lsaïr. xv
C'est donc IToronnïm qui reçoit cotte fois l'épithète en question, et cette épithète signifie tout simplement, si je ne me trompe, que les localités qu'elle désigne, sont fertiles et florissantes, comme une génisse de trois ans est grasse et pleine de force. Quant au verset de Samuel où il est question de la terre de Salisa (npfcp»), rien absolument ne prouve que ce soit Zoar qui soit désigné ainsi, et Cahcn n'a pas même parlé de cette identification rabinique.
Quoi qu'il en soit de l'origine réelle de ce nom, qu'il ait été ou qu'il n'ait pas été significatif, il demeure toujours certain que le nom primitif de Zoar a été Bekta. A quel propos ce nom a-t-il été changé et remplacé par celui de Zoar? L'Écriture Sainte va nous l'apprendre. Nous lisons dans la Genèse : 20. — Voici une petite ville proche (c'est Loth qui parle aux anges qui le pressent de s'éloigner de Sodome), on peut y fuir; elle est peu importante, permets que je m'y échappe; puisqu'elle est si peu importante, au moins je pourrai conserver la vir.
21. L'autre lui dit : je veux aussi t'accorder cela, et ne pas bouleverser la ville dont tu as parlé.
22. HAte-toi, fuis vers elle, car je ne puis rien faire jusqu'à ce que tu y sois arrivé. C'est pourquoi l'on appelle cette ville Zoar.
A première vue , il est palpable que ce dernier membre de phrase, qui par sa teneur même est complètement déplacé, n'a jamais été qu'une glose marginale, qu'une erreur de copiste aura plus tard introduite dans le texte, en une place qui ne lui convenait nullement.
C'était au verset 20, après les mots : elle est peu importante, que devait évidemment venir la glose : c'est pourquoi l'on appelle cette ville Zoar. Mais ceci ne fait rien à l'affaire; le nom de Zoar écrit en hébreu "Ijnîl et "IJflt, s'écrit en arabe /j.
En hébreu il est très-vrai que ïjjîî signifie ôtre petit, d'où lyw, petit; mais en arabe n'a nullement cette signification, puisqu'au contraire ce mot veut dire multitude, abondance. C'est du radical être petit , qui équivaut au mot
hébreu.
Il se pourrait donc bien, par suite de l'orthographe arabe du nom de Zoar, et par suite aussi de la prononciation constante, depuis les temps bibliques jusqu'à nos jours, du nom de cette localité, que les indigènes ont toujours appelée Zouâr ou Zouêra, ce qui est a peu près identique, que l'origine de ce nom introduite dans les textes sacrés, par une interpolation évidente, ne méritAt pas une confiance absolue. Je dois pourtant me hâter d'ajouter que cette étymologie est également donnée par Josèphc 1 : Zowp fn na\ vOv XeyïTai. Rj&qOgi yàp oùtw; ÊCpawi TÔôXi'yov. — On la nomme encore maintenant Zoôr, car les Hébreux appellent ainsi ce qui est petit. —
Nous avons groupé tous les passages sacrés et profanes qui pouvaient nous aider à déterminer la position de Zoar, et nous avons déjà conclu à l'identité forcée de la Zoar biblique avec la Zouera-et-Tahtah , dont les- ruines se voient à droite et à gauche du débouché de l'Ouad-ez-Zouera. Inutile donc d'insister plus longuement sur la légitimité do cotte identification.
D'après saint Jérôme, Zoar séparait la Palestine de la Moabitide; donc une partie du terrain placé au sud de Zoar, devait appartenir à la Moabitide. J'ai rapporté plus haut les versets bibliques qui mentionnent, à propos des frontières de la Moabitide, un lieu nommé Soufah, opposé, dans une phrase ambiguë d'ailleurs, aux torrents de la vallée de PArnon. J'ai conclu de ce passage que si Soufah était une localité, celleci devait être placée au sud de la Moabitide. Plus que jamais