‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 145 sur 211 · Bell. Jud., m, ix · texte numérisé non relu

Bell. Jud., m, ix

derrière eux! O excellents Turks! Quand nous vous donnions au diable, parce que vous effarouchiez nos chevaux échappés, nous ne savions pas quelle belle chandelle nous devrions brûler en votre honneur et par reconnaissance, quelques heures plus tard. Somme toute, la dette de sang contractée en réalité par nous, avait été inscrite au compte courant des Turks, et nous avons cru prudent de l'y laisser, sans revendiquer le plaisir de la solder,

A deux kilomètres environ, avant d'arriver à Djebàa, nous avons laissé sur la hauteur, à droite de notre route, le village de Yacil. Je trouve dans la liste arabe des villages de ce pays, publiée; par le révérend Robinson, un village nommé Yasid, et je ne doute pas qu'un Lain final n'ait été pris à tort pour un Dal. Ces deux lettres peuvent en effet se confondre aisément.

Jamais, je crois , je n'ai vu un jardin plus charmant que le terrain que nous traversons, avant d'arriver à Djebàa. La route est coupée dix fois par un beau ruisseau, qui arrose les champs et les prairies qu'elle longe. La végétation est luxuriante; des fleurs délicieuses resplendissent partout, et, entre autres raretés, l'abbé, qui nous fait maugréer par son opiniâtreté à rester toujours à une demi-lieue de la bande, pour ramasser une plante par ci, une plante par là, nous apporte enfin, au moment où nous mettons nous-mêmes pied à terre, sur le coteau planté d'oliviers où est assis Djebàa, une magnifique Fritillaire à fleurs vertes (Fritillaria persica), dont, à son vif regret, il n'a pu atteindre l'oignon.

Kn attendant le déjeuner, nous faisons une riche collection des beaux insectes que recèle chaque anémone. A peine av onsnous mangé notre première bouchée, que l'abbé n'y tient plus. Il s'empare d'un morceau de pain et de deux œufs durs, remonte à cheval, et nous crie de l'attendre là une demi-heure; il va chercher son oignon de Fritillaire, et en recueillir d'autres

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 431 s'il peut. Nous ne savions pas qu'il lui fallait retourner à près d'une demi-lieue en arrière, et nous ne nous en doutâmes qu'à l'impatience avec laquelle nous attendîmes le retour de l'enragé botaniste. Au reste, il était écrit qu'au nom de Djebâa serait toujours attaché un souvenir de mauvaise humeur contre le pauvre abbé. Il ne nous a rejoints qu'après plus d'une heure d'absence , et lorsque nous commencions à concevoir quelque appréhension sur la cause de ce retard incompréhensible. \u moment où nous envoyions Matteo à la recherche de l'absent, celui-ci reparut radieux; il avait conquis son oignon. Nous nous hâtâmes de remonter à cheval et de descendre dans la vallée de Sanour.

Djebàa est incontestablement une localité fort ancienne. Les rochers qui percent, au-dessus du village, la riante colline qui lui sert d'assiette, sont perforés de caves sépulcrales, et une pareille nécropole est un indice certain de l'existence d'une ville antique en ce point. Quelle était cette ville? Il est impossible de le deviner. Josèphe 1 parle d'une (iaba (ràêa), voisine du Carmel, ce ne peut être évidemment celle-là. Étienne, dans ses Ethniques, mentionne une (iaba, ville de Galilée. Est-ce la même? C'est probable. Quant à la première, Josèphe, dans sa Vie (24), dit que Besara est sur les confins du territoire de Ptolémaïs, et à vingt stades de (iaba. Ceci exclut évidemment notre Djebàa. Il est encore nommé une yzndans Zacharie (M, 10). C'était une petite ville, distante de seize milles de Césarée, et voisine de la grande plaine de Megiddo. C'est évidemment la Caba de Josèphe, et non la nôtre. Enfin, une ville de la tribu de Benjamin a porté ce nom, et elle était à la limite septentrionale du royaume de Juda *: ce ne peut encore être notre Djebàa. En résumé, il ne reste aucune localité, connue dans les écrits de

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