‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 146 sur 211 · Ki-ll. Jml., ut, ut, I · texte numérisé non relu

Ki-ll. Jml., ut, ut, I

2. Rois, II, xxiii, 3, iiuisqu'il «»st dit d« Djehia à Bii-S.hia.

l'antiquité, qui puisse s'identifier avec la Djebàa moderne; il n'en demeure pas moins certain que celle-ci a pris la place d'une ville antique.

Une fois arrivés au fond de la vallée de Sanour, nous trouvons le terrain tellement détrempé que nous sommes obligés de gagner au plus vite le flanc gauche de la vallée. Celle-ci, ainsi que Mohammed nous l'avait annoncé à notre premier passage, forme, en avant de Sanour, un lac immense, peu profond, il est vrai, mais assez, cependant, pour qu'il y ait impossibilité de le traverser. Nous passons donc derrière Sanour, et nous atteignons bientôt le charmant vallon boisé qui débouche dans le Merdj-Sanour, et par lequel nous devons regagner Djenin. Il est cinq heures lorsque nous arrivons dans ce beau village, que nous retrouvons infiniment plus boueux qu'à notre première visite. Nous allons nous loger dans le même khan, OÙ sont déjà établis des moukres, avec leurs bêtes; de telle sorte que nous sommes entassés les uns sur les autres, et que nous aurons à dormir, si nous pouvons, pèle-mèle avec un tas de voyageurs, dont le voisinage ne peut manquer de nous devenir cuisant.

MM. Hubeau, Delille et Wolf nous ont rejoints en route, et nous sommes arrivés avec eux à Djenin. Ils ont été conduits par leur drogman à un autre logement que nous, et je les en félicite de tout mon cœur. En entrant à Djenin , nous avons aperçu un nombreux bivouac, établi sous les beaux palmiers qui sont plantés à gauche du bourg. C'est une grande caravane de pèlerins grecs, qui se rend à Jérusalem pour les fêtes de Pâques.

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Nous nous attendions à une nuit horrible, et notre attente a été largement dépassée. La fumée, la vermine, et le bruit

incessant des sonnettes des mules entassées dans le khan, nous ont fait passer une nuit à peu près blanche. Nous avons toutefois appris de Selim, une recette qui nous a procure" quelques bons moments de fou rire. Des ânes sont logés avec nous, et ils ne se gênent pas pour braire, ce qui paraît charmer les gens qui partagent notre gîte et qui nous voient témoigner l'impatience assez légitime de gens fatigués, qui ne seraient pas fâchés de dormir quelques moments. Selim nous apprend alors que l'on peut faire braire à volonté les ânes du pays, en leur criant la syllabe zarrrrh vigoureusement accentuée, et nous nous empressons d'user de la méthode. On se moque de Gribouille , qui se jette à la rivière, pour éviter d'être mouillé par la pluie, et nous faisons exactement comme lui. Nos voisins trouvaient fort plaisant que les ânes nous empêchassent de dormir, et nous leur avons, pendant toute la nuit, procuré la douceur de goûter ce chant mélodieux. Comme nous étions les plus forts, et parfaitement armés, notre mauvaise plaisanterie a été supportée avec patience. Mais personne n'a dormi dans le khan, et les pauvres ânes devaient être aussi fatigués que nous, lorsque le jour a reparu.

On comprend que nous n'étions pas désireux de faire un long séjour à Djenin ; le soleil n'était pas levé depuis une demiheure, que tous nos bagages étaient en route, et nous avec eux. Nous n'avons pas suivi le chemin qui nous avait amenés de Nazareth à Djenin, parce que nous nous y serions perdus dans la boue; nous avons filé par la droite, en nous maintenant le plus constamment possible sur les plis du terrain. Toutes les fois que nous avions un bas-fond et même une petite plaine h traverser, nos chevaux entraient dans la boue jusqu'aux genoux, et nous avions une véritable inquiétude pour nos bêtes de charge, bien plus encore que pour nos montures.

Passant donc à droite, et contre le village de Djclameh.

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