Bell. Jud., m, vu
i. Boll. Jud., u, xxi, 6.
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 459 D'ech-Chedjara, nous nous sommes hâtes de gagner le village d'el-Loubieh ; il est assez considérable, et probablement ancien, bien que l'on ne m'y ait signalé aucune ruine, autre que celles des maisons renversées par le tremblement de terre du 1er janvier 1837. Robinson a néanmoins trouvé la mention d'el-Loubieh dans la vie de Selahed-Dyn, par Beha-ed-Dyn. Lue belle plaine bien cultivée, s'étend au sud d'el-Loubieh , mais elle est de beaucoup plus basse que le site du village; cette plaine se nomme Merdj-el-Loubieh. La route que nous longeons, domine toute cette plaine à sa pointe nord, et passe à côté de deux puits qui se nomment Biâr-el-Loubieh. Le coteau sur lequel nous cheminons, s'étend au sud pour former le flanc gauche du Merdj. De ce côté, à un ou deux cents mètres au plus, est un mamelon couvert de gros fragments de rocher, qui semblent être disposés avec un certain ordre sur le terrain. Mais il est déjà tard , et nous n'avons pas le loisir de nous assurer du fait de l'existence, en ce point, d'un monument primitif; il nous faut donc passer outre. En ce moment nous apercevons au loin sur notre droite, et vers l'extrémité de Merdj-el-Loubieh, un village qui se nomme Sayadah.
Un peu plus loin que les Biâr-el-Loubieh, la route passe à côté des ruines d'un khan, et entre dans la plaine de Hattin, plaine à jamais célèbre par la désastreuse bataille qui consomma la ruine du royaume latin de Jérusalem. On aperçoit, à environ trois kilomètres à gauche, deux sommets de collines qui dominent la plaine : ce sont les cornes de Hattin (Qoroun- Hattin). Au pied de ces collines sont les décombres du v illage même de Hattin. La plaine que nous traversons alors, est assez mamelonnée. Des ravins boueux et semés de blocs de lave, la coupent fréquemment, et souvent aussi on est forcé de reconnaître que ces blocs se rattachent à de véritables coulées volcaniques restées en place. Partout le terrain est humide et cou-
vert de la plus riche végétation : de charmantes fleurs se montrent à chaque pas, et entre autres un beau Galega à fleurs violettes et à feuilles tomenteuses, dans lequel je crois reconnaître le Galega officiiialis qui est devenu une plante d'agrément fort bien vue dans nos parterres ; ici elle foisonne, mais n'en est pas moins gracieuse pour cela.
Lorsque nous avons encore gagné un peu de terrain , nous apercevons, à six kilomètres environ sur notre gauche, un mamelon que semble surmonter une vaste ruine. Ismayl me dit que c'est le Qalaat-el-Hammam. Parmi les villes fortes de la tribu de Nephtali1 est mentionnée Hainath (.vjr), dans le voisinage de Kenret, qui a donné son nom à la mer de Kenret, ou lac de Gennezareth, ou lac de ïibériade. Cette Hamath est probablement notre Kalaat-el-Hammam. Une ville nommée Hamath-Dar ("WTOOri), est mentionnée 1 parmi les trois villes de la tribu de Nephtali assignées à la tribu de Lévi. Est-ce la même que la ville forte citée dans le partage de Nephtali? Cahen le suppose, malgré l'adjonction du surnom Dar qui lui est assigné cette fois. Pour ma part, je suis tenté de le croire aussi; je n'ai pas malheureusement visité cette localité qui paraît être excessivement curieuse, et dans laquelle Robinson, sur ce qu'en ont dit Burkhardt, Irby et Mangles, reconnaît les cavernes fortifiées, placées près d'Arbela, en Galilée, et dont Josèphe parle deux fois, avec d'autant plus de précision, qu'il les a mises lui-même en état de défense. Il les appelle dans sa Vie (parag. 37) la grotte d'Arbèles (ÀpfrfiXov GfnrfXaiov), et dans la Guerre des Juifs (11 , xx , 6) les grottes voisines du lac de Genuesar (xà irepl rewrcàp r/!v Xtp.vr,v G7ryfXaia). Le nom que Robinson applique à cette localité est celui de Kalàat-ibn-Màan ; ce nom difiere beaucoup de celui que m'ont dicté Ismayl et