozias; il lui mit la couronne royale sur la tète , lui donna Ponction sainte , et tous les assistants frappant des mains, crieront d'une seule voix, Vive le roi ! Le palais n'était pas assez éloigné, pour qu'Athalie ne fût pas émue du bruit des acclamations inusitées qui s'élevaient de l'enceinte du temple. Elle s'y rendit en hâte, et trouva que le peuple y accourait en foule. L'aflluence l'empêcha-t-elle de passer par le pont du \ystus, afin de pénétrer dans l'enclos sacré? L'Ecriture ne le dit pas. Probablement elle ne put y arriver que par la porte? du sud (celle qu'a remplacée la belle porte hérodienne ruinée, qui se voit au-dessous d'EI-Aksa ) parce qu'évi lemment de ce côlé il ne devait y avoir aucun encombrement. A son entrée dans le temple , Athalie vit Joas sur une tribune, qu'entouraient les chefs de l'État, et le peuple en délire ; elle entendit les trompettes sonner de joyeuses fanfares, et tout lui fut expliqué ; elle déchira ses vêtements et s'écria : Conjuration ! conjuration ! en se précipitant vers les soldats, parmi lesquels elle espérait trouver quelque appui. « Faitesla sortir des rangs, cria le grand prêtre aux chefs des troupes, et que quiconque la suivra, périsse par le glaive! . La mort d'A- Uialic était décidée, mais Joad avait exigé qu'elle ne fût pas tuée dans l'enceinte du temple. A l'ordre du grand prêtre, les soldats s'écartèrent, et Athalie épouvantée s'enfuit, espérant regagner le palais. Sortir par le pont , était évidemment impossible, il n'y avait donc de retraite ouverte que par la porte que la foule n'encombrait pas, c'est-à-dire par la porle du sud; Athalie la franchit; elle revint dans la maison du roi par le chemin de l'entrée des Chevaux, et fut tuée là ( verset 16). — 20. Tout le peuple du pays se réjouit , et la ville fut en repos , mais ils avaient fait mourir Athalie par le glaive, dans la maison du roi.
3!iO VOYAGE EN SYRIE
Le meurtre de l'usurpatrice ne pouvait pas s'accomplir dans la maison de l'Éternel , et comme elle était abandonnée de tous, ceux qui avaient juré sa mort, n'avaient nul besoin de se presser, assurés qu'ils étaient de la retrouver au palais, et de lui faire expier là ses crimes odieux. Le récit de cet événement donné dans les Chroniques (II, xxxm) est à très-peu près identique avec celui du Livre des Rois.
Josèphe' raconte la mort d'Athalie (qu'il nomme Gotholie) d'une manière extrêmement vraisemblable, et beaucoup plus détaillée. Voici son récit: « Gotholie entendant les acclamations et les applaudissements qui partaient du temple , s'élanca hors du palais, suivie de ses gardes. Dès qu'elle fut arrivée à la porte du temple, les prêtres l'introduisirent, mais ses satellites furent repoussés par des hommes armés que le grand prêtre avait chargés de garder l'enceinte sacrée. Gotholie apercevant un enfant ceint de la couronne royale, debout sur une tribune, déchira ses vêtements, et jetant un grand cri, elle ordonna de tuer celui qui lui avait tendu un piège, et qui avait voulu lui arracher la royauté. Joad (itifiao;) interpellant alors les centurions, leur commanda d'entraîner Gotholie dans la vallée du Kedron, et de l'y mettre à mort, pour ne pas souiller le temple, par le meurtre de cette femme criminelle. Il leur donna, en outre, l'ordre de tuer quiconque tenterait de venir à son secours. Ceux-ci , saisissant Gotholie , la conduisirent à la porte des chevaux du roi, et l'y tuèrent. » Il semblerait résulter de ce texte, que la porte des chevaux du roi était une porte de l'enceinte du temple ; mais je n'en crois rien. L'Écriture Sainte dit positivement qu'Athalie fut tuée dans le palais, et contre cette assertion il n'y a pas d'objection admissible. Que le corps d'Athalie ait ensuite été jeté dans le lit du Kedron , c'est très-