Vit. Jos., 7Ï
en personne rejoindre Jérémie, avec trois mille hommes de plus. Il disposa, le lendemain, une embuscade dans une vallée cachée et assez rapprochée du camp ennemi, puis, en escarmouchant et en simulant la fuite, il provoqua une sortie, pendant laquelle Sylla vint donner, tète baissée, au milieu de l'embuscade qui lui était tendue. En revenant avec les siens à la charge, Josèphe fut renversé avec son cheval qui s'était empêtré dans un endroit bourbeux. Dans cette chute, il eut une foulure des articulations de la main, et, lorsqu'on le releva, il fallut le transporter au bourg nommé Kepharnomè ( Ke<papvc6p,v) . Les soldats de Josèphe, inquiets des suites de l'accident arrivé à leur général, cessèrent de poursuivre l'ennemi, et revinrent s'enquérir avec anxiété de son état. Des chirurgiens furent appelés et pansèrent le blessé, qui dut rester là pendant le reste de la journée, parce qu'il avait un peu de fièvre; mais, pendant la nuit, il fut transporté à Taricheœ, avec l'assentiment des médecins.
Eusèbc et saint Jérôme se sont contentés de dire que Capharnaùm existait de leur temps sur les bords du lac.
Au Vf siècle, Antoninus le martyr parle ainsi de cette ville : Deindè venimus in civitatem Capharnaum, in domum Pétri quœ modo est basilica. La maison de l'apôtre saint Pierre avait donc été transformée en église. Au vu* siècle, Adamnanus est plus explicite, à propos de Capharnaum; voici ce qu'il dit 1 : Qui ab Hierosolymis descendentes Capharnaum adiré cupiunt, ut Arculfus refert, per Tiberiadem viâ vadunt rectâ. Deindè secùs lacum Cinereth quod est et mare Tiberiadis él mare dalileae, locumque superius memoratae benedietionis pervium habent; a quo per marginem ejusdem supra commémorai stagni non longo circuitu Capharnaum perveniunt ma-
t. IX» Lncis sanctis, lih. n.
ritimam, in finibus Zabulon et Neptalim, qua% ut Arculfus refert, qui eam de monte vieino prospexit, murum non habens, angusto inter montcin et stagnum coartata spatio, per illam maritimam oram longo tramite protenditur, montem ab aquilonali plaga, lacum vero ab australi habens, ab occasu in ortuin extensa dirigitur. J'avoue que cette description n'est pas d'accord avec le site réel de Capharnaum , tel que je crois l'avoir déterminé en toute certitude, mais je m'en console en pensant qu'il serait absolument impossible de trouver, de ce côté du lac, un site semblable à celui qui est dépeint. Le point seul où le Jourdain entre dans le lac de Gennezareth, satisferait aux conditions d'orientation fixées par la description d'Arculfe, et il n'y satisferait d'ailleurs que sur une longueur minime. 11 y a donc évidemment eu confusion dans la détermination de cette orientation qui doit être corrigée, en inclinant le tout à quarante-cinq degrés à peu prés.
Venons maintenant à Remet. Parmi les places fortes de la tribu de Nephtali, nous trouvons mentionnée Kenret, après Hamath et Rakath Ainsi ces villes étaient assez voisines. Si, donc, nous avons deviné juste à propos de Qalâat-el-Hammam, ou Qalàat-el-MAan , en l'identifiant avec Hamath , Kenret devait être peu éloignée de cette place. Nous avons vu , d'après l'évangile de saint Mathieu (iv, 13), que Capharnaum était sur la limite des tribus de Zabulon et de Nephtali : Kenret était donc indubitablement au nord de Capharnaum.
Kenret était tout aussi certainement au bord du lac de Tibériade. Nous lisons en effet dans Josué (xn, 2 et 3) que Sihoun, roi d'Amori, qui demeurait à Hesboun, dominait — depuis Aràïr, qui est sur le bord du fleuve Arnon, et le milieu du fleuve, et la moitié de Galàad jusqu'au labok , fleuve qui est la limite
1 Josué, XII, 35.
\9n VOYAGE EN SYRIE
des enfants d'Ammon, et la plaine jusqu'à la mer de Kenrout a l'orient, jusqu'à la mer de la plaine, la mer salée à l'orient, sur le chemin de Beit-lleyasmout, et vers le sud, sous Asedout du Fesgah. — La mer salée c'est le lac Asphaltite, le mer de Kenrout, c'est tout aussi certainement le lac de Tibériade, ou de Gennezareth. kenrout et Kenret ne diffèrent qu'en ce que la voyelle ou a été exprimée dans le verset 3 du chapitre xil de Josué. Le lac Asphaltite s'appelait donc merde Kenrout, ou de Kenret , avant de s'appeler mer de Gennezareth. Cela est si vrai que, dans les Nombres (xxxiv), le lac est appelé mer de Kenret (rvU2 D^). Un lac prend son nom d'une localité qui est sur ses bords; aussi notre lac s'est-il appelé lac de Gennezareth, de la petite plaine de Gennesar, si justement vantée par Josèphe, et qu'il baigne au nord-ouest; et, postérieurement, lac de Tibériade, de la ville de Tibériade au pied de laquelle il s'étend.
Dans les Kvangiles, le nom que Joséphe écrit Gennesar (ce nom est déjà donné dans le livre des Vlaccabées, I, xi, 07) et Gennesaritis, devint Gennezareth. Incontestablement, les deux plus anciens noms de ce lac sont : lac de Kenret ou de Kenrout, et lac de Gennezareth. Outre que ces deux noms ont une ressemblance de consonnance, assez étrange si elle n'était que fortuite, il semble peu probable qu'on ait rejeté l'un pour adopter l'autre, tandis qu'il est tout naturel qu'après la fondation de la somptueuse Tibériade. l'appellation de cette ville se soit étendue aux eaux dont elle était la reine. Je n'hésite donc pas, pour ma. part, à regarder le nom Gennezareth comme dé» rivé du nom primitif Kenret
Il y a bien près de là à la conclusion que Kenret avait également donné son nom à la riche plaine qui devint plus tard la plaine de Gennesar, comme le lac de Kenret devint le lac de Gennesar. Au reste, c? qui démontre que je suis dans le vrai,
c'est qu'à propos du verset 2 du chapitre xj de Josué , où il est dit dans le texte hébraïque : Au midi do Kenrout (21: nTO)i le texte chaldécn porte: Au midi de Ginousar ( am "iDirJ ) ; pour le traducteur chaldécn , Kenrout et Gennesar, c'était la même chose. On me permettra de me contenter de cette preuve d'identité.
Concluons : Kenret était au nord de Capharnaûm, puisqu'elle était de la tribu de Nephtali, et que Capharnaûm était sur la frontière de Nephtali et de Zabulon. Kenret était dans la plaine de Gennesar comme Capharnaûm. Cette plaine n'avait que trente stades de long, dit Josèphe, c'est-à-dire un peu plus de six de nos kilomètres. 11 en résulte forcément que Capharnaûm et Kenret étaient séparées d'environ une lieue kilométrique. Maintenant, reportons-nous au terrain. A l'entrée de la plaine d'cl-Rhoueyr se trouve forcément Capharnaûm , auprès de la fontaine à laquelle Josèphe donne ce nom ; Kenret était donc vers le point où se trouve le village d' Abou-Chouched , et, comme à Abou-Chouched se montrent les restes non équivoques d'une place forte de la plus haute antiquité, je n'hésite pas à mettre en ce point la Kenret ou Kenrout biblique.
Maintenant, revenons à notre itinéraire. Après avoir dépassé le village d' Abou-Chouched, nous avons toujours marché au nord-est, et, après avoir traversé le Nahr-cl-Aamoud, ou Nahr-Rabadyeh, à gauche de son moulin abandonné, nous sommes allés mettre pied à terre, au delà d'un autre ruisseau que l'on m'a nommé, certainement à tort, Nahr-et-Tabrhah, et qui n'est, je le crois, que le véritable Nahr-el-Aamoud. Il faudrait donc conserver le nom de Nahr-Rabadyeh au beau ruisseau que l'on traverse près d' Abou-Chouched. Il était temps de nous reposer, et de prendre notre repas du matin, dont nous commencions à avoir grand besoin. Un bouquet d'arbres nous offrait d'ailleurs un abri contre le soleil dévorant qui nous as-
50o VOYAGE EN SYRIE
sassinait depuis quelques heures, et il (Hait sage d'en profiter. Nous voilà donc arrêtés au pied même de la chaîne de montagnes qu'il va falloir franchir tout à l'heure, pour gagner Safed. Nous nous installons à l'ombre, le moins mal que nous pouvons, malgré les broussailles et les orties, malgré surtout les moustiques qui nous font une rude guerre, et nous nous hâtons de déjeuner, pour nous remettre en route le plus promptement possible.
Au point où nous sommes, nous paraissons avoir à peu près atteint le fond du golfe que forme la pointe nord du lac de Cennezareth , ou du moins la rive qui se présente à notre droite, paraît se diriger ù l'est-nord-cst. Un peu plus loin, à droite, que le point où nous sommes arrêtés, est le Khan- Minieh ». Au bas de celui-ci, c'est-à-dire entre lui et la mer, on m'indique, dans la prairie, l'Ayn-et-Tineh (la fontaine du figuier isolé). Je n'aperçois pas de figuier, il est vrai, autour du point que l'on me désigne, mais je vois trés-distinctement quelques ruines peu considérables, consistant toujours en blocs de lave noire gisant sur le terrain. Plus loin encore et dans la même direction que le Khan-Minieh, on aperçoit nettement les bâtiments de quelques moulins que l'eau met, ou du moins mettait jadis, en mouvement, car j'ai bien peur qu'ils ne soient pas mieux entretenus que celui que nous avons rencontré au nord d'Abou-Chouched. C'est au delà de ces moulins, me dit Matteo , qui a plusieurs fois parcouru ce canton , en accompagnant des voyageurs dont il était le drogman, que se trouvent les ruines de Caphamaùm, ruines au milieu desquelles il y a des colonnes et des fragments de sculpture. Enfin devant nous, dans le flanc de la montagne qui borne au nord la
1. C'est un vaste khan aujourd'hui ruiné, et qui est déjà mentionné sous ce nom, dans la Vie de Selah-ed-Oyn i>ar Beha-ed-Dyn .
plaine où nous sommes arrêtés, se montre une grotte, placée à trois cents mètres environ sur notre droite.
Le Rév. Robinson, qui a parcouru avec soin toute cette portion de la côte, jusqu'au point où le Jourdain verse ses eaux dans le lac de Gennezareth , a donné sur elle des détails du plus haut intérêt. Voici la substance de son récit. Depuis le Khan-Minieh, aussi bien que depuis la plaine d'el-Rhoueyr, la côte a une direction générale au nord-est , et les rochers élevés qui ferment la plaine au nord, forment, au delà du khan, un promontoire qui avance jusque dans le lac. On peut passer au delà, par un sentier étroit et difïicile, taillé dans le roc, et qui contourne la pointe, à peu près au niveau de l'eau. Mais la route de Damas, à partir du Khan-Minieh, entre directement dans la montagne, pour aller, en franchissant celle-ci, rejoindre le Djesr-Bcnat-Yacoub , pont sur lequel les caravanes traversent le Jourdain, au sud du Bahr-cl- Houleh.
Après une marche de cinquante minutes, Robinson se trouva de l'autre côté du khan. Quelques minutes de plus l'amenèrent à l'Ayn-et-Tabighah. (J'ai dit plus haut que mes guides m'ont nommé Nahr-et-Tabrhah le beau ruisseau au nord duquel nous avons déjeuné , un peu à l'ouest du khan- Minich. C'est donc une erreur de leur part.) Là est un petit village, et un magnifique cours d'eau qui alimente encore une ou deux paires de meules. Plusieurs autres moulins sont en ruine. Juste à l'est des moulins, et à droite du chemin est une fontaine entourée d'un mur circulaire en pierre, semblable aux bassins de l'Ayn-cl-Barideh ; cette fontaine se nomme Ayn- Eyoub.
Quarante minutes plus tard, Robinson arrivait aux ruines nommées Tell-IIoum. Ces ruines sont sur un monticule littéralement couvert de blocs de lave. Elles sont très-considé-
rables, car elles ont au moins un demi-mille de longueur, parallèlement à la côte, et une largeur d'environ moitié. Elles consistent en fondations et en murs écroulés, le tout construit en blocs non taillés, à l'exception de deux ruines; Tune est un édifice de petite dimension , placé au bord de la plage , et qui semble avoir été construit avec des pierres de taille, des colonnes et des pilastres provenant de monuments plus anciens. Non loin de là se voient, gisant sur le sol, les restes d'un monument qui, pour la grandeur, le travail et l'ornementation, surpasse tout ce que Robinson avait vu jusque-là en Palestine. Le savant explorateur a mesuré ce qui en reste, et il a trouvé cent cinq pieds de longueur au mur septentrional et quatre-vingts pieds au mur occidental. Tout l'intérieur et les alentours de l'édifice sont jonchés de fûts de colonnes de calcaire compacte, portant de tres-beaux chapiteaux corinthiens, de fragmente d'entablements sculptés et de frises chargées d'ornements; les colonnes sont grosses, mais d'une hauteur médiocre. Une colonne-double, avec chapiteaux et bases, le tout taillé dans un même bloc, se trouve là, et Robinson fait remarquer, avec raison, qu'elle est le pendant de la magnifique colonne-double desyenite, qui se voit dans les ruines de la cathédrale deTyr. Quelques blocs de grandes dimensions portent, sur un de leurs côtés, des panneaux chargés d'ornements que le temps a rendus méconnaissables. Enfin la place où se trouve cette belle ruine est désolée et morne , et les flots du lac viennent baigner les débris confusément entassés sur la rive.
Robinson ne s'étonne pas qu'on ait eu la pensée de faire de Tell-Houm remplacement de Capharnaûm. Nau et Pockokc, qui les premiers ont signalé ce lieu intéressant, disent qu'il passe communément pour offrir les ruines de Capharnaûm, et depuis eux , bon nombre de voyageurs ont visité Tell-Houm et ont toujours répété la même chose.
En quittant Tell-Houm, Robinson traversa une vallée humide, dans laquelle sont des sources nommées Ayoun-el-Abbâsy. Au delà, la côte s'élève doucemont vers le nord, et présente toujours un grand nombre de blocs de lave. Vingtcinq minutes après, notre voyageur passa devant un vallon nommé Ouad-el-Echcheh, duquel sort un petit ruisseau qu'alimentent quelques sources placées dans ce vallon. Enfin , après une heure et demie de marche depuis Tell-Houm, il atteignit le bord du Jourdain.
De toutes ses observations, Robinson conclut, en définitive, que l'Ayn-et-Tineh est la fontaine que Josèphe nomme Capharnaûm, et que le site de cette place importante est au khan- Minieh mais, pour cela, il faut qu'il suppose l°quc les pierres provenant de la destruction de la ville, ont été emportées à Thabarieh, ce qui ne présente pas une médiocre difficulté, et 2° que les poissons dont parle Josèphe, sont des poissons qui remontent du lac même, par le ruisseau que forme l'Ayn-et- Tineh. Admettons que l'objection que présente tout d'abord l'absence de ruines considérables au khan-Minieh, soit écartée par l'hypothèse de Robinson; je demanderai alors où était Kenret, qui se trouvait forcément au bord du lac de Gennezareth, dans la plaine de Gennesar, et au nord de Capharnaûm? Jusqu'à ce que cette difficulté soit résolue, je me permettrai de maintenir ce que j'ai avancé plus haut, à savoir, que les ruines de Capharnaûm sont sur les collines, à l'ouest de l'Ayn-el- Medaouarah, et que les ruines de Kenret sont àAbou-Chouched.
Que deviennent alors les ruines du khan-Minieh , et celles de Tell-Houm? A quelles localités appartiennent-elles? C'est ce que je vais essayer d'établir a.
1. Quaresmius avait adopté la même conclusion relativement au khan-Minieh. t. Voici ce que je lis dans le journal de M. J. de Bertou (loc.cit., p. 147) : « A miUe cinquante mètres au delà du Wady-Amood, on trouve Khan-eUMinia où
VOYAGE KN SYRIE
Nous avons à retrouver sur la côte galiléenne du lac de Genuezareth, c'est-à-dire sur la côte occidentale, deux localités importantes qui nous sont désignées par les Évangiles, comme étant assez voisines de Capharnaum : ce sont Bethsaïda et Khorazyn. Nous avons vu que toute la partie sud de la plaine de Gennesar était occupée par Magdala, Capharnaum et Kenret; c'est donc fort probablement au delà de Remet et par suite du village actuel d'Abou-Chouched, que nous devons chercher les traces de Khorazyn et de Bethsaïda. Commençons par la première de ces deux villes, et voyons ce que nous en savons.
Dans l'évangile de saint Mathieu (xi, 21) et dans celui de saint Luc (x, 13) sont rapportées les malédictions que le Christ prononça contre Khorazyn , Bethsaïda et Capharnaum. Le nom de Khorazin est orthographié XwpaCiv dans saint Luc, et XopaCiv dans saint Mathieu. Saint Jérôme nous apprend que c'était une petite place de Galilée , située à deux milles (in secundo lapide) de Capharnaum. Il est vrai qu'Eusèbe en compte douze au lieu de deux. Mais saint Jérôme, en rappro-
N. S. J. C. délivra le Oadatéen <lu malin esprit, et le fit passer dans un troupeau de pourceau qui se précipitèrent du haut de la colline dans le lac. D'anciens aqueducs passent sous cette colline et conduisent l'eau qui fait tourner les moulins de el-Tabagha, près desquels il y a une source d'eau thermale, Tannour-Ayoub. A deux mille cent mitres de la source thermale, on voit des ruines qui conservent encore le nom de Kafernahoum. Deux mille cent mètres plus loin, d'autres ruines couvrent une grande étendue de terrain ; leur nom est el-Ascheh-el-Kebir. Enfin, à mille mètres de ce dernier point, on trouve l'emliouchure du Jourdain, le Scheriâa des Arabes, qui forme de vastes marais à droite et à gauche, et une petite Ile dans le milieu de sa largeur. Je mis pied à terre sur un sol tout volcanique qui ressemble à de la lave réduite en poussière, comme ces riches terrains qui sont sur les versants du Vésuve et dans l'Ile d'Ischia. Sur la rive gauche du fleuve, je reconnus les ruines d'une ville, probablement Julias ' Les Arabes les nomment el-Aaradjé. A pende distance, sur les montagnes vers l'est, on m'indiqua d'autres débris de constructions nommés el-Maschadieh et Koufer-llareb; puis ensuite Eukliah qui est sur la rive droite du fleuve et près de son embouchure. » \r. nom de Julias, loïAlAï, ne se serait-il pas conservé •buis le nom Eukliah, recueilli par M. de Bertou ' Je suis bien tenté de le croire.
chant de ce chiffre celui de la longueur même du lac de Gennezareth, longueur qui ne dépasse pas douze milles, démontre qu'il y a forcément une erreur dans ce chiffre qu'il corrige ainsi que je viens de le dire. Saint Jérôme, dans son commentaire d'isaïe, dit encore : In littore maris Gennezareth sita fuisse Capharnaum, Tiberiada, Bethsaïda et Chorazain. Cette dernière localité était donc sur la côte.
Henri Ernst 1 pensait que ce nom devait se décomposer en Xwpa, région, et ziv, nom propre de lieu; je suis bien tenté de croire que Ernst avait raison. Voici pourquoi : Entre le khan-Minieh et la rive du lac, se trouve l'Ayn-et-Tineh (Robinson l'appelle Ayn-et-Tin). Autour de cette source sont des ruines que Quaresmius et Robinson lui-môme prennent pour celles de Capharnaûin. Ces ruines ont donc, bien que de loin je les aie jugées fort peu considérables, des dimensions telles, qu'on peut, sans se compromettre, avancer qu'en ce point, a existé un bourg antique. Dès lors, je dis que ce bourg est Khorazyn. En voici les raisons: Suivant saint Jérôme, Khorazyn était à deux milles de Capharnaum ; cette mesure s'accorde avec la distance qui sépare l'extrémité nord des ruines de Capharnaum, des ruines placées au khan-Minieh, et autour de l'Ayn-ct-Tineh. D'un autre côté, le nom Ayn-et-Tineh ou Àyn-et-Tin (quelle que soit la vraie forme de ce nom, il signifie toujours source du Figuier ) ne nous a-t-il pas conservé le vrai nom primitif du lieu que les évangélistes appellent Xwpa ziv, la région, la contrée de ziv? En hébreu, }^o\x Jîi est le nom du palmier nain : ne se pourrait-il pas très-bien que le nom Xwpa$v, signifiant contrée du palmier nain, se soit transformé parmi les Arabes, en Belad^et-Tin, d'abord ; puis, qu'il ne soit plus resté de traces de ce nom, que dans Ayn-et-Tyn, appel-