‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 151 sur 211 · Ant. Jud., vin, xiii · texte numérisé non relu

Ant. Jud., vin, xiii

Maximianopolis, aura disparu, pour rendre sa place à l'ancien nom, de même que cela a eu lieu pour Scythopolis, qui a repris son nom antique de Beit-San, altéré aujourd'hui en Beysan.

Du temps des croisades, Jezraël fut appelé Parvum Gerinum. Voici en effet ce que nous lisons dans Guillaume de Tyr ( XXII i 26) : «Jezraheel, nunc autem vulgari appellatione dicitur Parvum Gerinum. » Après l'époque des croisades, la tradition de l'identité de Jezraël et de Zerayn s'est perdue, et ce n'est que depuis une quinzaine d'années, que cette identité incontestable a été reconnue, pour ne plus se perdre , trèsprobablement.

Une fois le déjeuner terminé, nous nous sommes remis en route, en cheminant toujours sur le flanc des coteaux qui forment la base du Djebel-ed-Dahy, ou Petit-Hermon. C'est évidemment de cette montagne qu'il s'agit dans le psaume lxxxix (verset 13), où il est dit : «Le nord et le midi, tu les as créés : Tabor et Herraon tressaillent à ton nom. » En hébreu le nom s'écrit VD^n; pour les Arabes chrétiens, le Djebeled-Dahy s'appelle aussi Haramoun, et son nom s'écrit j//». ; les deux orthographes sont donc identiques, ainsi qu'on le voit. Le véritable Hermon est incontestablement le Djebelech-Cheikh, le pic le plus élevé de l' Anti-Liban; et, comme le Thabor n'est nullement une très-haute montagne, on ne voit pas trop pourquoi deux montagnes si différentes que le Thabor et l' Anti-Liban, seraient mentionnées dans le même verset, quand ils ne limitent ni le nord ni le sud, ni l'orient ni l'occident, ce qu'il faudrait pour trouver dans ce verset la désignation des quatre points cardinaux. Si, au contraire, il s'agit de deux montagnes contiguës, comme le Thabor et le Djebel-ed-Dahy, la difficulté disparaît, et Ton comprend que le poète ait accolé leurs deux noms, dans une même phrase. Ce qui est certain, du reste, c'est que, pour saint Jérôme, le

Djebel-ed-Dahy se nommait Hermonim; car voici ce qu'il dit dans sa lettre xliv, Ad Marcellam : apparebit oppidum Naim.... videbitur et Hermonim et torrens Endor in quo superatur Sisera. » Évidemment, il ne peut être question, dans ce passage, que du petit Hermon, ou Djebel-ed-Dahy. Au reste, cette montagne présente une masse verdoyante, mais sans un buisson ; elle est couverte d'herbages peu épais et ses flancs inférieurs sont assez bien cultivés.

De Zerayn, nous avons été passer au village de Soulèm; c'est la Sounèm de l'Écriture; car pour les Arabes, Sounèm et Soulèm, c'est tout un. — Leur limite (des enfants d'Issakhar) fut à Jezraël, Heksalout et Sounèm ,. Les Philistins

étaient campés à Sounèm, et les Israélites à Djelboâ, lorsque t Saùl alla consulter la sorcière d' Endor*. - Abisag, la jeune fille qui devint la compagne de David, dans sa vieillesse, était Sunamite3. C'est à Sounèm que demeurait la femme qui exerça les devoirs de l'hospitalité envers le prophète Élisée , et à laquelle celui-ci annonça qu'elle aurait un fils, malgré le grand âge de son époux. Ce fils étant né, il tomba malade et mourut; mais Élisée le rendit à la vie 4. Dans le Cantique des Cantiques (vu, 1), nous trouvons les mots : « Reviens, reviens, Sulamite» (rPoVr), S'agit-il d'une jeune fille née à Soulèm? ou bien ce mot, formé deno'ir, signifie— t-il : épouse de Salomon? ou bien enfin est-ce une simple épithète, ayant le sens de parfait ou de paisible? On n'en sait rien. Il y aurait donc quelque imprudence à conclure, de ce passage, que, dès l'époque la plus reculée, Sounèm s'appelait aussi Soulèm, comme de nos jours.

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