‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 120 sur 211 · BA. Jud., xi · texte numérisé non relu

BA. Jud., xi

heureux les uns que les autres, dans leurs suppositions; c'était le mot xotap&qOpx qu'il fallait sous-en tendre, et tout devenait clair. Les deux piscines de l'Évangile de saint Jean étaient accolées et en communication , probablement par les arcades voûtées que l'on voit encore au bout du Birket-Israïl. L'une de de ces piscines était la Probatique , l'autre Bethesda.

Quelle est celle des deux piscines qui a subsisté jusqu'à nous? Je n'en sais trop rien. Je suis pourtant tenté de croire que c'est Bethesda. Saint Jérôme ne fait évidemment qu'une piscine de la Probatique et de Bethesda, bien qu'il nomme les deux « lacus gemellares, » les deux bassins accolés. Je ne pense pas, cependant, qu'il faille confondre le Strouthion de Josèphe, c'est-à-dire le fossé creusé entre Bezetha et le pied de la tour Antonia, avec la Probatique. Celle-ci était probablement entre les deux portes qui ouvrent aujourd'hui sur la face nord de l'enceinte du Haram-ech-chérif, tandis que le Strouthion devait être assez loin de là , à l'ouest.

Quant au Strouthion, il est tout simple qu'il ait disparu complètement. Rappelons-nous, en effet, que l'un des quatre grands agycres de Titus passait par le milieu du Strouthion, et que les Juifs ayant miné ces retranchements par dessous, firent crouler Yagger et la contrescarpe dans le fossé , ce qui évidemment dut le combler à peu près. Puis , vint la destruction de la tour Antonia , destruction après laquelle il ne dut plus rester trace du Strouthion. Quant au nom de cette piscine, il n'es* que celui d'une plante que les lexiques appellent herba fullonwn, herbe des foulons. Je ne me charge pas de l'identifier avec une plante connue.

Il ne me reste plus qu'à transcrire un passage de Medjred-Dyn, pour avoir fini avec les citernes de la cité sainte : « Il y a à Jérusalem six piscines construites par Ézéchiel ( lisez Ézékhias), l'un des premiers rois d'Israïl. Trois de ces citer-

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 369 nés sont dans la cité : le Birket-Israïl , celui de Salomon et celui d'Ayad. Les trois autres sont hors de la ville; ce sont le Birket-Mamillah et les deux piscines nommées el-Merdj , qui furent construites afin de servir de réservoirs pour la cité. La première, qui est très-célèbre, est au nord de la mosquée d'el- Aksa, près de la muraille, de la Porte des Tribus, et du Babel-Hitta. Elle est d'une apparence majestueuse. Quant aux deux citernes de Salomon et d'Ayad, je ne sais où elles sont. » Medjr-ed-Dyn propose ensuite de voir ces deux citernes dans le réservoir des Hammam-ech-chefa et dans le Birket-hammamel-Batrak. Il ajoute que la piscine de Mamillah est connue de tout le monde, et que les deux piscines nommées cl-Mcrdj sont situées auprès du village d'Ourtas, distant d'une demi-parasange, d'où leur eau était conduite par des tuyaux à Jérusalem.

TOUR DE DAVID. -TOliR HIPPICUS.

Nous lisons dans Josèphe1 : «La tour Hippicus, qu'Hérode avait ainsi nommée en souvenir de son ami, était quadrangulaire et chacun de ses côtés avait vingt-cinq coudées de longueur et trente coudées de hauteur; elle était massive. Audessus de cette masse solide était un puits, haut de vingt coudées, destiné à recueillir l'eau de pluie. Au-dessus encore, était une maison (olxo*) â deux étages, haute de vingt -cinq coudées, à la surface marquetée (?) ( eîç izoixCka. àir.pnaévoç ) , couronnée par un parapet de deux coudées, surmonté de créneaux de trois coudées de hauteur ; ce qui donnait à la tour une hauteur totale de quatre-vingts coudées. Après le sac de Jérusalem, cette tour magnifique fut conservée par l'ordre de

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