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ensevelies sous les eaux de la mer Morte. 11 y avait donc déjà désaccord parmi les écrivains les plus distingués de P Islamisme. Mais cela n'empêche pas le moins du monde qu'il n'y ait eu accord évident parmi les écrivains de l'antiquité, sacrés et profanes, pour rejeter la fable de l'engloutissement sous l'eau des villes de la Pentapole.
Voici donc encore un point parfaitement établi et incontestable : les villes de la Pentapole n'ont pas été submergées après leur incendie. Elles n'étaient donc pas bâties sur le terrain qu'on croit, à tort, avoir été envahi subitement par la mer Morte.
Il y a plus, le texte sacré lui-même prouverait que, quand bien même la plaine de Siddim eût été en tout ou en partie envahie par les eaux des lacs, il n'en serait pas de même des villes de la Pentapole. En effet, ces villes ne pouvaient pas être situées dans la vallée de Siddim, comme l'a très-judicieusement fait observer Reland, dont personne, je pense, ne suspectera l'admirable critique. Que lisons-nous dans la Bible1 à propos des rois de la Pentapole?
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Hi omnes congregati sunt in valle Siddim, quaj est mare Salsum.
Reland* s'exprime ainsi à propos de ce verset : « Il n'est dit « ici qu'une seule chose, c'est que la vallée qui s'appelait au- « paravant vallée de Siddim, devint ensuite la mer Morte, ce « que je ne conteste pas. En effet, cette vallée peut avoir été t inondée par les eaux de cette mer, soit par suite d'une crue « du Jourdain , soit par le jaillissement d'eaux souterraines « ou autres; mais comme on ne sait ni quand, ni comment la « chose est arrivée, il n'est pas nécessaire de s'étendre sur ce
i. Genèse, xiv, 3.
i. Pal., lib. i, p. 45*.
« point. L'écrivain sacré ne dit pas que les cinq villes, Sodome « et les autres, furent situées dans la vallée de Siddim; il y a « plus, c'est le contraire que l'on peut conclure du lexte cité, « puisque les rois de ces cinq villes, après avoir réuni leur « armée, se rassemblèrent Dns'n pcy bu : versus vallcm « Siddim : vers la vallée de Siddim. Que si quelqu'un voulait « traduire dans la vallée, cela reviendrait au même. Donc
« probablement la vallée de Siddim était autre chose que la « contrée dans laquelle leurs cinq villes étaient situées. Qui « dirait par exemple? les habitants d'Amsterdam, de Harlem « et de Leyde ont marché au devant de l'ennemi et se sont « réunis en Hollande , — précisément parce que ces villes « sont des villes hollandaises ; mais on peut proprement dire « les habitants de Ces villes se sont réunis dans le lieu où est • aujourd'hui le lac de Harlem ; et il est permis de conclure de « la que le lac de Harlem est différent de la contrée dans « laquelle ces villes sont situées. »
Cette argumentation de Reland serait, je crois, assez difficile à rétorquer, et l'on me permettra de la trouver concluante ; au reste, Reland s'appuie sur une très-juste observation de plus : c'est que dans le verset du chapitre m de la Genèse où il est dit que Dieu fit pleuvoir le soufre et le feu sur les villes maudites et toute la plaine, l'expression dont se sert l'écrivain sacré pour rendre cette dernière idée est *OD : le circuit, la plaine, et non pas onirn psy : la vallée de Siddim.
Pour abréger, je dirai que l'illustre Reland, avec son tact ordinaire, avait parfaitement deviné que les villes de la Pentapole devaient être sur les bords du lac Asphaltite, et que leurs ruines pouvaient, devaient même s'y retrouver. Ce que le critique judicieux avait deviné du fond de son cabinet , l'observation faite sur les lieux mêmes, près d'un siècle et demi après la publication de son admirable livre , l'a complètement vérifié.
Voici la conclusion logique de tout ce qui précède. Il est indubitable, qu'en outre de Ayn Djedy (Engaddi), de Masada, de Thamara et de Zoar, il n'y a pas eu, depuis la catastrophe de la Pentapole, d'autres villes construites sur les rives occidentales de la mer Morte; il faut donc, de toute nécessité, reconnaître Sodomo dans le Kharbct Esdoum des Arabes, et au pied de la montagne de Sel que Galien nomme expressément Sodoma; do môme qu'il faudra retrouver d'autres villes maudites dans les ruines évidentes de villes qui se rencontreront sur ce même littoral.
Il n'y a pas besoin, je pense, d'une démonstration plus ample de ce fait, que l'on pourra attaquer, mais non infirmer, que les ruines qui sont connues des Arabes sous le nom de Kharbet-Esdoum , sont bien réellement les mines de la Sodome biblique. Il n'y aura plus pour contester cette découverte réelle, d'autre ressource que celle de nier hardiment l'existence môme de ces ruines que mes Compagnons et moi nous avons vues à deux reprises, et la seconde fois surtout avec grand soin. Je m'attends à cette négation, mais, sans modestie, je déclare que je me permets d'avoir plus de confiance dans une observation faite longuement par moi-même, en compagnie de quatre Français assez intelligents pour reconnaître des ruines, là où sont en réalité des ruines, que les Arabes qui m'accompagnaient et avec lesquels j'étais en mesure de converser habituellement , m'ont désignées sous le nom fort significatif de Kharbet-Esdoum, que dans toute observation contraire, faite un peu vite peut-être et avec des convictions préconçues, telles, par exemple, que l'impossibilité de trouver Zoar sur la rive occidentale de la mer Morte. J'ai montré surabondamment que cette dernière opinion était en opposition flagrante avec le texte même de l'Écriture Sainte ; il est donc bien clair que toute conclusion qui se rattachera de prés ou
de loin à une erreur d'appréciation aussi forte, aura grand besoin d'être très-sérieusement contrôlée.
Résumons. Sodome était à la pointe sud- ouest de la mer Morte ; la montagne de Sel est appelée Sodome par Galien. Donc , Sodome était au lieu même où est la montagne de Sel. Cette montagne, les Arabes l'appellent indistinctement Djebelel-Mclehh, ou, comme Galien, Djebel-Esdoum. Si donc on voit à la montagne de Sel des décombres d'une ville , il y a toute apparence que ce sont les décombres de Sodome ; et cette apparence devient une évidence impossible à nier, si les habitants du pays sont unanimes pour donner à ces décombres le nom de Kharbet-Esdouin (ruines de Sodome), en leur appliquant l'histoire traditionnelle de la ville maudite. Toutes ces conditions étant rigoureusement réalisées, il n'est pas possible de se refuser à croire que ces ruines d'une Sodome, sont bien les ruines de la Sodome biblique.
Les souscriptions des actes du premier concile de Nicéc contiennent la mention de Sévère , évoque de Sodome , parmi les évoques d'Arabie. Roland, à qui ce fait curieux ne pouvait échapper, l'a discuté avec soin « Il faudrait être insensé, « dit-il, pour voir désignée dans ce passage la Sodome ren- « versée par la colère divine, et qui ne devait plus être jamais « habitée. Quel est le lieu que nous supposerons caché sous « cette dénomination? Ce ne peut être Zoar, car Zoar fut une « ville de Palestine et non d'Arabie ; ce ne peut être Sycama- « zona, qui fut aussi une ville de Palestine et non d'Arabie. » En conséquence, Reland soupçonne qu'il s'agit de quelque ville épiscopale d'Arabie, relevant de l'évèché métropolitain de Rostra, et dont le nom pouvait être Zozoyma ou Zoraïma. Ce qui lui fait adopter cette hypothèse, c'est la mention qu'il