‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 155 sur 211 · Tome III, p. i · texte numérisé non relu

Tome III, p. i

î. Robinson, loco ritato.

hœc sentencia mihi valdc probabilis videtur ( licct alteram rejicire non audeam) quoniam proximior Nazareth... et quia potest adinveniri memoria ccclesia* constructœ in loco miraeuli.

Quaresmius a écrit son livre de 1016 à 1620, et Robinson laisse entendre que c'est sur la foi seule de ce livre, que la tradition moderne s'est reportée exclusivement sur Kafr-Kenna. C'est là une erreur. Bonifacius, au milieu du siècle précédent, place Kana à trois milles au nord de Nazareth, à proximité d'une plaine large et fertile. Cette circonstance paraît beaucoup mieux applicable à Kana-el-Djalil, ajoute le Rév. Robinson. Il est bien vivement à regretter que ce savant explorateur ait négligé, je ne saurais deviner pour quelle raison, de visiter Kafr-Kenna. En n'étudiant pas cette place de visu, ne s'exposait-il pas à faire ce que ferait un juge qui voudrait condamner quelqu'un sans l'entendre? Robinson eût trouvé Kafr-Kenna dominant une magnifique plaine, le Mcrdj-es-Sabal, ou Merdjed-Dahab, la plaine d'or. Il me semble que ce nom est assez significatif, pour montrer que Bonifacius pouvait à bon droit affirmer que Kana était au bord d'une large et fertile plaine.

Robinson eût aussi reconnu, sur place, que Quaresmius av ait également raison, en affirmant qu'à Kafr-Kenna on peut trouver la mémoire d'une église construite sur le lieu même du miracle; une petite église fort moderne y est toujours debout, et elle est desservie par un prêtre du rit grec. Cette église contient, encastrées grossièrement dans un banc de maçonnerie, deux énormes hydries de pierre, que le prêtre présente comme étant deux des six vases dans lesquels l'eau fut changée en vin par Jésus-Christ. Je déclare que les deux hydries, que le docteur Clarke appelle des fragments de pots à eau , sont entières et parfaitement antiques. Je n'affirme pas qu'elles sont précisément celles du miracle, mais j'affirme qu'elles sont à tout le moins contemporaines.

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 453 A côté de P église moderne sont les ruines, très-apparentes et Irès-reconnaissables, d'un édifice religieux datant de plusieurs siècles, et qui, après la destruction du royaume latin de Jérusalem, fut transformé probablement en mosquée ; voilà ce dont je suis parfaitement certain et ce que j'affirme, sans crainte d'être jamais démenti. Or, ce n'est pas un chétif village comme Kafr-Kenna dans lequel une mosquée importante eût été construite, même à l'époque de la plus grande ferveur musulmane.

En remontant, nous trouvons encore Adrichomius (fin du xvi* siècle), Anselme en 1507, et Breydenbach, en 1683, qui placent Kana à trois milles au nord de Sepphoris; ceux-là parlent évidemment de Kana-el-Djalil. Marino-Sanuto, en 1321, assigne le même site à la Kana de l'Évangile. Sievulf, en 1103, décrit Kana comme étant à six milles au nord de Nazareth, sur une colline, et il dit qu'il n'en reste qu'un monastère nommé l'Architriclinium. Par compensation, Phocas, dans le même siècle, dit qu'étant parti d'Akka, il est allé à Sepphoris, de là à Kana et de là à Nazareth. Évidemment, la Kana qu'a visitée Phocas n'est pas la Kana-el-Djalil, mais bien Kafr-Kenna. Au vnf siècle, saint Willibald a trouvé à Kana une grande église, dans laquelle on montrait une des six hydries des noces de Kana. Antonin le Martyr, vers la fin du vr siècle, visita également Kana. Il ne parle pas d'église; mais il dit y avoir vu deux hydries, dans l'une desquelles le miracle se renouvela pour lui. Voici ses propres expressions 1 : « Ex quibus hydriae duae ibi sunt. Implevi aquà unam et protuli ex eft vinum. » Il est bien entendu que je ne voudrais pas me porter garant de la vérité du fait.

Saint Jérôme, dans l'Onomasticon, au mot Kana, distingue

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