Bell. Jud., iv, i
î. Bell. Jud., m, x, 1.
assez plaisamment Josèphe, engagèrent un combat naval avec des ennemis placés sur terre.
Peu de temps après que les fossés du camp de Vespasien sont dépassés, on commence à rencontrer des ruines très-considérables de constructions en blocs de lave, non équarris comme ils le sont dans celles de Tibériade; ce ne sont que des arasements, mais parfaitement distincts et reconnaissables. On y retrouve des enceintes, des allées de pierres, des murs de soutènement et des bases de tours rondes qui dominaient le lac. Le long de celui-ci paraît encore sur une assez grande étendue un mur de quai. 11 n'est pas possible, je crois, de se tromper sur le nom de cette ville antique : c'est Tarichefe , sur laquelle je vais revenir tout à l'heure.
Ces ruines intéressantes se montrent pendant près d'une demi-heure, puis elles cessent de paraître pendant dix minutes de chemin, pour se rencontrer encore, sur une beaucoup moins grande étendue. Cette interruption, d'au moins un kilomètre, doit-elle être regardée comme nécessitant, en ce point, la présence de deux villes détruites? Je ne sais. Peut-être la plus éloignée au sud est-elle la ville primitive, qui se sera rapprochée postérieurement d'el-Hammam et du site de Tibériade. Du reste il ne serait pas impossible, à la rigueur, que les traces de la portion de la ville qui aurait occupé cet intervalle d'un kilomètre, resté vide aujourd'hui, eussent disparu, bien qu'il paraisse au moins étrange que, sur toute cette étendue de terrain, il n'y ait plus un seul bloc de lave.
Saïd , interrogé par moi sur le nom de la ville dont nous traversions les ruines, m'a répondu : Kedes. J'avoue que j'ignore complètement d'où peut provenir cette dénomination, que je trouve déjà inscrite sur la belle carte de Zimmermann.
Au delà des ruines placées au sud de Tarichea?, la mon-
tagne s'écarte rapidement de la cote, et là commence véritablement le Bhôr, c'est-à-dire la plaine humide du Jourdain. On marche encore une bonne demi -heure, et l'on se trouve alors à la pointe sud d'une petite vallée marécageuse, qui semble n'être qu'une véritable laisse du Jourdain, dominée à l'ouest par le flanc des premières pentes de la montagne, et à l'est par un énorme massif très-élevé, et qui forme comme une sorte de jetée immense, construite pour contenir les eaux du lac au point même où le Jourdain s'en échappe. La régularité de construction de ce massif est telle, que j'ai grand' peine à croire que ce ne soit pas une colline artificielle, due à la main de l'homme.
Le Jourdain, au point où il sort du lac de Gennezareth, point qui se trouve placé latéralement et un peu en deçà de l'extrémité sud du lac, se retourne brusquement à l'ouest, en faisant un angle droit avec le grand axe du lac. 11 ne suit, du reste, cette direction que sur une longueur de deux ou trois cents mètres, après laquelle il se redresse brusquement au sud. C'est cette branche du Jourdain dirigée à l'ouest, qui alimente d'eau le marécage que j'ai désigné tout à l'heure.
A l'extrémité de la grande jetée est le point de débarquement des voyageurs, que le seul bac qui desserve les deux rives du Jourdain amène de la rive orientale. Sur cette rive orientale, à un kilomètre environ, à gauche du point de départ et d'arrivée du bac, on voit le village de Samakh , et plus loin encore, à gauche, des ruines très-apparentes, même (Je si loin, et qui portent le nom de Kharbet-Samrah. Quelle est cette Samrah? Je serais assez tenté de croire que c'est la ville dont Hyrcan s'empara après avoir pris Medaba, et que Josèphe appelle Samoa (sap^ia)1 et Samega (sapteya)*. Dans ce dernier
t. Bell. Jud., i, 11,6.