Comm.dc Jnsné, c
ET AUTOUR DE LA MER MORTE. 45 Dans la Sotitia dignitatum imperii nous lisons :
Cohors tertia Alpinorum apud Arnona
Cohors tertia felix Arabum iu ripa vadi Apharis fluvii,
in castris Arucmeusibus.
Equités Mauri lllyriciaui Areopoli.
Et enfin :
Equités proiuoti iudig^nae Spt'luucis.
Nous sommes donc fixés sur la nature de la garnison d'Aréopolis et des bords de l'Arnon , à l'époque où fut rédigée la notice. Eusèbe et saint Jérôme, dans l'Onomasticon (ad vocem Àovûv), disent qu'au nord on montre un lieu qui contient une garnison. Les termes mêmes dont se sert saint Jérôme sont les suivants : « In satis horribili loco vallis in prœrupta demersœ. » Cette vallée abrupte est sans doute celle de l'Arnon. Reland a proposé déjà de voir la mention de ce même lieu dans le passage de la Notice des dignités impériales, qui concerne les Equités promoti indigence placés aux Speluncœ. Si maintenant nous voulons bien nous rappeler que DTin, nom d'une localité moabitique mentionnée souvent dans les Écritures, signifie les deux cavernes, nous serons tout naturellement conduits à voir dans les Speluncœ de la notice, la Horoneïm de la Bible.
Deux notices grecques des patriarcats, dont la seconde est attribuée à l'époque de l'empereur Léon Auguste, sont insérées dans le vaste Recueil des écrivains byzantins. La première nous donne :
Ilapwyjxouyou (lisez Xapax(x.<o€a), À.pto7roAtç (ÀpeoiroÀiç), Maij/rç, ÈXoOffa, Zaupa, Bipocajxwv (lisez Bipocoéêwv ).
La seconde :
Xapay(ju)0/a, ÀpeoxoAi;, Ma^i;, ÈXou<xa, Zcoopx, Bipoaàêwv. A l'époque de la rédaction de ces deux listes, Aréopolis était donc très-certainement un siège ecclésiastique. Remar-
(pions en passant que Zoar y est placée entre Klousa et Birsebà. Celle-ci est à l'extrémité sud du territoire de Juda. Elousa est placée par Ptolémée parmi les villes de l'idumée, situées à l'occident du Jourdain. Puis donc que Zoar est mentionnée entre ces deux localités, Zoar était forcément sur la rive occidentale de la mer Morte , prolongation de la vallée du Jourdain r.
Aréopolis fut une ville épiscopale, et nous connaissons les noms suivants des prélats qui y ont siégé. 1" Anastasius, qui est mentionné dans les actes d'fîphèse, insérés au concile de Chalcédoine *. 2° Polyclironius , qui est cité dans la lettre de Jean le Hierosolymitain, insérée aux actes du concile de Constantinople 3 et écrite au nom des évèques des trois Palestines. 3° Helie, qui souscrivit aux actes du concile de Jérusalem, tenu en 53f> < .
La dernière mention d' Aréopolis que je trouve dans les écrivains anciens est due à saint Jérôme 5. Voici en quoi ello consiste : « Audivi quemdam Areopoliten, sed et omnis civitas testis est , motu terrai magno in meA infantiA , quando totius oi'bis littus transgressa sunt maria , eAdem nocte muros urbis istius corruissc. » D'après les écrits d'Ammien Marcellin, on a trouvé que cet événement avait eu lieu dans l'année 315, sous le consulat de Valentinien et de Valens. Cette date est extrêmement importante, puisqu'elle fixe l'époque de la destruction des monuments d' Aréopolis, et entre autres de la porte Romaine dont l'état actuel dénote encore aujourd'hui, d'une manière évidente, l'intensité du tremblement de terre qui la renversa en partie.