I. Ailt. Jtid., iï, vu
possible, mais voilà tout ce que nous pouvons déduire de l'assertion de Josèptic.
Dans NéhémSe (ni) nous trouvons le verset suivant : — 28. Au-dessus de la porte des Chevaux , les Cohenim travaillèrent, chacun vis-à-vis de sa maison. — Ce verset ne nous apprend rien, quant à la position de la porte des Chevaux, si ce n'est qu'elle était attenante aux logements des Cohenim ou prêtres, et par conséquent bien voisine du temple. En résumé, je propose d'identifier encore le Bab-el-Morharbeh avec la porte qui, dans l'Écriture, est nommée porte des Chevaux.
Résumons : la vieille citerne qui se voit à droite de la porte de Damas, n'est que celle où se réunissaient les eaux de la fontaine de Cîihon, qui fut détournée par Ezekhias. Ce fut à ce moment que la citerne fut condamnée. C'est au bord de cette citerne que Salomon a été sacré , et que les généraux assyriens de Sennkherib vinrent sommer Jérusalem de se rendre.
Je n'ajouterai plus qu'un mot , c'est que Medjr-ed-Dyn parle ainsi de cette citerne : A l'opposé et au sud de Zahara ( cimetière musulman , placé au-dessus de la grotte de Jérémie), et au-dessous de la muraille septentrionale de la ville est une grande excavation oblongue, nommée la grotte du Lin (de
^), que quelques-uns disent s'étendre jusqu'au-dessous de la Sakhrah (roche de la mosquée d'Omar).
AYN-RADJEL. BIR-EYOLB. PUITS DE NÈHÉMIE.
Nous avons examiné en détail le récit de la tentative d'usurpation commise par Adoniah, fils de David, au détriment de son frère Salomon; de ce récit semble découler la conclusion que l'Ayn-Radjel des Écritures n'est autre chose que le Bir-Eyoub actuel. Il existe cependant, à trois ou quatre cents mètres au sud du Bir-Eyoub, au fond d'une petite vallée ver-
doyante, qui est le prolongement de la vallée du Kedron et qui tourne brusquement à l'est, on prenant le nom d'Ouad-en- Nàr , une charmante petite source d'eau vive qui fait bouillonner le sable, en vingt points réunis dans un très-petit espace. Serait-ce par hasard cette source qui s'appelait Ayn-Radjel? Je l'ai cru souvent et je n'oserais encore le nier, mais alors le jardin du Boi se serait prolongé un peu loin; puisque nous savons par la comparaison des textes de l'Écriture sainte et de Josèphe, que l'Ayn-Radjel se trouvait dans le jardin du Roi.
Sehultz a identifié déjà le Bir-Eyoub avec l'Ayn-Radjel, et de la a découlé pour lui, comme corollaire, la nécessité d'identifier les roches abruptes qui dominent, à l'ouest, la petite vallée où se trouve la source dont j'ai parlé tout à l'heure , avec la pierre de Zahlet. Je ne puis qu'adopter, quoiqu'on hésitant un peu, cette double identification qui semble satisfaisante *.
L'Ayn-Radjel (En-Rogel) joue un rôle assez important dans l'Écriture Sainte, pour que je doive rappeler ici les divers passages dans lesquels il en est question. Nous lisons dans Josué (xv.) — 7. La limite (du territoire de Juda) s'élève de la vallée d'Akour (Achor) à Dabor (I)ébir), et au nord elle se tourne vers Djeldjal ((îuilgal) qui est en face de la hauteur d'Xdoumim, qui est au sud du torrent; la limite passe vers les eaux d'Ayn-Chems, et aboutit à Ayn-Radjel. ■ — 8. Et la limite s'élève vers la vallée de Ben- Hinnom, au côté méridional de Jeboussi, c'est Jérusalem ; la limite s'élève vers le sommet de la montagne qui est devant la vallée de Hinnom, à l'occident, et qui est à l'extrémité de la vallée des Rephaïm, au nord.
Si l'on s'en tient à la lettre de ce passage, il semble plus naturel de chercher P Ayn-Radjel à la petite source placée un
\. Rois, I, 1,9.
pou en avant de l'Ouad-en-Nâr. En effet, il semble que puisque la limite s'arrétant à l'Ayn-Radjel, s'élève ensuite vers la vallée de Hinnom, c'est qu'après avoir suivi la limite toute naturelle de l'Ouad-en-Nâr ( le torrent du passage précédent), elle remonte la petite vallée où est la fontaine, pour se diriger ensuite par la vallée de Hinnom, et franchir enfin la hauteur qui clôt au nord la vallée des Rephaïm , et à l'ouest la vallée de Hinnom. Notons en passant qu'il résulte forcément de la teneur du passage que je viens de transcrire, que Jeboussi ou Jérusalem était en dehors du territoire de Juda , et par conséquent dans le territoire de Benjamin,
Le même livre de Josué , décrivant la limite méridionale de la tribu de Benjamin, s'exprime ainsi (xvm) : — 16. La limite descendant vers l'extrémité de la montagne qui est devant la vallée de Ben-Hinnom, et qui est dans la plaine des Rephaïm, au nord, descendait à la vallée de Ben-Hinnom, à côté de Jeboussi, au sud, et de là, vers l'Ayn-Radjel, — 17. s' étendant à partir du nord ( pôîW - c'est-à-dire allant au sud), elle aboutissait à Ayn-Chems, etc., etc. Cette description de la limite sud de Benjamin n'est autre chose que la description, en sens inverse, de la limite nord du territoire de Juda ; on y voit que cette limite, après avoir longé la vallée de Hinnom, atteint l'Ayn-Radjel (TT) et marche ensuite, du nord au sud, pour aller passer à l' Ayn-Chems. Ce second texte, commenté par le tracé du terrain, semble donc tout à fait en faveur de l'identification du Bir-Eyoub avec l'Ayn-Radjel.
11 n'y a plus qu'un seul passage de l'Écriture où il soit question de l'Ayn-Radjel ; malheureusement celui-là ne nous fournit aucun indice précis, sur la position de cette source. Ce passage se trouve dans le livre de Samuel, où nous lisons : (11, xvn) — 17. Jonathan et Akhimàas se tenaient à Ayn-Radjel. Une servante alla et le leur annonça (le dessein d'Absalom) et ils
m VOYAGE EN SYRIE
allèrent en prévenir le roi David , car ils ne pouvaient se montrer pour venir à la ville. — Ces deux hommes eussent été assez mal cachés au Bir-Eyoub ; l' eussent-ils été mieux à la petite source placée un peu plus loin? Je ne sais, mais il me semble que oui. On le voit , je reste dans le doute sur cette question topographique, que je ne vois pas la possibilité de résoudre d'une façon entièrement satisfaisante*
Le sens du nom d'Ayn-Radjel a préoccupé les commentateurs. Kim'hi dérive le nom Radjel de ^n, pied, et il dit que c'était à cette fontaine, qu'on foulait les étoffes. Si Kim'hi a raison la question est jugée ; il n'y a pas assez d'eau ailleurs qu'au Bir-Eyoub, pour que des fouleurs d'étoffes aient pu jamais y travailler. D'un autre côté, comment des foulons eussent-ils été autorisés à exercer leur industrie dans le jardin du Roi? Nouvel embarras qui vient encore compliquer le problème; j'aime donc mieux avouer humblement mon insuffisance, que proposer une solution douteuse.
A la fin de la saison des pluies, lorsque le Bir-Eyoub est bien rempli d'eau , il devient ainsi que le Birket-Mamillah , un but de promenade très-suivie. Les femmes de Jérusalem s'y rendent en foule, dans l'après-midi, et les hommes y viennent de leur côté, boire le café et fumer des narghilehs que leur servent en plein air des cafetière ambulants. Il semble que tout ce monde, en habits de fête, se réjouisse de ce qu'il ne risquera pas de mourir de soif, pendant la saison chaude qui va commencer.
Le Bir-Eyoub est aussi nommé Puits de Néhémie, ou puits du Feu, niais il est certain que ces dénominations sont de fraîche date. Elles ont été données au Bir-Eyoub , parce que la tradition a prétendu que c'était dans ce puits, que Néhémie avait retrouvé le feu sacré, caché par les prêtres, avant la captivité ».