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4ft VOYAGE EN SYRIE
connaître, et que ni les musulmans ni les chrétiens n'étaient en mesure de me donner. Ce nom était Louzah! Je pensai immédiatement à Beit-el , dont le nom primitif avait été Louz ou Louzah, et je me figurai à tort que la véritable Beit-el pourrait bien avoir existé au sommet du Garizim. J'ai conservé assez longtemps ce doute, qui s'est évanoui depuis mon retour, devant le fait suivant. Saint Jérôme, dans l'Onomasticon, cite une Aou& placée près de Sichem, à la troisième pierre milliaire à partir de Naplouse. C'était incontestablement ma ville ruinée du sommet du Garizim.
Rappelons maintenant en quelques mots l'histoire de Sichem et de Naplouse, puis nous nous occuperons de celle du Garizim. Sichem (DDV de l'Écriture sainte) a été remplacée par Neapolis, qui est devenue la Naboulis des Arabes et la Naplouse des Francs; mais ces deux villes n'étaient pas exactement au même point. Il n'y a pas de doute à conserver sur ces deux faits. Ainsi Epiphanius 1 et saint Jérôme a se servent de l'expression : Sichem , qui est maintenant nommée Neapolis. Eusèbe, dans l'Onomasticon, dit positivement : Sichem, près de Neapolis, èv Zixi'jaoi;, ttAkiciov N*o< icoXew; (ad vocem Tepééivôoç), et ailleurs (ad vocem Su^fy.) : on en montre la place dans les faubourgs de Neapolis (AetKvjxai ô toto* ev irpoa<mi'oiç, Ncaç woXewç) ; enfin au mot AouÇa, Eusèbe dit : Trapaxeijuvyi Zuxèp. arcs 6 <ni{/.eiou Nta; icoXewç, elle est placée près de Sichem, au neuvième mille à partir de Neapolis. Saint Jérôme a corrigé ce passage qu'il traduit : « juxta Sichem in tertio lapide Neapoleos. » Peut-être cette première correction n'est-elle pas suffisante encore, et faudrait-il lire au lieu de y dans le texte d' Eusèbe, ce qui serait plus en rapport avec la véritable distance de Louzah à Naplouse, et ce qui expliquerait en
l. Adv. Hxreses, Hh m, p. 1055 et 1008. S. Ep. 86, ejtitaph. Paul».
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. in
quoique sorte Terreur du copiste, qui aura pris un B pour un w, bien plus aisément qu'un r, dont le tracé n'a aucun rapport avec le e. Quoi qu'il en soit, il paraît bien clair que Sichem n'était pas sur l'assiette actuelle de Naplouse, et je suis assez disposé à supposer cette ville antique à l'entrée même de la vallée de Sichem, vers le point où sont placés par la tradition, le puits de la Samaritaine, le champ de Jacob et le tombeau de Joseph. L'historien Josèphe ' nous apprend que de son temps Neapolis était nommée par les indigènes Mabortha.
En aucun endroit l'Écriture ne dit explicitement que Sichem était voisine des monts Garizim et Ebal; seulement dans le Deutéronome (xi, 80), on voit que ces montagnes sont proches du Bocage de Mourah , et la Genèse (xii, 16) nous dit : Abram traversa le pays jusqu'à la contrée de Sichem, jusqu'au . Bocage de Mourah : ce qui démontre implicitement le voisinage de Sichem et des deux montagnes saintes. Le patriarche Jacob, venant de Padan-Aram, arriva à Sichem, y campa et acheta des fils de Hemour, père de Sichem, la pièce de terre où il avait dressé sa tente a. Dinah, fille du patriarche, fut enlevée par Sichem, fils de Hemour, chef du pays 3. Hemour vint alors demander à Jacob la main de Dinah pour son fils, en lui offrant une alliance entre les deux races. Les fils de Jacob acceptèrent, mais à la condition que Hemour et les siens se feraient circoncire. Ceux-ci y consentirent, et le troisième jour, lorsque tous les hommes étaient souffrants des suites de l'opération qu'ils avaient subie, Siméon et Lévi, à l'insu de leur père, prirent leurs glaives, tombèrent sur la ville qui était en sécurité, et tuèrent tous les mâles 4; puis ils pillèrent la ville, biens et
i. Bell. Jud., nr. S, 1.
i. Gen., xxitii, 19.