‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 156 sur 211 · Ilin., parapr · texte numérisé non relu

Ilin., parapr

deux localités de ce nom, quoique ce ne soit pas l'avis de Roland , mais bien celui de beaucoup d'auteurs parmi lesquels il faut compter Cellarius. Voici les expressions de saint Jérôme : « Cana usque ad Sidonem majorem : est quippe et altéra minor ad cujus distinctionem major haec dicitur. Fuit autem Cana in tribu Ascr. » Les mots « Cana usque ad Sidonem majorem » ne sont que la traduction littérale des quatre derniers mots du verset 28 du chapitre xix de Josué (nn ;vrîr*îy rupi). Pour saint Jérôme, il ne pouvait y avoir deux Sidon, car il eût parlé de la petite. Où était-elle? Jamais personne n'en a dit un mot. 11 s'agit donc bien réellement de deux Kana, dont l'une s'appelait la Grande. Me permettra-t-on donc de voir cette Kana-la-(irande dans Kana-el-Djalil , dont le nom signifie précisément cela? Je l'espère. ,

En résumé , j'adopte pleinement la tradition qui place la Kana de l'Évangile à Kafr-Kenna, parce que son identification avec Kana-el-Djalil ne peut s'accorder, en aucune façon, avec le récit de l'Évangile de saint Jean.

Après avoir visité l'église moderne , nous avons examiné les ruines de l'ancienne, qu'Ismayl appelait une mosquée, et de là le prêtre grec qui nous accompagnait m'a fait remarquer, à droite de son église actuelle et de la mosquée, des amas de décombres qu'il m'a désignés sous le nom de Beit-Semâoun , maison de Simon. On se rappelle que l'un des disciples de Jésus fut Simon le Kananéen , ainsi nommé parce qu'il était de Kana. Un autre encore des disciples était de Kana , c'est Nathanaël , que l'on regarde comme étant le même que Barthélémy.

Notre visite de Kafr-Kenna terminée , nous nous hâtons de remonter à cheval, et, traversant les décombres nommés Beit- Semàoun, nous nous trouvons, au bout d'une centaine de pas, sur le flanc droit d'une large et belle vallée, admirablement

ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 455 cultivée, et que j'ai déjà nommée tout à l'heure : c'est le Merdj-es-Sabal , ou Merdj-ed-Dahab, que nous remontons en cheminant toujours à mi-côte, à travers des buissons verdoyants et sur des pelouses émaillécs de fleurs charmantes. La direction du Merdj-es-Sabal, à laquelle notre route est parallèle, est à l'est, quatre ou cinq degrés nord, au plus.

Une heure et demie après avoir quitté Kafr-Kenna , nous avons longé des ni in es placées à notre gauche, au-dessus du Merdj-es-Sabal; ces ruines se nomment Kachaneh, mais je dois faire observer que ce nom fourni par Ismayl , m'a été prononcé Kabchaneh par Mohammed. Dix minutes après, nous passions à côté d'une citerne antique, taillée dans le roc, et dont l'orifice carré est muni d'un rebord intérieur, qui montre que cet orifice a dû recevoir un couvercle, qui venait s'encastrer sur l'encadrement formé parce rebord. Presque aussitôt après, nous avons trouvé, dans les rochers, une seconde citerne construite exactement de même.

À l'extrémité orientale du Merdj-es-Sabal, Ismayl me fait remarquer de loin d'autres ruines qui portent le nom de Kharbet-Maskanah , et auprès desquelles est une citerne nommée Birket-Maskanah. J'ignore à quelle localité antique peut se rapporter ce nom moderne. Quant à Kachaneh, je serais assez disposé à y voir la Rachioun qui appartenait à la tribu d'Issakhar1. Cette môme localité est encore désignée dans le verset 28 du chapitre xxi du même livre, avec l'indication suivante : Kachioun avec ses pâturages ; ceci convient parfaitement à la position des ruines de Kachaneh; mais alors il faudrait reporter jusque-là les limites de la tribu d'issakhar, et ne pas tenir compte de l'analogie du nom de village pTTp , et du nom TlBPp, de la rivière Kison qui coule vers le Garmel,

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